‹ Le District de Saint-Lo Pendant la Révolution 1787 – An IVChapitre 83 sur 314 · Ibid. L 53, Reg. cit. fo · texte numérisé non relu

Ibid. L 53, Reg. cit. fo

&. Arch. Nationales, D XL 12.

tation continue ; les ennemis du bien public propagent la licence et le désordre ; les citoyens armés saisissent, jugent, éxécutent

leurs concitoyens. Le pouvoir judiciaire est sans force et le mal est au comble f ».

La Patrie était en danger. Le décret du 10 juillet 1792 en avertissait la France. Sur tous les points du territoire allaient s'exécuter les mesures prescrites par la loi du 8. Les conseils de département et de district devaient, ainsi que les conseils généraux des communes, se tenir en surveillance permanente. Le port de la cocarde nationale était obligatoire. Toute autre cocarde devenait signe de rébellion *.

L'administration du district de Saint-Lo, on l’a vu plus “haut, se réunit conformément à la loi. La municipalité de Saint-Lo se rendit auprès du Directoire. Là, elle reçut communication de la susdite loi et recommandation lui fut faite de concourir par tous les moyens au maintien de la tranquillité publique ?. Aussitôt le maire et les officiers municipaux convoquèrent le Conseil de la commune. Le Conseil rassembla de suite la garde nationale pour donner lecture des lois aux citoyens. On battit la générale dans les différents quartiers et le Conseil se rendit sur la place d'armes où l’attendaient les deux bataillons de la garde nationale. La garde nationale d’Agneaux s'était jointe à celle de Saint-Lo. Au milieu des carrés formés par les bataillons, on lut les lois des 8 et 11 juiliet en les commentant. On rappelait, «aux citoyens soldats

qu'étant dès lors dans un état de réquisition permanent, ils

1. Arch. Manche, L 130, Reg. corr. départ. non folioté à partir de fo 42. 2. Cahen et Guyot. L'œuvre législative de la Révolution, p. 50, 3. Arch. Manche, L II 1016, Reg. directoire district, fo 18.

siMoSe

donneraient certainement de nouvelles preuves de leur amour sincère de la patrie et de la liberté en conservant entre eux l'union et l'harmonie qui fait la force des empires, en entretenant un calme et une tranquillité qui, dans les moments de danger, doivent en imposer aux ennemis de la chose publique. » De retour à la maison commune, le Conseil général prit plusieurs décisions. Conformément aux prescriptions légales, il y aurait toujours en permanence des officiers municipaux ou des notables, nuit et jour, pour ordonner telles mesures voulues par les circonstances. Le Conseil se réunirait chaque jour à six heures. Enfin on rédigerait une proclamation exhortant «les citoyens à la paix et à l’ordre qui doivent régner afin de déjouer les manœuvres des agitateurs et des ennemis de la chose publique » !.... « On veut vous faire rentrer sous le joug du despotisme, disait cette proclamation datée du 16, et vous immoler de nouveau au fanatisme et à la féodalité L'égalité en matière de privilèges pécuniaires et honorifiques blesse nos ennemis. Suivant eux, les talents, les vertus, doivent céder à un sot orgueil et à l'intrigue... Songez qu’un courage calme est l’attribut de la véritable force. Sengez que pour agir vous devez attendre le signal de la loi. Si ce principe ne s’altère jamais dans vos cœurs, la patrie est sauvée... Citoyens, vous connaissez vos véritables amis... Ne perdez jamais de vue que nos ennemis ne craignent rien tant que l’accord et l'harmonie qui règnent parmi vous, mais votre patriotisme, votre discernement et la paix dont nous avons joui jusqu'ici, sont un sûr garant de notre union commune et du maintien de l’ordre »?. Le même jour, le Conseil de la commune prenait un arrêté

contenant les articles suivants :

1. Arch. Municipales Saint-Lo, D 29, Reg. délibérations Cons! Gl Saint-Lo, du # novembre 1791 au 3 novembre 1792, fes 71 et 72. 2. Archives Municipales Saint-Lo, D 29, Reg. 42, fo 73.

Aucun fonctionnaire ne pourra s'éloigner de son poste. — Dans un délai de trois jours, tous les citoyens qui ne l’ont pas encore fait, devront déclarer à la maison commune les armes et munitions qu’ils peuvent posséder, sous peine d’un an de prison. — Tous les citoyens sont invités à voler au secours de la Patrie en danger et à venir à cet effet s’enrôler sur un registre de la maison commune. — Tout le monde doit porter la cocarde nationale. — Tous les citoyens doivent s'acquitter de l’'utile et honorable service de la garde nationale !. |

Le 17 juillet, à Condé-sur-Vire, le procureur de la commune exposait « que le danger auquel la Patrie était exposée était moindre du côté des ennemis de l'extérieur que celui dont la Patrie est menacée du côté des malveillants et factieux qui sont au dedans ». Sur sa requête, le Conseil général décida de se constituer en état de surveillance permanente. ( Quoiqu'il leur en coûte à un moment où leurs intérêts particuliers les appellent plus particulièrement aux travaux des récoltes, cependant ils les négligeront pour ne s'occuper que du bien général ». Il était prescrit à chacun de déclarer les armes et munitions qu'il pouvait posséder ?

