‹ Le Divin CrucifiéChapitre 60 sur 167 · NOUVELLE ET PRÉCIEUSE FAVEUR · texte numérisé non relu

NOUVELLE ET PRÉCIEUSE FAVEUR

aeeordee aux leeteurs du “ Divin Crueiîié ”

et spécialement aux ZÉLATEURS de la Sainte-Face

e courant toujours croissant de la dévotion à la Sainte- Face de Notre-Seigneur Jésus-Christ, dans le monde entier, est sûrement une des consolations les plus grandes de notre époque tourmentée, en même temps qu’une espérance des plus fondées en des jours meilleurs.

Cette apparition subite de la Face adorable de Jésus, telle que ce divin Maître a daigné l’imprimer sur le Saint-Suaire conservé à Turin, a produit tout d’abord un étonnement universel, mêlé de sainte joie pour les âmes pieuses et d’admiration pour les incroyants eux-mêmes. A partir de ce moment, Jésus, sous les traits de sa Face adorable, a visiblement attiré les âmes. La dévotion au Sacré-Cœur de Jésus, avait préparé la dévotion à la Sainte-Face, et l’on a vu surgir de tous côtés des élans admirables de piété, d’amour et de réparation envers l’adorable visage du divin Crucifié. Et, à cette heure, sur toutes les plages et sous tous les cieux, la grande prière du prophète retentit : Ostende nobis, Domine, faciem Christi tui, et salin erimus, — Seigneur, montrez-nous la Face de votre Christ, et nous serons sauvés.

Nous bénissons le Seigneur de ce qu’il a daigné nous permettra d’apporter notre large concours à ce mouvement universel de piété et d’hommages rendus à la Face de son Christ. Nos chers zélateurs de la Sainte-Face et les pieux abonnés à notre « lievue » doivent s’en réjouir avec nous ; et tous, iis sont aujourd'hui amplement récompensés de leurs généreux efforts à nous seconder dans notre trop bel apostolat.

C’est d’ailleurs la parole féconde du Vicaire de Jésus-Christ qui se réalise, lorsqu’il nous faisait écrire : « Qu’Il approuvait très volontiers notre entreprise, de répandre le plus possible l’Image de la Sainte-Face de Jésus, reproduite d’après la véritable image du Saint-Suaire, — qu’il la recommandait d’une monière toute particulière aux Révérendissimes Évêques et à tous les ecclésiastiques », et « qu’il bénissait tout particulièrement ceux qui s’en feraient les propagateurs. »

Pour favoriser davantage encore ce précieux mouvement dans le monde entier et- pour faciliter le zèle de nos zélateurs et de nos abonnés , — ayant particulièrement en vue la réalisation des désirs de notre auguste Pontife Pie X, « désirant que cette image soit répandue en tous lieux et exposée à la vénération dans toutes les familles chrétiennes », — nous consentons volontiers un nouveau sacrifice en faveur de la grande Image de la Sainte-Face, celle qui donne la figure de Jésus dans sa grandeur naturelle.

C’est sans contredit l’image de ce format qui répond le mieux à la pensée de noire Saint-Père le Pape et qui, en outre, est de nature à produire sur les âmes une impression plus vive et plus efficace.

REVUE DE LA SAINTE-FACE

Aussi, faisons-nous un appel pressant à toutes les âmes dévotes à la Sainte-Face de Jésus pour la répandre partout et pour l'exposer dans tous les foyers chrétiens. Voici les conditions auxquelles on pourra se la procurer.

Pendant tout le Carême, l’image grand format de la Sainte-Face sera laissée à 2 fr. 75 au lieu de 5 fi*. 50.

Par six exemplaires à la fois, 15 francs net , au lieu de francs.

Pour les Zélateurs de la Sainte-Face seulement, - afin de leur permettre un plus vaste apostolat., — nous laisserons les six images à 10 francs au lieu de 15 francs.

Cette faveur exceptionnelle et provisoire de 10 francs pour six gravures sera faite non seulement aux zélateurs inscrits jusqu’à ce jour, mais encore à tous ceux qui se feront inscrire comme zélateurs pendant le Carême (1).

