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SUR LA TOMBE DE « NELLIE

la petite Violette du Saint-Sacrement

Six ans après

ujourd’hui, 2 février, il y a juste six ans que la petite Nellie, à l’âge de quatre ans et cinq mois, « s’est envolée vers le Dieu Saint ». Gomme elle l’avait prédit, c’était « un dimanche, le jour du Seigneur », à trois heures du soir, l’heure où mourut Jésus.

Le poète André de Chénier écrivait sur la tombe d’une petite enfant :

L’innocente victime, au terrestre séjour,

N’a vu que le printemps qui lui donna le jour.

Rien n'est resté d’elle qu’un nom, un vain nuage,

Un souvenir, un songe, une invisible image.

De la petite Nellie , il est resté bien davantage. Ce n’est pas « l’oubli, second linceul des morts », qui enveloppe sa douce mémoire, mais bien un concert ininterrompu de louanges et de prières, plus que cela, une aurore de gloire...

Et pendant que je revis cette heure dernière qu’elle passa avec nous, que je la vois, le crucifix sur le cœur, fixant des yeux extasiés sur la vision d’en haut qui l’attire, tendant les bras vers le « Dieu Saint » qui vient au-devant d’elle, je me prends à lui redire avec un autre poète :

Rejoins le foyer de lumière Parmi les astres glorieux,

D’où tu nous vins un jour, matière,

Où tu retournes, fleur des deux !

Parmi les étoiles sans nombre Scintillant au divin séjour,

Tu jetteras, flambeau sans ombre,

Des regards de joie et d'amour (t) !

Et ces « regards de joie et d’amour » rayonnent jusque sur notre pauvre terre et rencontrent des milliers d’autres regards chargés de larmes et de prières qui se lèvent vers « la petite sainte de l’Irlande ».

Après six ans, non seulement Nellie n’est pas oubliée, mais elle est aimée, elle est bénie, elle est priée, elle est invoquée dans le monde entier. Est-il encore un pays sur la terre où les petits enfants n’ont pas vu l’image de Nellie dans sa blanche robe de première communiante, le front couronné de roses, et n’ont pas lu, dans leur langue, l’histoire de cette gracieuse orpheline qui a tant souffert et avec tant de patience ; qui a tant aimé son crucifix et pleuré de si belles larmes

(1) Alfred BUSQUET : Remonte au ciel, petite âme.

REVUE DE LA SAINTE-FACE

sur les plaies du « pauvre Dieu Saint » ; qui a tant soupiré après le bonheur de sa première communion et l’a reçu, avec des transports d’amour, dans un petit cœur plus pur qu’un lis ; qui nous a laissé l’exemple des plus précoces et des plus aimables vertus et que Pie IL a proposée « en modèle à tous les petits enfants de l’univers » ?

Et là-bas, en Irlande, sur la verte colline où s’élève sa petite tombe, qu’il est touchant, impressionnant et consolant le pèlerinage qui ne cesse de lui amener d’innombrables clients! J’ai eu la bonne fortune d’en causer tout récemment avec un prêtre qui arrive de Cork même, et les intéressants détails qu’il m’a confiés, je les redis volontiers à mes estimés lecteurs du Divin Crucifié. Si, depuis deux ans et plus, ils sont restés attentifs et assidus « à l’Ecole de Nellie », c’est que l’aimable petit docteur leur prêche admirablement la paix dans l’épreuve, l’amour dans la souffrance, la joie dans le sacrifice, le culte, le désir, le besoin du « Dieu Saint » de l’Eucharistie, l’estime et le prix des seuls biens éternels.

En Irlande, la réputation de la petite Nellie est universelle, grandissant tous les jours, et les grâces obtenues par son intercession auprès du « Dieu Saint » ne se comptent plus.

Le couvent du Bon-Pasteur, à l’ombre duquel repose les restes de l’angélique enfant, n’est pas d’accès facile. La colline de Sunday’s Well domine la ville ouvrière et populeuse s’étendant à ses pieds et la rivière, la Lee , qui déroule devant elle son large ruban bleu.