Autant que l’on peut en juger par les procès-verbaux des conseils généraux, les autres communes suivirent l'exemple dans la mesure que réclamaient les besoins lozaux et que permettaient les exigences de la moisson. |

Le 19, le conseil de la commune de Torigni ordonnait aux citoyens de porter la cocarde nationale ?.

Le 8faoût, nouvelle proclamation du conseil de Ia commune de Saint-Lo ; C'était un appel à tous les concours : « Dans le

moment décisif au salut de la France, chaque habitant de

1. Arch. Municipales, Saint-Lo, D 29, Reg. 42, fo 74. 2. Ibid. Condé-sur-Vire, Reg. de la Municipalité (19092 an IN) 012: 3. Ibid. Torigni, Reg. Conseil Général Torigni, D 1 n° I, fo 70 Vo.

l'Empire doit des secours à la Patrie. Celui qui fait le sacrifice de sa personne poür voler à la défeuse de l'Etat, mérite toute notre reconnaissance. Mais si tous les individus ne peuvent quitter leur femme et leurs enfants, personne n’est dispensé de secourir la patrie d’üneautre manière. Les braves volontaires qui vont verser leur sang pour notre liberté vont éprouver des besoins urgents. Il leur faut un équipement... De toutes parts les exemples du désintéressement et de la générosité sont tracés... Déjà plusieurs de nos concitoyens se sont fait inscrire et ont fait leur offrande..….. ! » La population, on le verra, ne fut pas sourde à ces exhortations.

Au cours de cette période qui suivit la déclaration de la Patrie en danger, l’élan patriotique semble avoir existé dans le district de Saint-Lo comme dans la France entière. Il répondit à l'appel aux armes comme on le constatera dans le chapitre consacré à la Défense Nationale. Quant à l’état d'esprit des civils, que füt-il ? Le laconisme des documents municipaux ne le dévoile pas. Il faut s’en tenir aux témoignages du directoire du district dans une letttre au directoire du département. Notre directoire ne s’illusionnait point et ne cherchait point non plus à illusionner les administrateurs de la Manche. Cette page officielle fut franche et fort probablement vraie : « L'acte du Corps Législatif déclarant la Patrie en danger avait donné l'éveil à l'inquiétude des campagnes, et au même moment on avait vu dans les villes et les communes rurales le développement du zèle pour la patrie et des soins empressés pour en ralentir l’ardeur. Il existait indubitablement des émissaires secrets des ennemis déclarés et extérieurs, quoique la situation de ce district promît peu à leurs cruelles espérances. Une force armée était cependant indispensable pour y fixer le repos. La

1, Arch. Municipales, Saint-Lo, D-29, Reg. 42, fo 83,

garde nationale était organisée dans les cantons. Les légions, les bataillons, étaient formés. Cependant tout y annonçait, quant à présent, la paix profonde. Hors le cas extrordinaire d’une attaque combinée, le zèle et le civisme des citoyens armés suffirait pour comprimer les tentatives et les efforts de l’incivisme». « La seule crainte que nous puissions avoir, ajoutaient les administrateurs, est que le désordre et l’insubordination au moment du trouble, ne se glissent parmi ceux qui doivent à leurs concitoyens l'exemple de la soumission et à la loi force et assistance ! ».

Quel retentissement la journée da 10 août eut-elle dans le district de Saint-Lo ? Les archives sont muettes à ce sujet. Des craintes de troubles se dessinèrent à cette époque. Une « assemblée » ? c’est-à-dire. une fête, devait avoir lieu le 15 août à Saint-Amand. On y vendait des comestibles et surtout des boissons. Redoutant des désordres, le Conseil général, sur la requête du procureur de la commune, fit appel au commandant de la garde nationale pour détacher des hommes avec mission de veiller à la sécurité publique. Mais les officiers et soldats ne tinrent pas plus compte de ces ordres que d'ordres antérieurs similaires en invoquant la nécessité de s'occuper de leurs récoltes. Le Conseil général prit un arrêté pour suspendre les citoyens qui n'avaient pas obéi, de leur droit de prendre part aux élections. Le procureur de la commune dut annuler, comme illégal, cet arrêté ?.

Le 11 août, un décret avait attribué aux municipalités les

fonctions de la police et de la sûreté générale #. Le 14, un acte

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