Nous demandons à tous, zélateurs et abonnés , de vouloir bien, en retour des sacrifices que nous nous imposons, faire connaître la Revue du Divin Crucifié autour d’eux. Les intérêts de notre Revue sont trop étroitement liés à ceux de la Sainte-Face de Jésus, dont elle est l’organe et l’apôtre, pour que nous ne les confondions pas dans un même apostolat. Que tous s’engagent donc à faire lire la Revue, pendant le Carême, à deux lecteurs nouveaux, au moins, qui . ne la connaissent pas encore, et à s’efforcer de nous envoyer le nom d’un nouvel abonné.

(1) Pour être Zélateur, il suffit de se faire inscrire, c’est-à-dire envoyer ses nom, prénom et adresse à M. le Directeur de la Maison du Bon-Pasteur, 228, boulevard Péreire, Paris, et de s’engager à répandre le plus possible cette sainte Image selon sa situation et ses moyens. Une cotisation annuelle et obligatoire , fixée à 2 francs pour la France et à 2 fr. 50 pour l’étranger, permet à tout Zélateur de concourir efficacement à la diffusion de la Sainte-Face et aux besoins généraux de l’Œuvre. En échange, la Revue de la Sainte-Face « Le Divin Crucifié » lui est adressée chaque mois. Le jour de sa nomination, le Zélateur reçoit une IM A¬ GE-DIPLOME, et son nom est inscrit da is un registre destiné à être communiqué au Saint- Père.

Le titre de Zélateur donne droit à une bénédiction spéciale du Souverain Pontife. en mène temps qu’à la participation à un certain nombre de messes Chaque mois.

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Lta JVIesse des Abonnés

Pendant le mois de Mars, la Messe des abonnés sera célébrée tous les vendredis à l’autel de la Sainte-Face. Nous remercions les abonnés et zélateurs qui nous ont envoyé leur offrande.

On recevrait avec reconnaissance, au Centre de l’OEuvre Sacerdotale, 228, Boulevard Péreire, Paris, des honoraires de messes pour les Défunts ou toutes autres intentions.

lies Calvaires de F uanee

l est, depuis des siècles, une coutume chère aux peuples chrétiens, glorieuse au Christ Rédempteur, c’est celle d’élever des Calvaires sur le modèle du Calvaire de Jérusalem. L’éloignement de la Terre-Sainte, les difficultés d’un long pèlerinage décidèrent les peuples d’Occident à représenter, autant qu’ils le pouvaient, les lieux témoins de la mort du Sauveur.

Forcés d’abandonner la Terre-Sainte aux Infidèles, les Chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem adoucirent leurs regrets en construisant un Calvaire dans Vî'e de Rhodes dont ils étaient devenus les maîtres. Plus tard, un Commandeur de l’Ordre de Malte, Pierre d’Anglisper, reproduit, dans sa Commanderie de Fribourg* en . Suisse, le Calvaire de Rhodes dont il avait emporté les dimensions.

Le Calvaire de Romans , dans la Drôme, était tout d’abord une réduction de celui de Fribourg ; il fut élevé au retour d’un pèlerinage à Jérusalem, par Romanet de Boffin, premier consul de Romans en 1525. Agrandi plus tard, en 1562 ruiné par les Protestants, relevé de ses ruines en 1 583, détruit une seconde fois par les Révolutionnaires en 1794, il fut restauré en 1824, à la suite d’une mission prêchée par le célèbre Père Enfantin. Le Voyage comprend quarante et une stations dont la première a pour sujet la Sainte Cène, et la dernière les Disciples d’Emmaüs. Ces stations s’échelonnent dans les rues et les places de la ville, dont la topographie rappelle, au dire des voyageurs, la topographie de Jérusalem. Ces diverses stations sont indiquées par de gracieuses chapelles ou par des autels adossés aux maisons; Calvaire typique, bien propre à faire revivre dans l’âme le souvenir du Golgotha et les grandes émotions de l’heure sanglante.

En 1633, les Prêtres du Calvaire transforment en Voie douloureuse les lacets qui sillonnent la montagne de Bétharram ( dans les Pyrénées ); les stations sont creusées dans le roc, et, au sommet, sur le plateau, entre la croix des deux larrons, la Croix du Sauveur s’élève suppliante vers le Ciel. Le chemin de croix de la montagne de Bétharram, héritier du vieux Calvaire, est encore célèbre de nos jours ; les pèlerins de Lourdes ne manquent pas d’y faire une pieuse halte.

