CHAPITRE III
Les outrages et les ignominies que le Fils de Dieu a soufferts sur sa Sainte-Face.
§ II. — Judas trahit Jésus-Christ par un baiser.
’est un oracle du Sage que les blessures faites par celui qui iLflpjSfS aime sont moins sensibles que les baisers trompeurs de celui qui hait : Meliora sunt vulnera diligentis , quam fraudu- ■PSaaSj lenta oscula odientis ( Prov ., xxvii, 6.)
L’affront et l’injure que le traître Judas fit à Jésus-Christ, lui furent plus sensibles et lui causèrent plus de confusion et de honte que tout le mal et toutes les ignominies que lui firent les gardes et les soldats. Car, vendant son Maître, ne donnait-il pas lieu aux Pharisiens et à ses ennemis de croire, — ce qu’ils tâchaient de persuader malicieusement au peuple qui l’honorait et le croyait être le véritable Messie, — qu’il n’était qu’un homme simple, et même un faux prophète et un magicien ? Ils pouvaient juger que ce disciple ne quittait et ne trahissait son Maître qu’à cause des dérèglements qu’il avait remarqués dans sa conduite.
On ne vend que les esclaves ; quel mépris, quelle injure pour le Roi des anges et des hommes, qui était venu racheter l’homme perdu, de se voir trahi, vendu à vil prix et à deniers comptants par l’un de ses disciples ! David a témoigné qu’Architophel lui fit le plus signalé affront et la plus sensible injure qu’il ait jamais reçue, lorsqu’il quitta son parti pour aller dans celui de ses sujets révoltés, après qu’il l’avait honoré de sa plus intime confidence et qu’il l’avait souffert manger à sa table, comme l’un de ses plus chers favoris. Après tant de faveurs, rompre tout d’un coup et sans sujet les liens d’une union si étroite, trahir un si grand prince, qui avait eu tant de bontés pour lui, et travailler maintenant à le perdre pour maintenir le parti d’un fils dénaturé, révolté contre son propre père, n’était-ce pas un trait de la dernière dureté pour David et d’une grande ingratitude pour Architophel ?
Jésus avait reçu Judas au nombre de ses disciples et l’avait fait un de ses apôtres ; il l’avait instruit dans son école, il l’avait admis à-sa table, lui avait lavé les pieds, lui .avait fait part du sacrement amoureux de son corps, comme aux autres apôtres ; après cela, vendre un Maître si saint, si bon! Quelle ingratitude! quelle perfidie pour Judas! Quel affront! quelle injure au doux Jésus ! Si l’un de ses ennemis déclarés l’avait trahi et vendu, l’injure ne serait pas si grande ni si sensible.
Ce qui aggrave encore le crime de Judas et la confusion du Sauveur, c’est que la trahison se fait par un baiser. Ce perfide eut la témérité d’approcher sa bouche sacrilège de celle du Fils de Dieu, de vouloir
REVUE DE LA SAINTE-FACE
cacher la haine et la perfidie de son cœur sous le signal de l’amitié et de la fidélité. Saint Jean Baptiste, tout innocent et distingué qu’il est entre les hommes, ne s’estimait pas digne de délier la chaussure de Jésus-Christ. Madeleine, toute baignée des larmes de la douleur de ses péchés, n’ose paraître devant sa Face, et se croit heureuse de lui pouvoir baiser les pieds; Judas, le plus méchant des hommes, a d’audace de s’approcher de la Face de Jésus ! Le fils de Satan baise le Fils de Dieu; l’enfant de ténèbres embrasse le Père de lumière ; le péché, l’auteur de la grâce ; le mensonge, la vérité ; la perfidie, la simplicité et la bonté ; la mort, la vie ; l’avarice, la libéralité ! Jésus souffre toutes •ces injures et ces outrages, sans se plaindre.
