JÉSUS EST DÉPOSÉ DE LA CROIX
la suite de la démarche des chefs des Juifs auprès de Ponce Pilate pour lui demander de faire enlever, avant le soir du Sabbat, les corps des trois suppliciés du Calvaire, les soldats, envoyés par le gouverneur romain, étaient venus s’acquitter de leur besogne. Ils avaient trouvé Jésus déjà mort et l’un d’eux s’était borné, pour mieux s’en assurer, à lui percer le flanc d’un coup de lance. Quant aux deux autres suppliciés, par lesquels ils avaient commencé, comme ceux-ci vivaient encore, ils durent attendre que l’excès des tortures eût achevé de les épuiser, après leur avoir donné le coup de grâce, en leur brisant les jambes.
Ensuite, ils se seraient mis en mesure d’enterrer Jésus, ainsi que le voulait la loi romaine, sur place, avec l’instrument de son supplice, en compagnie des deux malfaiteurs crucifiés à ses côtés. À l’ignominie du supplice se serait ajoutée l’ignominie de la sépulture. Mais le prophète Isaïe avait annoncé du Messie, que son sépulcre serait glorieux, et il le fallait pour l’éclat de sa résurrection.
Tous les proches de Jésus, ses disciples, ses amis, les pieuses femmes qui l’avaient accompagné depuis la Galilée, étaient restés au loin, regardant l’horrible scène du supplice et se lamentant. Seules, Marie, la mère, et sa sœur et Marie-Madeleine, avec le disciple bien-aimé Jean, s’étaient approchées de la Croix. Après avoir assisté à la mort, elles allaient assister à l’ignominieux enfouissement de la divine victime. Elles n’avaient point de faveur à demander à personne, pour celui que la haine des Juifs et la lâcheté du gouverneur romain avaient fait mourir.
Il fallait cependant que la prophétie s’accomplît. Du groupe des amis qui avaient assisté, de loin, au supplice, s’était détaché, après la mort du maître, un disciple secret de Jésus, homme juste et bon ; il était de ceux qui attendaient le régne de Dieu, mais la crainte des Juifs l’avait empêché, à cause de sa position, de se déclarer ouvertement pour le Messie. C’était Joseph, originaire d’Arimathie, ville voisine de Jérusalem. Pendant que les soldats attendaient la fin de l’agonie des deux malfaiteurs, pour enterrer les trois condamnés en même temps, Joseph, après avoir prévenu sans doute, le centurion, alla résolument trouver. Pilate pour lui demander le corps du supplicié, son maître. La démarche était
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hardie et courageuse, car elle devait provoquer le courroux des chefs du Sacerdoce et de la nation juive, acharnés sur leur victime jusqu’après la mort, et cette raison, qui pouvait le dissuader de faire une pareille demande, était capable aussi d’empêcher le gouverneur romain d’y accéder.
Mais Joseph d'Arimathie avait un titre particulier auprès de Ponce Pilate. L’Evangile le qualifie de « noble décurion ». C’est le titre d’une magistrature municipale romaine. Partout où Rome était maîtresse, elle s’appliquait par ses représentants, à établir le régime municipal, comme le mode d’administration locale répondant le mieux à ses intérêts et pouvant le mieux tenir la population sous sa dépendance. Il y avait à Jérusalem, à côté du Sanhédrin juif, une municipalité à la romaine, dont Joseph d’Arimathie faisait partie, comme membre de la Curie ou Sénat municipal.
Il semble avoir cumulé cette fonction avec celle de membre du Sanhédrin, comme « Ancien du peuple », sans doute, car l’Evangile note qu’il ne s’était associé ni aux délibérations ni aux démarches de ceux qui avaient fait condamner Jésus.
C’est comme décurion ou conseiller municipal que Joseph se présenta hardiment à Pilate pour lui demander l’autorisation d’enlever le corps du divin Supplicié. Le gouverneur s'étonna tout d’abord que celui-ci fut déjà mort, car on était seulement un peu après la neuvième heure, ou trois heures de l’après-midi, pour nous, et le supplice n’avait commencé que vers la sixième heure ou midi. Pour s’assurer du fait, Pilate fit mander le centurion. La distance n’était pas grande du Calvaire au Prétoire. Quand le centurion fut arrivé, Pilate lui demanda si, réellement, Jésus était déjà mort, et sur la réponse affirmative de l’officier, il accorda le corps à Joseph.