Malgré cela, chaque jour, des personnes de tout rang et de toutes conditions, des humbles surtout, s’acheminent vers ce pieux asile de la charité, de la miséricorde et de la prière. Une Sœur est exclusivement occupée à les introduire dans le riant jardin qui garde, en face du monastère, au milieu des arbustes et 'des fleurs, la petite tombe tant vénérée.

Que de larmes, que de supplications y sont versées ! Que de cris de confiance, que d’appels douloureux s’y font entendre ! On y amène des malades, des estropiés, des infirmes. Tous ne sont pas guéris, mais tous s’en reviennent réconfortés et consolés.

Une atmosphère de paix indicible environne ce petit mausolée et semble pénétrer suavement jusqu’au fond des cœurs endoloris. L’âme de la petite Nellie plane sur ce champ de repos et parait encore vivifier ce petit corps, instrument de souffrance et d’amour, autel précieux d’un très pur sacrifice, qui repose là et que la corruption n’a pas osé flétrir (1).

Les dimanches, l’affluence est plus grande, souvent énorme. Les tramways doublent parfois leurs voitures pour transporter les foules qui affluent à Sunday’s Well. « Ce que la petite Nellie nous donne d’ouvrage ! » s’écriait récemment un brave employé. C’est jusque tard dans la soirée que la procession continue et que la’ dévouée portière se multiplie pour satisfaire les fervents clients de la petite Nellie.

Une autre Sœur est elle-même uniquement employée à répondre aux nombreuses lettres qui viennent de l’Irlande surtout, mais on peut

(1) On sait qu’après un an de sépulture, le corps de la petite Nellie a été retrouvé intact et sans corruption.

dire de tous les pays du monde, remplies de demandes de prières, de remerciements et d’actions de grâces.

Chose touchante encore ! A l’autre extrémité de la ville, s’étend le beau cimetière de Saint-Joseph, vulgairement nommé Botanic Garden, où le corps de la petite Nellie reposa un an. Eh bien ! l’endroit de cette sépulture passagère est respecté, vénéré, visité assidûment. Les personnes qui ne peuvent facilement traverser la ville et gravir la colline de Sunday’s Well, se dirigent souvent de ce côté et vont prier sur cette terre qu’ils estiment sanctifiée par le séjour transitoire de la dépouille mortelle de l’angélique enfant. C’est un double pèlerinage. Là, comme au Bon-Pasteur, on prétend obtenir de grandes grâces et les ex-voto en témoignent. Les bonnes gens du peuple, en signe d’action de grâces, lleurissent les sombres cyprès environnants de petits rubans de diverses couleurs. C’est naïf de foi et charmant de simplicité.

Chaque matin, les journaux catholiques de l’Irlande, parfois même des feuilles protestantes, renferment des listes de faveurs spirituelles et temporelles attribuées à la petite Nellie (1). La voix du peuple, vox populi , ne serait-elle pas une fois de plus la voix de Dieu, vox Dei?...

Toute au « Dieu Saint », sa petite servante est toujours favorable à ceux qui recourent à elle avec confiance, et semble leur redire, du Paradis :

Le soir, quand la nuit tombe,

Parmi vous je descends.

Vous pleurez Sur ma tombe,

Vos larmes, je les sens ;

Caché parmi les pierres De ce funèbre lieu,

J’écoute vos prières Et je les porte à Dieu (2).

F. Bernard des Ronces.

(1) Des communications de ce genre nous arrivent contaminent à la Maison du Bon-Pasteur, 228, boulevard Père ire. Nous prions nos lecteurs de continuer à nous envoyer le récit -des grâces, obtenues par l’intercession de la Petite Violette du Saint-Sacrement.

(2) Mme DE Girardin : Extrait du Petit frère.

Le Signe de Croix de Champollion

L’illustre Champollion, qui a donné aux érudits la clef des hiéroglyphes d’Égypte, était un fervent chrétien. On cite de lui ce trait qui fera peut-être sourire quelques esprits forts, mais qui n’en est pas moins admirable.

Toutes les fois qu’il découvrait quelque précieux papyrus, il avait l’habitude de faire un signe de croix. C’était sa manière, et une manière bien chrétienne, de remercier Dieu, pour l’assistance qu’il en recevait dans ses travaux et ses découvertes.

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d’après un auteur du XVIIe sièele..

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