‹ Le Divin CrucifiéChapitre 7 sur 167 · JÉSUS SUR LA CROIX · texte numérisé non relu

JÉSUS SUR LA CROIX

Sgpggçpjl i and l’atroce opération du crucifiement eut été terminée, biSBj Jésus, cloué sur la croix, fait entendre tout de suite une & ypflPi parole de pardon pour ses ennemis, ses juges, ses bourftKill reaux. Il est une victime volontaire. A ses disciples il avait annoncé d’avance sa passion, sa mort ; aux pèlerins d’Emmaüs, il explique après sa résurrection, qu'il lui avait fallu endurer cette passion et cette mort. Mais pourquoi fallait-il que le Christ mourût pour satisfaire à la justice suprême ? Pourquoi la mort? Mystère de l’amour divin ! Jésus-Christ, le médiateur entre l'homme et Dieu, Jésus-Christ, le rédempteur de l’humanité coupable, ayant pris sur lui, par miséricorde, le péché de l’homme, dut subir, pour l’expier, le châtiment môme dû au péché, la mort, à laquelle l’homme avait été condamné par Dieu, sans quoi l’expiation n’eût pas été complète. Ses accusateurs, ses juges, ses bourreaux n’étaient que les exécuteurs de la rédemption : Jésus leur pardonne ; ils ne savaient ce qu’ils faisaient. Isaïe, prophétisant, avait dit de lui : « Il a intercédé pour les coupables. »

Le pardon divin couvre l’atroce supplice qui commence. Horriblement lacéré dans toutes les parties de son corps parla llagellation, le visage meurtri de coups, la tête ensanglantée par la calotte d’épines, les membres violemment étirés, avec quatre larges plaies aux pieds et aux mains, épuisé de fatigues et de souffrances, Jésus, les bras tendus en haut, pend douloureusement au gibet, exposé en plein soleil, sous le ciel bleu de Jérusalem.

Leur besogne terminée’ (il était environ midi), les quatre soldats qui avaient procédé au crucifiement, se mirent tout de suite à partager les vêtements de leur victime. D’après la loi romaine, les habits des condamnés appartenaient aux exécuteurs du supplice, comme des dépouilles d’héritage. Les soldats firent quatre lots de ceux de Jésus. Son costume était simple; il se composait d’une longue tunique de lin, par-dessus laquelle se mettait un manteau aux amples repris. La tunique était retenue à la taille par une ceinture de cuir. Un large foulard, serré sous le menton et flottant sur les épaules couvrait la tête ; les pieds nus étaient chaussés de sandales. C’est ce maigre butin que les soldats eurent à se partager. Le manteau juif était fait de quatre lés ; il n’y eut qu’à le découdre pour en faire quatre parts. Le foulard de tété,

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l’agrafe qui fixait» la tunique au cou, la ceinture, les sandales avec leurs courroies eh formèrent quatre autres. Quant à la tunique, qui était tissée tout d’une pièce et sans couture, comme on ne pouvait la partager sans la déchirer, les soldats la tirèrent au sort, avec quatre dés jetés dans un de leurs casques. Ainsi s’accomplit la prophétie du Psalmiste : « Ils se sont partagé mes habits; ils ont tiré au sort ma tunique. »

Le partage ne fut pas long. Les quatre soldats se postèrent ensuite de garde, assis par terre, au pied de la croix, pendant que le gros de la troupe, commandée par le centurion, contenait la foule à distance et surveillait ses mouvements. La foule restait immobile, regardant le patient. Cependant, les plus fanatiques ou les plus curieux des assistants pouvaient approcher d’assez près, soit pour invectiver la victime, soit pour lire l’inscription en trois langues, dictée par Pilate et placée dans la fourche de la croix, au-dessus de la tête du divin Supplicié.

Dans les allées et venues des complices ou des suppôts du Sanhédrin devant la croix, s’élevaient des clameurs, des imprécations. On entendait des sarcasmes, accompagnés d’un hochement de tête, en signe de mépris : « Va ! toi qui détruis le temple de Dieu et le réédifies en trois jours, sauve-toi toi-même ! Si tu es le Fils de Dieu, descends de la croix ! » Les soldats aussi l’insultaient ; ils s’approchaient de lui en lui tendant à boire et en lui disant par ironie : « Si tu es le roi des Juifs, délivre-toi donc* » Les membres du Sanhédrin avaient suivi leur victime jusqu’au calvaire. Groupés aux abords de la croix, les Chefs des prêtres, les Scribes, les Anciens du peuple, disaient entre eux en se moquant . « Il a sauvé les autres ; il ne peut pas se sauver lui-même ! S’il est le roi d’Israël, qu’il descende maintenant de la croix et nous croirons en lui ! Il s’est confié à Dieu : que Dieu, s’il le veut, le délivre, puisqu’il a dit : Je suis le Fils de Dieu ! »

Ces propos blasphématoires arrivaient aux oreilles de Jésus. Un des séditieux criminels, qui avaient été crucifiés avec lui à sa droite et à sa gauche, l’invectivait aussi. Dans l’exaspération de ses souffrances, il répétait avec les autres : « Si tu es le Christ, sauve-toi donc toi-même et sauve-nous avec toi ! » Mais l’autre, moins pervers et ému à l’aspect de ce doux martyr, dont la sublime attitude de divine victime devait donner au visage un secret et irrésistible rayonnement, répondait à son compagnon de supplice : « Et toi non plus, tu ne crains donc pas Dieu, quand tu subis la même condamnation que lui ! Pour nous, du moins, c’est justice, car nous n’avons que ce que nos forfaits nous ont mérité ; mais lui, il n’a rien fait de mal! » Et s’adressant à Jésus, il lui disait: « Seigneur, souvenez-vous de moi, quand vous serez arrivé dans votre royaume ! » Et Jésus, se tournant, autant qu’il

le pouvait, vers lui, avec un regard de pardon et d'amour, lui répondit : « En vérité, je te le dis, aujourd’hui même, tu seras avec moi dans le paradis. »