Cette concession n’était pas précisément une faveur, car, avec les idées que les Romains attachaient à la sépulture, leur loi permettait de remettre les corps des condamnés aux parents et amis qui les réclamaient. Mais Pilate était libre de l’accorder ou de la refuser, et, après les démarches des chefs sacerdotaux de la nation pour lui demander de faire enlever rapidement les corps des trois suppliciés du Calvaire, la politique pouvait lui conseiller de ne pas ravir aux Princes des prêtres la proie qu’ils convoitaient, à l’effet de traiter Jésus comme le plus vulgaire des criminels et de le confondre dans la même fosse de terre que les criminels, avec lesquels il avait enduré un supplice commun. Mais, par égard pour le noble et riche conseiller municipal de Jérusalem, ou par remords, sinon par sympathie envers son condamné, qu’il savait innocent, Pilate passa outre aux considérations politiques. Il usa du droit que lui attribuait la loi romaine.
Avec l’autorisation du gouverneur, Joseph se hâta alors d'aller
en ville acheter un linceul avec tous les linges accessoires, pour l’ensevelissement. On faisait à Jérusalem, comme dans toutes les villes d’Orient, le commerce de linceuls : la femme forte de la Bible en fabriquait, chez elle, à ses loisirs. C’étaient des tissus plus ou moins fins, à l’usage des diverses classes, suivant leur prix. L’Évangile marque que Josephun acheta un de belle qualité. C’est celui que Turin possède aujourd’hui et qui est en une sorte de linon, analogue aux plus fins tissus trouvés dans les tombeaux égyptiens.
Muni de son linceul, Joseph d’Arimathie revint alors au Calvaire, avec un ou plusieurs aides, pris parmi ses serviteurs, ou engagés sur son chemin, pour procéder à la déposition du corps de Jésus.
Le jour déclinait alors; le silence régnait. Émue, effrayée, la foule s’était retirée peu à peu. On n’entendait plus de sarcasmes ni d’imprécations ; il n’y avait plus que les larmes silencieuses de la Mère des douleurs et les sanglots des pieuses femmes qui s’étaient rapprochées, avec le groupe des amis, pour rendre au divin mort les derniers devoirs. Les soldats de garde, émus aussi par le spectacle terrifiant auquel ils avaient assisté, surtout après avoir entendu leur chef confesser la divinité du condamné, se taisaient devant cette scène de pieuse tristesse. Ils n’avaient plus, du reste, qu’à laisser faire, devant la permission donnée par le gouverneur d’enlever le corps du supplicié.
Joseph, avec ses aides, se mit en mesure de détacher Jésus de la croix. On appliqua les échelles qui avaient servi au crucifiement. Deux des opérateurs délièrent les cordes qui serraient chaque bras, puis arrachèrent les clous enfoncés dans le poignet, pendant qu’un troisième soutenait par devant le haut du corps qui s’affaissait au fur et à mesure. On fit de même pour les pieds. Quand le corps fut entièrement détaché, l’un des hommes le prit par la tête, un autre parles pieds, pour le porter où il devait être enseveli.
Une ancienne tradition, consacrée par la sculpture et la peinture, veut que la Vierge Marie eût reçu sur ses genoux, à la descente de la croix, le corps de son divin Fils. C’est sous cette forme touchante que s’est formée et perpétuée, dans un grand nombre d’églises et de chapelles, la dévotion à la Vierge de compassion, et que l’art a produit, en grand nombre aussi, ces pieux et souvent admirables groupes sculptés ou peints, connus sous le nom italien de Pieta.
Arthur Loth.
« Quand même tu serais le, premier Docteur du monde et le plus savant théologien de mon Église, tu serais moins saint et moins aimable pour moi qu’une âme qui vit soumise à mes croix. »
Bienheureux Henri Suso.
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Autour de la Revue “ Le Divin Crucifié ”
Comment on aime la Revue et ce que disent nos lecteurs en se réabonnant»
Mornant. — «« Je viens vous prier de renouveler mon abonnement à votre inte'ressante et pieuse revue « Le Divin Crucifié ». Je vous adresse de nouveau mes félicitations sur la manière admirable dont elle est rédigée. Dans chacun de ses articles, on trouve des sujets de méditation aussi élevés que surs... Je l’attends avec impatience chaque mois; j’en fais la lecture à haute voix, afin que mon entourage en profite ; puis je la fais circuler parmi les personnes pieuses de ma connaissance, qui en sont aussi profondément édifiées... »
Bruxelles. — « Je me réabonne avec bonheur à votre belle Revue, elle reçoit ici le meilleur accueil. Un confrère, auquel je l’envoie régulièrement m’écrit qu’entre toutes celles qu’il reçoit, c’est la vôtre qu’il savoure avec le plus de délices. Puisse-t-elle rester toujours à la hauteur de sa florissante jeunesse! » L. R., O. M. I.
