Arch. Nationales, D III
l'union et ses sages avis avaient été finalement écoutés !.
Partout l’épuration des autorités constituées s’opérait.
Le 19 nivôse le représentant du peuple Bouret procédait à celle du Conseil de la commune de Saint-Lo. « Considérant qu'une surveillance active et jamais interrompue, est le seul moyen de parvenir au but que nous nous sommes proposé, que le renouvellement et l’épuration des corps constitués, administratifs, judiciaires et surveillants doit amener le salut public en écartant de ces corps les citoyens faibles, timides, inhabiles où malveillants qui pourraient s'y trouver pour substituer à leur place des patriotes révolutionnaires, des républicains sans-culottes, dignes d'obtenir le glorieux nom de sauveurs de la Patrie et de le mériter surtout par une conduite ferme, intrépide et véritablement révolutionnaire ; considérant que la commune de Saint-Lo, chef-lieu du district, se trouve dans le voisinage d’un département où le fédéralisme a osé déployer avec audace son caractère hideux, que près d’elle les brigands de la Vendée, sans doute animés par des espérances coupables, sont aussi venus exercer leur ravage, que la prudence et le courage de plusieurs bons citoyens de cette commune ont servi avec efficacité au salut de la Patrie et surtout d’un département le plus intéressant de la République, mais qu'il paraît encore s’y être introduit ou rester dans les administrations des citoyens douteux, que d’ailleurs il en est qui se livrent en même temps à des fonctions incompatibles », Bouret révoqua Antoine Vieillard ?, le maire Durier l’agent national Gonfrey. Oury était appelé à la mairie. L’adminis-
tration municipale épurée devait entrer en fonctions dans les
4. Arch. Municipales Saint-Lo, D 31, Reg. délibérations Conseil général Saint-Lo, fo 61.
2. Arch. municipales St-Jean-de-Savigny, Reg. municipalité St-Jean-de- Savigny, fo 3.
24 heures !. Le citoyen Oury ne se présenta pas de suite malgré des invitations.réitérées. Le 23 nivôse seulement, il accepta sa nomination et vint prêter le serment exigé par la loi ?.
Le 23 nivôse, le maire de Saint-Jean-de-Savigny donna lecture au peuple de la circulaire relative à l’épuration des autorités constituées. Il demanda ensuite aux assistants de faire connaître leurs sentiments au sujet de la municipalité et du comité de surveillance. Ils répondirent qu'ils n'avaient rien à dire ?.
A Carantillly, Bréard le procureur de la commune, quoique parent d’émigré fut maintenu au nombre des autorités . A Agneaux, il y eut des remplacements en pluviôseÿ.
Au même moment on continuait à enlever les emblêmes séditieux. À Saint-Georges-de-Montcocq on effaçait les fleurs de lys de l’église. Le 7 nivôse 5 on brülait des parchemins à Percy 7. On contraignait la sœur du curé de Carantilly à porter la cocarde 8. À Cerisy, on se dénonçait *. Le nombre des détenus augmentait. On les incarcérait à la maison d’arrêt de Saint-Lo et surtout à celle de Torigni. C’est dans cette dernière que fut envoyé Francois Robillard, l'ancien subdélégué 10.
L'administration du district montrait d’ailleurs de l’humanité envers les suspects. Une femme mère de 10 enfants et
malade, arrêtée pour cause d'opinions religieuses fut transférée
1. Arch. Municipales Carantilly, Reg. délibérations Conseil général. Carantilly.
2. Arch. Municipales Agneaux, Reg. municipalité, Agneaux fo 51.
3. Arch. Municipales Saint-Lo, D 31, Reg. délibérations Conseil Général, Saint-Lo, fo 61,
&. Ibid. fo 64.
5. Le conseil certifia au représentant du peuple, la manière dont le maire s'était comporté dans sa place, sur la demande de Vieillard. Ibid., fo 59.
6. Arch. Municipales Saint-Georges-de-Montcocq, Reg. Conseil Saint- Georges-de-Montcocq, fo 149.
7. Arch. Municipales Percy, Reg. Conseil Général, Percy, non folioté.