Sainte Catherine de Sienne avait une si grande peine à souffrir les approches des âmes infectées du péché mortel, à cause de l'horrible puanteur qu’elle en sentait exhaler, que le cœur lui en bondissait, et peu s’en fallait qu’elle ne vomît ses entrailles, quand quelque courtisane débauchée s’approchait d’elle pour lui parler. Quelle puanteur devait donc sentir le Sauveur à l’abord du traître Judas, quand il lui dit : Ave Rabbi! Son âme, étant infectée de crimes si énormes et étant possédée par le démon, n’exhalait-elle pas une odeur de mort et de l’enfer ? Odor in mortem. (Cor., n, 16).
O Jésus ! le plus doux et le plus aimable de tous les maîtres, qui, pour expier nos ingratitudes et nos perfidies, avez souffert d’être trahi et vendu par un baiser, faites-moi la grâce de ne me jamais présenter à votre sacrée table en état de péché mortel ; que je ne vous quitte et que je ne vous trahisse jamais par aucune liaison avec les impies. Donnez-moi encore la ferveur de la charité pour aimer sincèrement mes ennemis, pour leur pardonner et les secourir dans leurs nécessités.
(A suivre). R. P. Antonin Thomas.
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Notre-Seigneur à Sœur Saint-Pierre.
« De même que dans un royaume on se procure tout ce qu’on désire avec une pièce marquée à l’effigie du prince, ainsi, avec la pièce précieuse de ma sainte Humanité qui est mon adorable Face, vous obtiendrez dans le royaume du ciel tout ce que vous voudrez. »
« Je vous prends aujourd'hui pour mon économe et je remets de nouveau ma sainte Face entre vos mains, afin que vous l’offriez sans cesse à mon Père pour le salut de la France. Faites valoir ce divin talent, vous avez en lui de quoi faire toutes les affaires de ma maison ; vous obtiendrez par cette sainte Face, le salut de beaucoup de pécheurs ; avec cette offrande, rien ne vous sera refusé. Si vous saviez, combien la vue de ma Face est agréable à mon Père I »
« Je vous donne ma Face et mon Cœur, je vous donne mon sang, je vous donne mes plaies, puisez et versez ! puisez. et versez! achetez sans argent : mon sang est le prix des âmes. »
Si mon peuple , sur qui est invoqué mon nom', s’humilie , prie et cherche ma Face , et s’il se détourne de ses mauvaises voies, je l’exaucerai du ciel, je lui pardonnerai son péché et je guérirai son pays. (II, Paralip -, vu, 17.)
ItA DIFFUSION DE LA SAINTE-FACE
Grâces obtenues
par l’entremise de la Sainte-Face.
Paris. — Je suis heureuse de remplir un devoir de reconnaissance, en venant vous faire part d’une grande grâce que je viens d’obtenir par l’entremise de la Sainte-Face. J’ai été six semaines sans emploi, et je viens de trouver une situation inespérée (puisqu’on n’avait besoin de personne). Je m’étais adressée à la Sainte-Face, en employant la formule d’une de vos notices. « Au souvenir du service que sainte Véronique vous a rendu, etc. »r ayant soin de faire présenter ma prière par l’angélique Sœur Thérèse de l’Enfant-Jésus. Ainsi, reconnaissance à la Sainte-Face de l'aimable Jésus, en lui demandant de me continuer ses faveurs, et de me donner la santé dont je suis absolument dépourvue. » J.
R... — « Ayant reçu de grandes grâces par l’entremise de l’Adorable Face de Notre-Seigneur, je viens aujourd’hui renouveler la commande de trois grandes gravures encadrées pour trois églises. J’ai promis d’oflrir à trente-trois églises ou chapelles le tableau de la Sainte-Face d’après le Saint-Suaire de Turin, en l’honneur des trente-trois années que Notre-Seigneur a passées sur la terre et en souvenir de sa douloureuse Passion. Je demande à Jésus de me donner le temps, les ressoürces et la santé nécessaires pour accomplir ma promesse. » M.
