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piques qui leur furent délivrées immédiatement. C'était uné fausse alerte qui avait donné l'éveil dans les communes voisines de Donville. Le tocsin ayant été sonné, l'alarme s'était propagée de proche en proche. Des commissaires de l'assemblée s'étaient transportés aux lieux des séances des municipalités d'Agneaux, Saint-Georges et Sainte-Croix. Elles s’empressèrent de joindre les citoyens de leurs communes à la garde nationale de la ville pour calmer leur inquiétude. Les Saint-Lois leur exprimèrent toute leur satisfaction pour le dévouement qu'ils avaient tous témoigné au salut publie ?.
Le 3 avril, deux commissaires désignés par le Conseil de la commune de Carantilly, visitèrent scrupuleusement les maisons douteuses et se saisirent des individus suspects et de leurs armes. Douze hommes bien armés de la garde nationale les accompagnaient *.
Le maire de Montbray, Le Rouxel, était venu à Saint-Lo conduire des Volontaires. Il ne portait pas de cocarde nationale. Les gardes nationaux du poste de la citadelle lui ayant adressé des observations à ce sujet, il leur répondit « qu’il était maire de la paroisse de Montbray, qu'il n’avait pas besoin de cocarde, qu’il allait et venait sans s'en décorer encore bien qu'il en eût chez lui ». Les citoyens de la garde nationale lui en ayant offert une au prix qu'il voudrait il l’avait refusée. Il déclara qu’il avait fait le pari de ne pas porter la cocarde sans être arrêté. Admettant qu’un pari de ce genre était la conséquence de l'ivresse, le tribunal de simple police, agissant paternellement, lui infligea seulement 100 livres d'amende et huit jours de prison ?.
2. Arch. Municipales Saint-Lo, D 30, reg. 46 fo 97. 2. Arch. Municipales Carantilly, reg. délibérations Conseil général Carantilly.
3. Arch. Municipales Saint-Lo, reg. police municipale Saint-Lo, n° 32, fos 86, 87.
Le 4 mai, la municipalité de Saint-Lo publiait le décret du 29 mars enjoignantà tout propriétaire ou principal locataire de faire afficher à l'extérieur de sa maison « les noms, prénoms, surnoms, âge et profession de tous les individus résidant dans leur maison » !. Per
A Tessy la loi du 26 mars sur les visites domiciliaires n'avait pas encore été exécutée. Le 16 mai, en conséquence, on perquisitionna chez un officier municipal suspect. Dans une conversation il avait dit « qu’il n’y avait que les aristocrates qui avaient de l'esprit » ?. Le juge de paix n'ayant pas encore statué sur le cas du prévenu, le Directoire du district ordonna de lui laisser provisoirement ses armes *.
Si les autorités constituées poursuivaient les suspects, elles châtiaient aussi les diffamateurs. À Saint-Lo, un citoyen Pézeril, ayant été traité d’aristocrate par un citoyen Hervieu, porta plainte contre ce dernier. Le diffamateur fut interrogé. Il reconnut « appeler aristocrates tous ceux qui n’allaient pas à la messe et détester cette espèce de gens au point de souhaiter les tuer ». Le 1° juin le tribunal de simple police, avant de le condamner à dix livres d'amende et trois jours de prison, lui dit: « Vous vous croyez en droit de tuer tous ceux qui ne vont pas à la messe et pour cette raison vous les regardez comme des aristocrates. Vous êtes averti que vous ne pouvez attenter à la vie ni même à la liberté d'aucun de vos concitoyens sans vous exposer à la peine de l’échafaud. C’est aux magistrats de juger et de punir les coupables # ».
1. Arch. Municipales Saint-Lo, D 30, reg. 46, reg. délibérations Conseil général Saint-Lo, fo 419 2. Arch. Municipales Tessy-sur-Vire, reg. municipalité des bourg et paroisse de Tessy (1790, an Il), fo 321.
3. Arch. Manche, L II 40147, reg. directoire district, fo 120. .#. Arch. Municipales Saint-Lo, reg. police municipale de Saint-Lo du 14 juillet 1792 au 9 septembre 1793, no 32. '
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Dans une réunion du 2 juin, les Conseils d’Agneaux, de Saint-Georges, Sainte-Croix et Saint-Thomas avaient été engagés à former de concert avec le Conseil de Saint-Lo une force armée commune pour surveiller et défendre les entrées de la ville tant du côté de Caen que du côté de la Bretagne. « La tranquillité, disait-on, est le bien le plus précieux que nous puissions avoir; sans cela il ne peut y avoir de bonheur. Il faut donc se débarrasser des agitateurs qu’à juste titre on doit regarder comme une peste publique, les surveiller et les empêcher de venir empoisonner le bon esprit public qui heureusement règne dans ce canton ». Les citoyens d’Agneaux, de Sainte-Croix et de Saint-Georges refusèrent leur concours. Le Conseil de Saint-Lo décida donc (2 juin) d’écrire une lettre à la Convention pour obtenir de ces communes par voie de réquisition ce qu'elles ne voulaient pas faire de bonne volonté !.
A Saint-Lo on continuait à sévir contre les diffamateurs. Un boulanger de Saint-Thomas fut admonesté pour avoir traité un dragon « d’aristocrate ». Le procureur de la commune de Montrabot était dénoncé au Département. L'affaire fut renvoyée devant le District de Saint-Lo *. La municipalité Saint-Loise redoutait toujours de voir troubler la tranquillité. Elle réclama du District, en juillet, une plus ample connaissance des événements % C'était cependant le procureur de la commune luimême qui avait provoqué la fermentation dans les esprits lors de la translation des cloches à la fonderie. Il fut suspendu provisoirement de ses fonctions le 23 août 1793 #.
La zizanie régnait entre le maire et les officiers municipaux