Louis XIII, en autorisant le Calvaire de Bétharram, voulut qu’on en fit un semblable près de Paris, sur le mont Valérien. C’est ce Calvaire, élevé sur les ordres du roi, c’est ce Calvaire si cher à la population parisienne, c’est ce Calvaire, but incessant de pèlerinages pendant cleux siècles qui, en décembre 1830, fut brisé, sur les ordres de Mérilhon, ministre du roi, en attendant que le roi fût lui-même brisé par la Révolution.

Il faut encore citer le Calvaire de Roc-Amadour, le Calvaire du Mont- Varallo, et enfin les Calvaires cle Bretagne, le pays des Calvaires.

Il en est de bien curieux à Guimilian, à Saint-Paul de Léon, à Saint- Thégonnec, à Com fort, à Pleyben , mais le plus achevé, le plus typique «est assurément celui de Plougastel. Il date des premières années du

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xviie siècle, et il a été restauré de nos jours. Il se compose d'une base carrée qui, à elle seule, forme un édifice, en avant un autel de pierre, encadré d’une arcade en plein cintre et de deux colonnes toscanes. Sur la plate-forme, plus de deux cents personnages sont groupés, représentant les scènes de la Passion. Trois croix, celle du Christ et celles des larrons, se dressent dans les airs. La croix du Sauveur est ornée de branches de pierre qui servent de support aux principaux témoins de la mort du Sauveur. Tel est le Calvaire fameux, vraie épopée de la croix, incrustée, immortalisée dans le granit, monument né de l’art et de la foi, leçon de choses admirable où la Bretonne apprend à son petit enfant, comment un Dieu a été trahi, vendu, enchaîné, bafoué, traîné au sommet du Golgotha, et cloué sur ce gibet, où il est mort pour le salut des hommes.

J. Hoppenot.

FÊTE DES CIHQ PltRIES DE fiOTRE-SEIGflEUR JÉSUS-CHRIST

(Vendredi 20 mars)

A la Messe

« O Dieu, qui par la Passion de votre Fils unique, et par l’effusion du Sang de ses Cinq Plaies, avez réhabilité la nature humaine perdue par le péché ; faites, nous Vous en supplions, qu’en honorant ici-bas les Plaies qu’il a reçues pour nous, nous méritions de recueillir dans le Ciel le fruit de ce même Sang précieux » [Collecte).

« Qu’ils soient agréables à votre Majesté, nous Vous en supplions, Seigneur, ces dons par lesquels nous Vous offrons ces mêmes Plaies que votre Fils unique a reçues comme prix de notre délivrance » [Secrète).

« Restaurés par la Nourriture de la Vie, nous Vous en supplions, Seigneur notre Dieu, faites-nous la grâce, à nous qui honorons dévotament aujourd’hui les Plaies de Notre-Sèigneur Jésus-Christ, de les avoir imprimées dans nos cœurs et de les reproduire dans notre vie » [Postcommunion).

Destruction d’une Croisé

Une immense croix, qui avait été plantée en 1894, au sommet du Colombier, diocèse dé Belley, et qui avait été bénie par le cardinal Luçon, à ce moment évêque de Belley, vient d’être abattue par des mains sacrilèges.

Cette croix, en bois recouvert de zinc, avait 14 mètres de hauteur, 0m,75 carrés d’épaisseur à sa base ; elle était placée à 1.534 mètres d’altitude. Pour la mettre à bas, le démolisseur a dû enduire la base •de pétrole et y mettre le feu ; la base étant brûlée, la croix s’effondra.

Parce Domine !

Saints Cléoniqtie, Eutrope et Basilique

Gravure du IF//e siècle

C’étaient de vaillants soldats de la trempe des dix mille martyrs du mont Ararath et de ceux de la légion thébaine.

Comme eux, sans doute, ils reçurent l’injonction de sacrifier aux

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dieux de l'empire, la veille d’une bataille ; comme eux, ils refusèrent d’obéir à un ordre que réprouvait leur conscience de chrétiens ; comme eux, enfin, ils durent payer du martyre la fidélité à Dieu.

C’était sous l’empereur Maximien, le préfet Asclépiade, en l’année

Le supplice fut celui de la croix, comme pour les dix mille du mont Ararath. On sait que la légion thébaine avait 'été condamnée, elle, à périr décimée.

