JUIN
Fevae de la Sainte-Face
SOMMAIRE
Pensée directrice pour le mois . . . . . . .
La Table de la Cène .
Briseur de Croix .
Autour de la Revue : Le Divin Crucifié ....
La Sainte-Face de Notre-Seigneur Jésus-Christ, d’après le Saint-Suaire de Joseph d’Arimathie.
Couronne des Cinq Plaies de Jésus .
À propos des Faits eucharistiques de Conques .
Le Siymbolisme de la Croix .
Le Sacré-Cœur et la Saiqte-Face .
Les Saints crucifiés : Saint Pierre .
"Vers la Beauté (poème) .
Savoir souffrir .
Le Christ des Andes. . . . . . .
Prière à Jésus sonffrant .
Sœur Thérèse de l’Enfant-Jésus, .
La diffusion de la Sainte-Face .
"Comme au moyen âge ( variété ) .
page
Arthur Loth.
Emmanuel Faure.
Recueil du P. Hilgers.
J. D., prêtre.
Abbé Lhomme.
Chanoine Desribes.
Roger de Condé.
Jean du Calvaire.
Recueil Hilgers.
Charles Martel.
pensée directrice pour le mois
La dévotion au Sacré-Cœur.
La dévotion au Sacré-Cœur de Jésus a été introduite dans l’Eglise , à la suite des Manifestations de Notre-Seigneur Jésus-Christ à sa servante , la Bienheureuse Marguerite-Marie Alacoque, en l’église de la Visitation , à Paray-le-Monial ( 1647-4690 ).
Elle a pour objet principal d’honorer les Sentiments qui animèrent le Cœur de Jésus-Christ durant sa Vie mortelle, et de nous aider à parvenir nous-mêmes à la Sainteté, en nous faisant reproduire ces divins sentiments dans notre propre vie.
Or, quelle fut la caractéristique du Cœur de Jésus ? Son grand amour pour les hommes qui le poussa à se faire semblable à eux, à souffrir, à mourir pour eux, et à demeurer parmi eux, dans son Eucharistie, jusqu’à la fin des temps.
Voilà ce que nous ne devons pas perdre de vue dans notre existence , afin de la rendre, le plus possible, conforme à celle de notre bon Sauveur. Nous aussi nous devons nous vouer au salut des âmes par les œuvres de zèle et de piété, par la pénitence, le sacrifice, la mortification qui illustrèrent la Vie de Jçsus. Redoublons donc de générosité, durant ce mois consacré au Sacré-Cœur, dans le service de Dieu et des âmes, afin d’arriver, petit à petit, comme les saints, à l’immolation complète de tout notre être : c'est à ce prix que nous ferons du bien autour de nous et nous nous assurerons pour nous-mêmes , la gloire éternelle des élus.
Lia Table de la Cène
ans son linceul providentiellement conservé au cours des siècles, et qui nous a été si merveilleusement révélé, de nos jours, par la photographie, le divin Rédempteur nous a laissé le mémorial le plus touchant de sa Passion et le témoignage le plus sensible de sa Résurrection. C’est à ce linge sacré que nous devons la représentation exacte de ses blessures, et surtout la manifestation de son adorable Face ; c’est en lui que nous retrouvons la trace sanglante, l’empreinte vive du Corps divin, glorieusement ressuscité d’entre les morts.
En quittant la terre, Jésus nous a laissé son linceul comme le dernier souvenir de lui, et nous pouvons le vénérer et l’aimer comme un gage naturel, en qui revit la personne adorable de notre Dieu crucifié, et se voit la preuve de son inlinie charité.
Mais il est un autre souvenir, bien précieux aussi, de cette immense charité divine, que la piété des premiers chrétiens et la vénération des siècles nous ont conservé, c’est la table même sur laquelle Jésus a inscrit son testament d’amour et a opéré le prodige, le plus merveilleux de tous ceux qui ont été accomplis dans le monde, par lequel il a laissé aux hommes, non seulement une relique de lui, mais un mémorial vivant de sa Passion et a perpétué pour eux sa présence réelle sur la terre.
Cette table testamentaire, c’est la Table de la Cène, la table de l’institution eucharistique. Elle existe encore.
Les mêmes preuves matérielles d’authenticité qui nous garantissent aujourd’hui le Saint-Suaire de Turin, n’existent pas pour la Table de la Cène ; mais une tradition immémoriale, consacrée par l’Eglise, nous atteste suffisamment la vérité de la sainte relique, qui n’a cessé de recevoir les hommages de la piété chrétienne.