Saugé. — « Vous trouverez ci-joint ma cotisation annuelle de zélatrice de la Sainte-Face. J’espère recevoir encore le « Divin Crucifié ». Je trouve cette Revue très profonde et j’aime beaucoup lire ses pages embaumées de respect et d’amour pour notre cher Jésus dans sa Passion et son Eucharistie... » M. D.
Troyes. — « Je suis toujours très heureuse de lire chaque mois votre charmante et pieuse Revue. Je le suis doublement, quand vous consacrez une page à Sœur Thérèse de l’Enfant-Jésus. qui a tant aimé la Sainte-Face... Je connais peu de Revues aussi sérieusement orientées que la vôtre. Gomme elle nous apprend à aimer et à comprendre les souffrances de Jésus dans sa Passion et l’amour qui l’a porté à demeurer avec nous dans la sainte Eucharistie !... A cette lecture, la foi se développe et l’amour jaillit spontanément du cœur, accompagné du vif désir de la réparation par l’acceptation généreuse de toutes nos souffrances quotidiennes... » M.
Aire. — « Ayant le bonheur d’être zélateur de la Sainte-Face, je m’empresse de vous envoyer mon abonnement de 1914 pour votre si chrétienne Revue que j’aime de plus en plus et qui ferait tant de bien dans beaucoup de familles catholiques, si elles voulaient lui ouvrir leur porte. Elle en chasserait bien vite le paganisme moderne qui les envahit de toutes parts, sans que ces pauvres familles s’en doutent... » Abbé L.
Moyaux. — « Lecteur assidu et admirateur de votre pieuse et intéressante Revue « Le Divin Crucifié » je m’empresse de vous adresser un bon de poste en vous priant de m’envoyer le plus tôt possible le volume de l’année 1911 du « Divin Crucifié » que je vois annoncé sur la couverture de la Revue de janvier 1914. Je ne connais pas de lecture plus sérieuse et plus salutaire pour passer les longues soirées d’hiver toujours si monotones à la campagne, où l’on est privé des belles cérémonies religieuses qui font à la ville, et à Paris plus qu’ailleurs, les délices des âmes pieuses. » F. O.
Matigny. — « C’est avec joie que je vous envoie ma cotisation de zélatrice pour 1914, me donnant droit à la faveur de l’abonnement du « Divin Crucifié », cette belle Revue qui fait tant de bien aux âmes puisqu’elle les porte à l’amour de Jésus souffrant, en même temps qu’à l’acceptation de la souffrance par amour pour Jésus, ce qui donne réconfort, paix et encouragement au milieu des difficultés de la vie. » Mme D.
La Groix et l’œuvre du Médiateur
l n’y a qu’un seul Dieu et qu’un seul Médiateur entre Dieu et les hommes : L’Homme Jésus-Christ qui s’est livré lui-même pour la Rédemption de tous, (i Timoth., n, 5-6.) Le Médiateur, Celui qui, en vertu même de sa personnalité unique et de sa double nature divine et humaine, est en mesure de réunir et de réconcilier les extrêmes opposés, Dieu et l’homme.
Dans quelles conditions le Sauveur a-t-il accompli sôn œuvre? Il est effrayant de penser que nous, coupables, qui aurions dû venir à Lui les mains jointes, dans la prière, les larmes et la pénitence, nous n’avons eu pour Lui que la malédiction. « Qu’il soit crucilié! » (S1 Matt., xviii, 24).
Du côté du ciel l’accueil ne vaut pas mieux. Le Sauveur apparaît aux yeux de Dieu, son Père, comme le péché, et il n’a droit à aucune compassion. Il entend sans doute cette parole : « En vérité, je vous le dis, vous ne sortirez pas de là que vous n’ayez payé jusqu’à la dernière obole. » (Sf Matt., v, 26).
Et c’est là notre force, car la sentence de condamnation qui pesait sur nous, il l’a fait rapporter, non par un décret de grâce, mais par un vrai décret de réhabilitation en justice : Il a détruit l’acte qui était écrit contre nous et nous était contraire avec ses ordonnances, et il l’a fait disparaître en le clouant à la Croix » (ad Coloss., ii, 14).
