Arch. Municipales du Dézert Rég. Municip. du Dézert
rien moins qu'à séduire les esprits pour les indisposer contre l'Assemblée Nationale ». On perquisitionna chez une dame accusée d’avoir procédé à cette distribution ! ».
La Municipalité redoutait des désordres, et, le 26 décembre, prenait des mesures préventives. À un signal d’un coup de canon tous les membres du Conseil se réuniraient à la maison commune et y resteraient jusqu’au rétablissement de l’ordre. Le garde nationale et les troupes de ligne prendraient les armes. La maison commune, l'administration du district seraient gardées militairement. Les autorités municipales et du district se rassembleraient pour délibérer ensemble. Tout séditieux serait arrêté et jugé ?. |
Le 31 janvier 1791, on mettait en prison à Saint-Lo un nommé Le Maréchal qui avait été admis à la table du curé de Chevry par lequel il était appelé M. Le Chevalier. Cet individu ressemblait à « une foule d’ennemis du bien public qui se sont répandus dans différents cantons de l'empire pour y occasionner des mouvements d’insurrection ?.
Au même moment, les esprits éclairés du district se livraient aux spéculations sociales. L'ancien seigneur de La Haye-Bellefond, maire de la commune, Letellier de Montaure rêvait d'établir l'égalité des partages en Normandie et écrivait un mémoire sur la suppression des coutumes et l'unification légale. Mais tel n’était point l’avis de l'assemblée générale des habitants. « Une pareille réforme d’unification ne serait possible, disaient-ils, pour des esprits éclairés qu’au milieu de la paix la plus complète. Les lois de la Normandie sont indifférentes au reste de la France, mais la Normandie y tient d’une
façon toute spéciale parce qu’elles ont assuré sa prospérité.