Elle est conservée aujourd’hui à Rome, dans la basilique de Saint-Jean de Lalran, l’église mère de toutes les églises. Elle est en bois de cèdre du Liban et formée de panneaux assemblés, dont il ne reste plus que deux, qui ont chacun 0,60 centimètres de largeur, sur im,20 de longueur, et 0m,3 d’épaisseur. Des parcelles s’en trouvent dans deux autres églises de Rome, à Sainte-Marie in Transtévère et aux Saints-Apôtres ; une autre parcelle en est vénérée aussi à Ànagni, dans l’église Sainte-Marie in Cainpitelli. Elle est toute simple, sans aucun ornement. La piété des Souverains Pontifes et des fidèles l’avait autrefois revêtue de lames
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d’argent, qui furent enlevées en 1527 par la rapacité impie des bandes luthériennes du connétable de Bourbon, le traître.
Cette Table Sacro-Sainte fut exposée durant des siècles, dans l’hémicycle de la basilique du Latran, du côté gauche, dans une niche pratiquée dans l’épaisseur du mur. « Elle était là, dit le comte Lafond, à hauteur d’homme, posée debout en deux parties égales repliées l’une sur l’autre, derrière un vitrage en larges feuilles de cristal et voilée aux regards par une grande porte dorée qui s’ouvrait le Jeudi-Saint ; ce jour-là, par un touchant souvenir, on donnait la communion aux fidèles devant la Table de la Cène. »
Sous le pontificat de Pie IX, la vénérable relique fut changée de place. Le Saint Pape, pour la mieux honorer, la fit mettre dans la splendide chapelle du Saint-Sacrement située au fond du transept ; elle est exposée au-dessus de l’autel, derrière une plaque en hautrelief de bronze doré, dont le sujet représente la Cène, d’après Léonard de Vinci. Un rideau rouge, qui cache la précieuse relique, forme le fond du relief. Le Jeudi-Saint, et à certaines fêtes, on découvre la relique, qui est illuminée; mais à la hauteur où elle est placée, elle est moins accessible à la vue qu’autrefois. La piété doit suppléer aux yeux. Elle suffit pour remplir le cœur du chrétien d’amour et de reconnaissance devant ce monument de l’amour infini de notre Dieu.
Quand Jésus, voulant préluder à sa Passion par l'institution de la divine Eucharistie, eut envoyé de Béthanie, le matin, deux des apôtres à Jérusalem pour y faire les préparatifs de la Pâque qu’il allait célébrer avec eux, le propriétaire de la maison choisie par lui, son disciple ou ami secret, s’était empressé de déférer aux désirs du Maître. Dans sa maison il assigna aux deux apôtres la grande salle de l’étage supérieur pour le repas pascal. On l’orna de tentures et, au milieu, fut dressée la table faite de planches assemblées et montées sur tréteaux, et recouverte d’une nappe, cette table sur laquelle le Verbe fait chair, allait, avant de souffrir la mort, s’incarner de nouveau, et pour toujours, dans l’Eucharistie.
Après le sacrifice du Calvaire, la table auguste dut rester dans la salle du repas pascal, où les apôtres se retrouvèrent tous réunis le jour de la Pentecôte, dans l’attente du Saint-Esprit promis. Cette pièce appelée le Cénacle, avait été mise à leur disposition par le maître de la maison pour leurs réunions privées, auxquelles assistaient Marie, la mère de Jésus, et les pieuses femmes de Galilée. Après la venue de l’Esprit-Saint sur les apôtres et la fonda-
lion de l'Eglise, les réunions du Cénacle cessèrent. La Sainte Table resta-t-elle chez le propriétaire de la maison ou fut-elle emportée par Jean, le disciple bien-aimé, dans sa maison de Jérusalem, où il avait recueilli la mère de Jésus, devenue, par testament divin, sa mère, on ne le sait, mais sûrement, elle fut conservée et honorée dans l'Eglise naissante comme le premier autel du sacrifice eucharistique. Retrouvée plus tard, avec les autres reliques de la Passion, par les pieux soins de l’impératrice Hélène, elle dut être apportée de Jérusalem à Rome, où elle entra dans le trésor de la basilique de Saint-Jean de Latran, élevée par Constantin, à la demande du pape saint Sylvestre.