Nous avions contre nous la mort originelle, contre nous nos péchés actuels, contre nous l’impuissance absolue à nous relever.
Le Sauveur a apporté un ordre nouveau. Il nous a rendus à la vie; 11 nous a pardonné toutes nos offenses; ( Coloss . n, 13.) 11 nous a rendu l’usage surnaturel des dons de Dieu; il a fait la paix entre le ciel et la terre par le sang de sa Croix (ad Coloss ., i, 20). La croix, toujours la croix! Pour connaître sa sphère d’influence, il convient d’étendre à l’infini chacune de ses dimensions, sa hauteur, sa largeur, sa profondeur. En hauteur, la voyez-vous, atteignant le ciel, portant jusqu’au pied du trône de Dieu l’acte de réconciliation. En largeur, elle couvre de son influence tout ce qui se meut et vit dans le temps et dans l’espace ; elle répand sur chaque siècle et sur chaque âme des trésors de grâce et de miséricorde. Sa profondeur n’est autre que la rénovation spirituelle opérée dans l’intime de l’être humain.
On ne peut donc lui échapper, puisque par elle le Christ est toujours Médiateur. — Médiateur entre Dieu et nous, à l’heure
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où la grâce est victorieuse et où les larmes de contrition jaillissent de notre cœur et de nos yeux. — Médiateur entre nos frères et nous, à l’heure où, pour pardonner, pour ne point se souvenir, pour être bon, il y a un sacrifice à accomplir. — Médiateur entre le double monde inférieur et supérieur que nous portons en nousmême, aux heures si fréquentes où il faut résister pour ne point se laisser attacher, combattre pour ne passe laisser emprisonner, monter pour ne point être enlisé. — Médiateur entre le sacrifice et nous, à l’heure où le sacrifice demandé par Dieu n’est plus la victoire nécessaire à remporter sur le mal, mais où il se montre comme la perfection dans le bien.
Voulons-nous détruire le mal ou mettre sur pied quelque noble édifice de vertu, examinons d’abord notre devoir d’une façon nette, puis, à l’exemple du Maître, fixons à la Croix cette « cédule » de nos obligations par la foi, l’espérance et un peu d’amour, et les obstacles disparaîtront. B. C. M.
Recommandations de Prières
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Notre Saint Père le Pape. — Le triomphe de la Sainte Eglise ; la conversion de ses ennemis; le salut des pécheurs. — Les Évêques et les Prêtres du monde entier. — Les Œuvres sacerdotales et eucharistiques. — La diffusion de la Sainte-Face et de la Revue « Le Divin Crucifié ». — Les zélateurs de la Sainte-Face ; leurs intentions, leur apostolat. — Les parents décédés des zélateurs de la Sainte-Face et de nos abqnnés. — Les catholiques de France; les écoles et l’enseignement chrétien. — Le rétablissement d’un père de famille. — Les intérêts spirituels et temporels d’une famille religieuse. — Deux voyages importants pour la gloire de Dieu et le bien des âmes. — La station du Carême, et les exercices de la Mission dans quatre paroisses. — La conversion d’un pécheur endurci. — Le relèvement moral d’une âme découragée — Une personne qui a de nombreux ennuis domestiques et de grands chagrins personnels. — La conversion d’une âme en grand danger de se perdre. — La guérison d’un malade frappé d'aliénation mentale. — Une position difficile. — L'heureux succès d’un placement destiné aux OEuvres.
— Les examens d’un jeune homme. — Un jeune séminariste. — Un jeune homme qui entre dans une nouvelle situation. — Une personne menacée de •cécité. Huit conversious. — L’avenir et la santé de deux jeunes filles. — L'extinction d’une très forte dette. — Une école libre sur le point de se fermer faute de ressources pécuniaires. — L’amélioration spirituelle d’une jeune personne qui cause de sérieuses inquiétudes à sa chrétienne famille.
— Un mariage. — Une jeune malade demande la résignation. — Plusieurs pécheurs, de nombreux malades, plusieurs enfants. — Un missionnaire dans le Sud africain. — Le départ d’un missionnaire pour une mission lointaine.
— La persévérance d’une vocation sacerdotale. — Les intentions générales des zélateurs de la Sainte-Face et des abonnés du « Divin Crucifié » et toutes •celles qui nous ont été recommandées par correspondance.
Seigneur, montrez-nous votre Visage , et nous serons sauvés! ( P s.).