On assigne les villes d’Amané et de Comane, dans le Pont, comme lieu de leur supplice. On célèbre la fête de ces martyrs, le 3 mars.

Fête du Précieux Sang de fiotre-Seigneur Jésus-Christ

(Vendredi 27 mars)

A la Messe

« Par Votre Sang, Seigneur, Vous nous avez rachetés de toute tribu, de toute langue, de tout peuple et de toute nation, et Vous nous avez acquis le droit de régner avec notre Dieu. Je chanterai à jamais les bontés du Seigneur : mes lèvres proclameront votre fidélité de génération en génération » {Introït).

« Dieu Tout-Puissant et Éternel, qui avez donné votre Fils unique pour Rédempteur au monde, et qui avez voulu que votre justice fût apaisée par son Sang, faites, nous Vous en conjurons, que nous célébrions le prix de notre Salut éternel avec tant de piété, que, par ses mérites, nous soyons délivrés des maux de la vie présente, et nous jouissions éternellement du bonheur du Ciel » (Collecte).

« Le Christ s’est offert une seule fois pour effacer les péchés de la multitude ; une seconde fois II apparaîtra, non plus pour expier les péchés, mais pour donner le salut à ceux qui L’attendent » ( Communion ).

« Admis à la Table sainte, Seigneur, nous avons puisé avec joie aux sources du Sauveur ; que son Sang devienne pour nous, nous Vous en supplions, une source d’eau vive jaillissant jusque dans la vie éternelle » (Post-communion).

« Au Calvaire, c’est quand tous ont fui et qu’il ne reste plus que l’héroïque petite troupe des fidèles1 que le Saint des Saints est ouvert, c’est-à dire que le Cœur de Jésus est transpercé et qu’il donne à ses intimes amis les dernières effusions de son Précieux Sang. »

« Allons dédommager et consoler Jésus !... Si beaucoup rendent inutile son Sang répandu, nous, allons le recueillir et l’offrir. Si beaucoup l’insultent sur la croix, nous, bénissons-le et laissons-nous clouer avec lui à ce bois sacré. Si beaucoup le blasphèment, nous, baisons ses pieds adorables. Si beaucoup le trahissent, nous, serrons-nous autour de lui.

« Avec la grâce, disons mille fois : Plutôt mourir que trahir ! »

Mère Marie de Jésus Deluil Martiny.

Sœur Thérèse de l’Enfant-Jésus

ET DE UR SAIHTE~Fi*CE

« Depuis qu’il m’a été donné de comprendre, moi aussi, l’amour du Cœur de Jésus, j’avoue qu’il a chassé de mon cœur toute crainte! Le souvenir de mes fautes m’humilie, me porte à ne jamais m’appuyer sur ma force qui n’est que faiblesse ; mais plus encore ce souvenir me parle de miséricorde et d’amour. Comment, lorsqu’on jette ses fautes,, avec une confiance toute filiale , dans le brasier dévorant de l’amour r comment ne seraient-elles pas consumées sans retour ? »

S1' Thérèse de l’Enfant-Jésus.

Grâces de confiance.

Conversion d’une âme désespérée. — « Une Sœur de Charité visitait souvent une âme découragée, prête à tomber dans le désespoir, doutant de la miséricorde de Dieu. Cette chère Sœur multipliait ses prières, ses conseils, mais en vain : la pauvre jeune tille se mourait de chagrin. Le 30 septembre dernier, la Sœur sollicita de la petite sainte, au jour anniversaire de sa mort, la guérison de cette âme désespérée et commença une neuvaine. Le cinquième jour, premier vendredi d’octobre, la jeune personne fut terrassée par une lumière extraordinaire et elle comprit soudain ce que personne n’avait pu lui faire entendre jusqu’à ce jour. La paix et la joie entrèrent alors dans cette âme. Elle fait maintenant la communion quotidienne ; elle a compris que « c’est par la confiance qu’on arrive à l’amour ». Le confesseur de la jeune fille considère cette transformation comme miraculeuse. »

[Paris) M. P., Octobre 1912.