On la connaît et on la vénéré dans cette insigne basilique depuis les premiers temps du triomphe de l’Eglise. Jean le Diacre, annaliste ecclésiastique du ixe siècle, la signale, parmi les reliques delà basilique, sous le nom de Mensa Domini, comme y étant depuis des siècles.
Mensa Domini , la Table du Seigneur, c’est le nom traditionnel de la vénérable Table sur laquelle le Christ soupa, avec ses disciples, le jour delà Cène. Et quel miracle, miracle de puissance et d'amour, s’accomplit ce jour-là sur ces planches sacrées ! Depuis la mort et la résurrection du Christ Jésus, l’Eglise révère, célèbre, pratique et multiplie le mystère eucharistique. Commencé sur la table de la Cène, il se produit en tous lieux aujourd’hui. Mais plus qu’aucun autel, celui-là est sacré pour le chrétien ; c'est sur cette table que l’Agneau de Dieu qui allait mourir sur la Croix, s’est immolé d’abord pour inaugurer le sacrifice mystique qui ne devait plus cesser après lui ; c’est sur cette table que le Verbe fait chair à prononcé les divines paroles qui changèrent, ce jour-là, le pain et le vin du repas pascal en sa chair et en son sang, et qui, depuis, continuent à opérer le mystérieux changement, toutes les fois qu’elles sont répétées et que l'action qu’elles accompagnaient est reproduite par le prêtre, son ministre ; c’est sur cette labié que Jésus, le divin instituteur de l’Eucharistie, s’est communié luimême de ses propres mains, en même temps qu’il se donnait à manger à ses apôtres.
Tous les Sacrements que Jésus-Christ a institués pour son Eglise ont reçu d’abord en lui leur consécration. 11 se fit baptiser par Jean-Baptiste, comme pour sanctifier le baptême de la loi de grâce qu’il allait instituer lui-même. De toute éternité il avait été ordonné par le Père, prêtre selon l’ordre de Melchisédech, pour créer lui-même d’autres prêtres semblables à lui et instituer le sacrifice de la nouvelle loi. Après son baptême, il avait reçu le Saint-Esprit, qu'il devait communiquer ensuite, après sa résurrection et son ascension au ciel, à ses apôtres et à tous les chrétiens par eux. Mais le Sacrement de l’Eucharistie, il se l’administra lui-
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même, en même temps qu’il l’instituait, pratiquant d’abord ce qu’il ordonnait aux autres de faire à jamais en mémoire de lui.
Et ce mystère de la transsubstantiation eucharistique, le plus grand de tous, s’esl opéré sur ces morceaux de bois, qui ont reçu le Corps et le Sang du Sauveur des hommes! C’est d’eux qu’est né le prodige de toute-puissance et d’amour qui permet à la race sacerdotale du Christ de renouveler tous les jours le sacrifice de la Croix et de remplir la terre de la présence réelle du Verbe ressuscité. C’est à eux que nous devons l’Eucharistie.
Combien est sacrée et vénérable cette Table qui a servi à l’accomplissement du miracle des miracles, cette table qui portait en elle tous les autels futurs où le Christ glorieux, assis à la droite du Roi éternel, continue à vivre au milieu des hommes et à se donner à eux en nourriture pour la vie éternelle ! Mysterium fidei !
Arthur Loth.
Briseiar de Croire
Peu après la grande Révolution, un respectable ecclésiastique travaillait au salut des âmes dans un hôpital et prodiguait les secours et les consolations de la religion aux malades et aux blessés qui s’y trouvaient en grand nombre.
On lui parla d’un soldat, dont la vie paraissait un prodige dans l’état de mutilation où il était. Il eut la curiosité de le voir. Il s’approche, et aperçoit un homme dont la figure portait l’empreinte d’un grand calme.
« Mon ami, lui dit-il, on m’a dit que vos blessures étaient très graves. »
Le malade sourit.
— « Monsieur, répondit-il, levez un peu la couverture. »
Le prêtre obéit et recule d’horreur en voyant que cet infortuné n’a plus de bras.
« Quoi, lui dit alors le blessé, vous reculez pour si peu de chose? levez la couverture aux pieds. »
11 lève, et il voit qu’il n’a plus de jambes.