Château-Gontier. — « Je suis heureuse de vous apprendre que notre cher malade va mieux. Nous le pensions bien près de la mort, et voici qu'au cours d’une deuxième neuvaine en l’honneur de la Sainte-Face, son état s’est subitement amélioré. Je ne puis vous dire le bonheur et la joie de la famille qui ne cesse de redire sa reconnaissance à la Sainte-Face. Cette guérison a fait grandir <1ans notre paroisse la dévotion à la Sainte-Face. Notre précieuse Image est toujours bien honorée et priée, nous avons jusqu’à sept lampes et quelquefois huit et neuf qui brûlent jour et nuit devant le tableau de la Sainte-Face, et ces lampes sont entretenues par des âmes pieuses et toutes dévouées à lire votre chère Revue du Divin Crucifié. » V. T.
Port-Louis. — - « Voulez-vous avoir la bonté de m’expédier douze images de la Sainte-Face du format moyen et douze du petit formai? Je suis heureuse de vous dire que plusieurs neuvaines faites à la Sainte-Face et à Sœur Thérèse de l Enfant-Jésus par mes élèves, ont obtenu deux guérisons — non encore complètes — puisque l'un des malades depuis cinq mois en a encore pour deux mois ; l’autre malade sera sans doute sur pied plus tôt. Les deux cas étaient désesp rés, et les médecins disent eux-mêmes que leur guérison tient du miracle, aussi recevra-t-on avec reconnaissance, la Sainte-Face dans ces deux maisons. » V...
Riom. — « Je vous renier- ie de la Sainte Messe et des prières dites à la Sainte-Face de Jésus pour notre cher malade ; veuillez les continuer aussi ferventes que possible tous ces jours-ci, et, si Jésus vous accorde sa guérison, je viendrai remercier la Sainte-Face de cette grâce si désirée... » — « Nous vous prions de vouloir bien fair^* dire un triduum de messes à l’autel et en l’honneur de la Sainte-Face de Jésus et comme actions de grâces pour la guérison du cher malade que nous avions recommandé. La grave opération que les docteurs eux-mêmes redoutaient, a réussi au-delà des espérances. Maintenant l’ancien malade reprend avec entrain sa vie ordinaire. Reconnaissance et amour à la Sainte-Face de Jésus ! » Sr M. M.
lie Reclus du Saint^Sépulepe (1148)
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es Croisés vainqueurs ont reconstruit de fond en comble la Basilique du Saint-Sépulcre. L’œuvre incomplète et hâtive de l’empereur Constantin Monomaque a fait place à une vaste, spacieuse et spendide cathédrale, toute de marbre, de bas-reliefs ciselés et de mosaïques, où l’habile architecte Jourdain a cependant utilisé des fragments nombreux et la plupart des colonnes de l’édifice précédent, formé lui-même des tronçons et des ruines des basiliques antérieures. Entreprise vers 1130, la nouvelle basilique est consacrée le 15 juillet 1149, et achevée seulement (sauf le clocher) en 1160.
Un somptueux cortège de seigneurs, d’hommes d’armes et de moines remplit à grand bruit la basilique du Saint- Sépulcre, reconstruite par les Croisés et à peine terminée. C’est le roi de France, Louis VII, dans sa cotte d’azur fleurdelysée d’or, suivi de sa femme, l’altière Éléonore, la rose d’Aquitaine, et de ses chevaliers, bien décimés, hélas ! par le désastre des montagnes de la Phrygie occidentale, qui vient processionnellement adorer le Saint-Sépulcre.
Le superbe défilé fait le tour de la basilique, serpente sous les voûtes ogivales et se déroule autour des colonnes de marbre violet, legs auguste de sainte Hélène.
Mais d’où vient que la marche s’arrête ? D’où part cette voix tonnante qui, tout à coup, résonne dans la basilique? Pourquoi le roi de France a-t-il fait, avec un geste de menace, un pas rétrograde ? Pâle comme une morte, la reine éléonore, poussant un cri d’effroi, s’est rejetée en arrière. Pourquoi ?
... — C’est qu’un fantôme vient de leur apparaître! Au moment oùr guidé parle patriarche Foulcher de Tyr, le cortège franchissait d’un pas solennel le massif point d’attache qui relie sur la gauche la rotonde du Saint-Sépulcre au palais épiscopal, tout à coup, s’élançant d’un in pace pratiqué dans l’épaisseur des murs, un fantôme, un cadavre animé, un mort-vivant, aux joues caves, au front décharné, aux yeux fulgurants, au geste furieux, à la voix retentissante, s’est élancé vers eux !...