Délivrance d’une tentation de désespoir. — « J’avais depuis de longues années toutes sortes de peines intérieures et de violentes tentations de désespoir. Dans l’impuissance où je me sentais réduite, je faisais et [disais les choses les plus regrettables. Un voile épais était jeté sur mon âme; je ne voyais plus Dieu comme un Père, mais comme un Juge inflexible. J’étais comme persuadée que j’étais destinée à l’enfer. Je considérais les deux sacrements de Pénitence et d’Eucharistie comme de véritables tortures. Or, il me fut remis un petit signet de Sr Thérèse et tandis que je lisais pour la première fois ces lignes bénies, je sentis quelque chose se rompre en moi ; j’eus surtout l’impression très nette d'une influence surnaturelle. A mon trouble cruel, succéda soudain une paix inexprimable qui ouvrit mes yeux et mon cœur à la lumière, et, comme par enchantement, la crainte terrible fit place à la confiance filiale et à l’amour. Thérèse est restée depuis l’ange de ma vie intérieure. » Sr M.

« S’il faut être bien pur pour paraître devant le Dieu de toute sainteté, je sais, moi, qu’il est infiniment juste; et, cette justice qui effraie tant d’àmes fait le sujet de ma joie et de ma confiance. Etre juste, ce n’est pas seulement exercer la sévérité envers les coupables; c’est encore reconnaître les intentions droites et récompenser la vertu. J’espère autant de la justice du bon Dieu que de sa miséricorde; c’est parce qu’il est juste « qu’il est compatissant et rempli de douceur , lent à punir et abondant en miséricorde. Car il connaît notre fragilité , il se souvient que nous ne sommes que poussière. Comme un père a de la tendresse pour ses enfants , ainsi le Seigneur a compassion de nous! » Ps .) Voilà ce que je pense de la justice du bon Dieu; ma voie est toute de confiance et d'amour ; je ne comprends pas les âmes qui ont peur d’un si tendre ami. » Sr Thérèse de l’Enfant-Jésus.

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La Mort pour un Signe de Croix

es soldats du tzar Alexandre II rencontrèrent un jour dans la campagne, auprès d’un village situé sur le territoire russe, un petit berger d’une douzaine d’années.

« Quelle est ta religion? » lui demandèrent-ils. L’enfant, sans s’effrayer, répond qu’il est catholique. Alors, les soldats voulant l’enrôler dans le schisme, lui commandent de faire le signe delà croix à la manière des Russes. Le petit berger refuse avec énergie et fait plusieurs fois le signe de la croix comme les catholiques romains* Irrité de cette résistance, le chef des soldats lui déclare qu’on va le fusiller s’il ne veut pas obéir. Cette terrible menace reste sans effet.

On conduit alors le jeune berger le long d’une haie, on l’attache solidement à un pieu, et les soldats, reculant de quelques pas, chargent leurs fusils et le couchent en joue. L’enfant, tout pâle, mais plein d’un courâge surnaturel, les regarde fixement et murmure une dernière prière. Tout à coup le chef fait relever les fusils, et, s’approchant du petit pâtre, il lui dit d’un ton de mépris :

« Misérable, tu ne vaux pas la poudre et les balles que mes hommes allaient t’envoyer ! » et le détachant du pieu : « On va te noyer », ajoute-t-il.

Aussitôt la troupe se dirige vers un étang glacé par la rigueur du froid, car ce drame se passait au commencement de l’hiver de 1869.

Arrivé au bord de la glace, le Chef, qui prenait un plaisir barbare à prolonger les angoisses du jeune berger, le fait dépouiller de s.es vêtements et donne l’ordre à deux de ses hommes d’aller creuser un trou au milieu de l’étang gelé et très profond en cet endroit, et d’y enfoncer la pauvre victime jusqu’aux épaules. Alors lui-même, laissant le reste de la troupe sur le rivage, s’approche du trou où la tête du saint enfant paraissait à peine, et lui dit avec un sourire satanique : « Eh bien ! maintenant, refuseras-tu encore de faire le signe de la croix comme l’ordonne l’Empereur ? »

Le martyr de douze ans, dont le visage, malgré la contraction du froid, rayonne des lueurs d’une sainte espérance, lève à ce moment suprême les yeux au ciel, et dressant dans l’eau son bras avec effort, trace une dernière fois sur son front et sur sa poitrine le signe de la croix comme le prescrit la sainte Eglise romaine.

Au même instant, un terrible craquement se fait entendre, la glace se brise et l’enfant et ses compagnons sont engloutis dans l’abîme.

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