— « Ah! mon enfant, s’écrie le charitable prêtre, combien je vous plains ! »
— « Non, répond le malade, ne me plaignez pas, mon Père, je n’ai que ce que je mérite i c’est ainsi que j’ai traité un crucifix. Je me rendais à l’armée avec mes camarades; nous rencontrâmes sur la route un crucifix qui avait échappé à la fureur des patriotes. Aussitôt, on se mit en devoir de l’abattre. Je fus un des plus empressés; je montai et, avec mon sabre, je brisai les jambes et les bras du crucifix et il tomba. A mon arrivée au camp, on livra la bataille et, dès la première décharge, je fus réduit à l'état où vous me voyez. Mais Dieu soit béni, qui punit mon sacrilège en ce monde, pour m’épargner en l’autre, comme je l’espère de sa grande miséricorde. »
Autour de la Hevue “ Le Divin Crucifié ”
Comment on aime la Revue et ce que disent nos lecteurs en se réabonnant.
Longchaumois. — « Je m’empresse de vous adresser le montant de mon réabonnement à votre pieuse Revue Le Divin Crucifié que j’aime tant à lire. Oh ! comme j’apprécie cette lecture qui nous apprend à souffrir et à supporter les peines et les épreuves de chaque jour, à l’exemple de notre divin Sauveur, en nous montrant que c'est à sa suite qu’est seulement le chemin du Ciel. Merci, merci, vénéré Directeur, de ces pages si belles, si touchantes et si précieuses par les bons conseils et toutes les choses réconfortantes qu’elles renferment. Je voudrais aussi pouvoir répondre à votre appel en vous envoyant quelques abonnés ; je pense également à votre chère Œuvre Sacerdotale et dès que je pourrai faire quelque chose pour vos Prêtres, ce sera avec un vrai bonheur que je m’empresserai de le faire... » E. V.
Boulogne. — « Je vous envoie ci-joint avec mon abonnement le montant d'un autre que je veux offrir au R. P. C... G’est le directeur du noviciat. Il me semble que cette chère Revue du Divin Crucifié ne sera jamais mieux placée que parmi ces jeunes gens. En lisant ces délicieuses pages, puissentils y puiser le culte et l’amour de la Sainte-Face, afin de propager cette dévotion plus tard autour d’eux. L’année dernière, je leur ai envoyé la grande gravure de la Sainte-Face ; le Divin Crucifié sera le complément indispensable et occupera saintement leurs loisirs. » E. B.
Bourges. — « Je suis heureux de vous adresser, pour l’année 1914, le montant de mon abonnement au Divin Crucifié que j’ai grand plaisir à recevoir tous les mois. Cette Revue est rédigée d’une façon très intéressante, surtout très édifiante, et me donne l’occasion de sanctifier mes loisirs avec fruit et intérêt... » A. D.
Lavardac, — « Ce n’est qu’au prix du sacrifice que je vous envoie la modique somme de mon abonnement au Divin Crucifié ; mais la lecture de cette chère Revue me tient réellement au cœur, car elle élève l’âme au-dessus de la terre et nous apprend par Fexemple de Jésus Crucifié à porter courageusement notre Croix de chaque jour. Je ne saurais jamais me priver d’un tel soutien au milieu de mes souffrances, aussi je vous offre mes vœux les plus chers pour la diffusion de la Revue et de l’Image de Jésus afin que beaucoup d’âmes en reçoivent le même réconfort. « M. G.
Paris. — « Veuillez, je vous prie, me continuer, pour l'année 1914, le service de la Revue du Divin Crucifié si pieuse, si intéressante et que j’attends chaque mois avec impatience. C’est toujours avec un vif intérêt que je lis et fais lire cette belle Revue si propre à faire aimer et connaître Notre- Seigneur... » S. C.
Châlons-sur-Marne. — « Je viens renouveler, au nom de mon fils, notre abonnement à votre si belle, si intéressante et si touchante Revue le Divin Crucifié. Je fais personnellement tout mon possible pour propager parmi les membres d’une belle Confrérie du Saint-Sacrement l’admirable dévotion à la Sainte-Face, appelée, par ses effets réparateurs, à toucher le cœur de Dieu et à sauver notre France. » DT M. de St-S.
Périgueux. — « Vous trouverez ci- joint le montant de ma cotisation pour 1914. Laissez-moi vous dire combien j’aime votre chère Revue. Je voudrais surtout la répandre abondamment dans mes missions afin d’attirer les âmes à l'amour de Jésus... » R. P. D.
REVUE DE LA SAINTE-FACE
La Sainte-pace de flotre-Seigneur Jésus-Christ
d’après le Saint-Suaire de Joseph d’ftrimathie vénéré à Turin
PREMIÈRE PART IB Le Suaire de Joseph d’Arimathie vénéré à Turin.