Un cilice d’acier emprisonne son corps livide, des cercles de fer étreignent ses tempes et compriment son front douloureux, et ce mort-vivant, ce misérable, ce fou, ce fakir, interpellant la reine de France, a osé, d’une voix furieuse et la menace à la bouche, lui reprocher ses criminelles amours avec Raymond d’Antioche et les perfides émirs sarrasins !...
De sa main tremblante, la reine a voilé son front blêmi, des larmes
de honte coulent de ses yeux charmants. Le roi de France a tiré son épée, mais il la laisse retomber et ses chevaliers, prêts à se ruer sur le fantôme, demeurent immobiles... C’est que, tout en prodiguant au couple royal les reproches et les funèbres pronostics, des mots d’amour sont sortis de ses lèvres, et qu’il a dit à la reine : Ma fille ! et au roi : Mon cousin!...
Quel est ce fantôme ? Serait-ce l’ancêtre de celui qui apparaîtra un jour à Charles VI dans la forêt du Mans? Non, ce revenant, ce fakir, ce misérable, cet insensé, ce voyant, ce prophète de malheur, c’est Guillaume VIII, comte de Poitou et duc de Guyenne, père d’Éléonore et cousin du roi de France qui, en expiation de ses péchés, s’est fait reclus volontaire dans la basilique du Saint-Sépulcre, vivant de rien, au fond d’une tanière creusée dans l’épaisseur des murs, entre la basilique et le palais patriarcal.
Illuminé par l’Esprit-Saint, il a lu, comme dans un livre, les imprudences et les fautes, causes fatales de l’irréparable désastre et du lamentable insuccès de la Croisade. Puis, tout éperdu de cette rencontre, désespéré de s’être laissé reconnaître, il abandonne son in pace, prend la fuite, repasse la mer et court jusqu’en Espagne chercher dans quelque sierra déserte et calcinée, une retraite si cachée qu’il puisse désormais y mourir dans la solitude et l’oubli.
Comte A. Couret (1).
(1) Les légendes du Saint- Sépulcre, par le comte A. Couret, Maisoa de la Bonne-Presse, Paris
Recommandations de Prières
Le Souverain Pontife. — Les Evêques et les Prêtres du monde entier. — Les œuvres sacerdotales et eucharistiques. — La diffusion de la Sainte-Face et du « Divin Crucifié-». — La conversion de trois pécheurs. — Une mission dans une paroisse. — La guérison d’un père et d’une mère de famille. — Une vocation religieuse au Carmel. — Un mariage désiré pour une jeune fille. — intérêts spirituels et matériels d’une famille très nombreuse. — Une zélatrice demande guérison, amélioration et lumière pour éclairer une situation. — L’ordination de trois jeunes Prêtres, et leur première messe le jour de Noël. — La vocation religieuse de deux jeunes filles qui luttent contre de grandes difficultés. — La santé compromise d’une zélatrice. — Un prêtre zélateur atteint d'un mal inexorable. — L’examen d’un jeune homme dont dépend son avenir. — La jeune sœur d’une zélatrice gravement malade. — L'accord d'une famille dans le règlement d’affaires embrouillées. — La conversion presque désespérée d’un jeune homme et une vocation de Réparatrice. — La guérison d’un séminariste et celle d'un jeune Prêtre — Une zélatrice recommande son frère très dangereusement malade. — Plusieurs conversions, plusieurs guérisons. — La mission chinoise de Singapore, ses Prêtres et plusieurs conversions importantes. — Les intentions générales de tous nos zélateurs et zélatrices, de nos abonnés et toutes celles qui nous ont été recommandées par correspondance.
Seigneur, ne détournez pas votre Face de votre serviteur : l'affliction me presse, hâtez-vous de me secourir ! ( Ps .)
Le Gérant : E. Derenne.