‹ Le District de Saint-Lo Pendant la Révolution 1787 – An IVChapitre 86 sur 314 · Arch. Municipales Saint-Lo, D 30, reg. 46, fo · texte numérisé non relu

Arch. Municipales Saint-Lo, D 30, reg. 46, fo

5 re Manche, L II 1061, reg. corr. avec municipalité Saint-Lo,

7. Arch. Manche, L II 1061, reg. corr. avec municipalité Saint-Lo, 22 mars 1793.

de se laisser conduire par Paris : « Législateurs, nous ne pouvons vous dissimuler l’indignation que nous ressentons des entraves dont se servent les malveillants pour paralyser vos importants travaux; leurs succès sont effrayans. Nous vous envoyâmes pour sauver la Patrie ; vous débutâtes avec courage et nous conçumes dès lors les plus flatteuses espérances. Pourquoi vous êtes vous donc arrêtés dès les premiers pas? Pourquoi n'avez vous pas terrassé par votre fermeté cette faction liberticide qui ne se nourrit et ne s’accroit chaque jour que par votre indulgence ? Nous savons que votre mission est pénible, mais vous l’avez acceptée, et jamais nous ne soupçonnâmes que vous seriez embarrassés sur le choix des moyens pour la remplir. La République est une; vous avez exprimé notre vœu par votre décret et ce vœu paraît général. Le peuple parisien dont l'influence sur vous ne doit jamais être autre que celle des lumières et du patriotisme, ne peut s’arroger le droit de dicter vos lois et d’entraver la marche de vos délibérations. Nous aimons à croire, et nous pensons en effet, que les Parisiens en général soupirent pour la Liberté dont ils ont eux-mêmes formé le berceau; mais par quelle fatalité la voix de ces estimables Républicains se trouve-t-elle aujourd’hui étouffée par les vociférations de brigands altérés de sang ? Pourquoi vous même ne faites vous pas exécuter vos propres lois contre les provocateurs au meurtre et à l'assassinat ? Comment voulez-vous que l’ordre renaisse dans la République et que les lois soient respectées, si les infractions les plus criminelles commises sous vos yeux, dénoncées à votre justice et reconnues même par les coupables demeurent impunies? Vous ne pouvez vous dissimuler combien cette impunité peut avoir de suites et cependant, elle est en quelque sorte proclamée en passant par vous à l’ordre du jour après de longues discus-

sions ». L'adresse reprochait ensuite à la Convention le dénue-

mént des défenseurs de la Patrie. Elle se terminait par une demande d'armes pour résister à la menace anglaise. L'établissement de plusieurs petits camps sur la côte s’imposait !.

On continuait à redouter des séditions. Le maire de Saint-Lo déclarait, le 28 mars 1793, que le salut de la cité dépendait d’une union intime, d'une confiance réciproque et véritablement iraternelle entre les corps administratifs, qu'il ne pouvait dissimuler au Conseil général que cette union et cette confiance entre la municipalité et le Directoire paraissaient avoir été altérées sans qu’il fut possible d’en fixer la causé. Tout sujet d’hostilité devait être oublié dans la pensée du salut de la patrie. Le Conseil de la commune décida donc d'envoyer une délégation auprès du Directoire du district pour lui porter l'assurance de ses sentiments fraternels ?.

A la suite d’une alarme, le 1% avril, le Conseil de la commune de Saint-Lo fit surveiller toutes les routes aboutissant à la ville. Il sollicita même, en en référant au District, le concours de Saint-Ebremond-de-Bonfossé, Gourfaleur, Esglandes, La Meauffe, Mesnil-Durand, Saint-Fromont, Bahais. Le 17 avril, un piquet de vingt-cinq gardes nationaux gardait les halles de Saint-Lo et assurait la tranquillité publique. « Le bruit court, écrivait la municipalité du district, que depuis Carentan jusqu’à Carteret on embarque des blés. Une foule de nos concitoyens réduits au désespoir plongent la municipalité dans une inquiétude qui ne peut être calmée que par le corps administratif supérieur ».

La municipalité d'Hébécrevon ayant annoncé des mouvements séditieux, tous les citoyens de la ville de Saint-Lo et des campagnes voisines se réunirent sur la place de Saint-Lo.

« La majeure partie n'étant point armés réclamèrent des

Page 1