Cependant la foule se lassait de l’horrible spectacle ; les haines, les fureurs s’apaisaient, de fatigue; les rangs des spectateurs s’éclaircissaient un peu ; la consigne des soldats se relâchait aussi ; en même temps, le ciel commençait à s’obscurcir. C’est à ce moment, sans doute, que Marie, qui avait suivi le lugubre cortège et assisté de loin aux horribles apprêts du crucifiement, put s’approcher de la croix, conduite par Jean, le disciple chéri, et accompagnée par sa sœur, Marie, épouse de Cléophas, et Marie- Madeleine. A la vue de cette femme, accablée de douleurs, mais auguste dans sa démarche, qui s’avançait à travers les curieux, pour arriver jusqu’à la croix, un long murmure dut s’élever du milieu de la foule : « C’est la mère ! » On se rangea pour laisser passer le groupe : les soldats eux-mêmes s’écartèrent.

Et Marie arriva au pied de la croix. Debout, elle regardait son fils ; Jean se tenait près d’elle. Et Jésus, après avoir ouvert les yeux, ayant vu devant lui sa mère et le disciple qu’il affectionnait, dit à sa mère : « Femme, voici votre fils !» et à Jean : « Voici votre mère ! »

Femme! c’était là cette femme prophétiquement montrée au premier homme, dans le paradis terrestre, après sa faute, celle qui devait, un jour, engendrer son rédempteur et écraser la tête du démon tentateur. Elle était venue pour participer à la mort du sauveur et réparateur du genre humain, pour remplir sa fonction prédestinée de corédemptrice du monde. Elle était là, près de la croix, associée aux souffrances, aux douleurs de son divin Fils, offrant avec lui le même sacrifice à Dieu le Père, expiant en commun avec lui pour le péché de l’homme, et payant avec lui, par sa mort, la rançon du péché à la Justice souveraine. C’est la scène la plus sublime de l’histoire de l'humanité.

Mais en même temps que Jésus proclame en Marie la femme annoncée pour le salut du monde, il la donne pour mère à Jean, à l’humanité rachetée, et en l'établissant dans la maison de son disciple bien-aimé, qui représente ici le Collège apostolique, il l'établit dans son Église, pour qu’elle en soit la mère et la souveraine. Tel est le testament de Jésus.

Dans les trois heures de son martyre sur la croix, l’Agneau de Dieu ne cessa de s’offrir en victime à la Justice éternelle. D’instant en instant ses atroces souffrances redoublaient. Les affres de la mort s’ajoutaient aux tourments 11 fallait qu’il subît la peine dans toute son étendue, dans toute son horreur, avec toutes ses rigueurs et toutes ses terreurs. Mais afin que la défaite de la mort et du péché, dont elle était l’expiation, parut plus complète

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dans le sacrifice sanglant du Rédempteur, Dieu permit qu’elle fût accompagnée à la fois des tortures les plus atroces du corps et des épouvantes les plus terribles de l’âme. Jésus éprouva infiniment à la fois les unes et les autres. Au terme de cette épouvantable agonie, sur le point de défaillir tout entier, il poussa tout à coup le cri suprême de détresse, que le prophète David avait fait entendre d’avance pour lui : « Mon Père, mon Père, pourquoi m’avez-vous abandonné ? Deus Deus meus, ut quid dereliquisti me ? » Et, dans la langue araméenne que parlait Jésus, « Père » se disant « Eloï », avec un accent qui prêtait à la confusion, plusieurs des assistants, probablement les Chefs sacerdotaux et les Scribes, comprirent ou feignirent de comprendre qu’il avait dit Eli ; et alors, ils lancèrent, par dérision, ce propos dans la foule : « Voilà qu’il appelle Elie ! » Et d’autres, relevant le mot, ajoutèrent : « Attendons ; nous verrons bien si Elie viendra le délivrer ! »

Le Prophète Elie passait, chez les Juifs, pour devoir être le précurseur du Messie. C’est ainsi que les Chefs du Sacerdoce de Jérusalem, émus du bruit des prédications dé Jean Baptiste lui avaient envoyé une ambassade pour s’enquérir de lui s’il n'était pas Elie. D’autres avaient cru, aussi, plus tard, que Jésus pouvait être Elie. D’après le Talmud, Elie inspirait les Docteurs et assistait les hommes dans l’angoisse. Les ennemis du Christ avaient intérêt à accréditer l’équivoque. En faisant croire qu’il avait invoqué Elie, ils voulaient couvrir leur victime de confusion. Jésus, qui s’est dit le Messie, fait appel à son précurseur, pour qu’il vienne le délivrer : Elie ne viendra pas, se disaient-ils, et Jésus ne sera plus, pour tout le monde, qu’un mystificateur. C’était la dernière invention de la perfidie judaïque, pour couvrir la mort du divin Crucifié du mensonge et du ridicule. Après cela, en effet, Jésus ne devait plus paraître aux yeux du peuple, qui en croirait ses Prêtres, qu’un vulgaire charlatan, justement mis à mort pour ses blasphèmes et ses impostures.

Arthur Lotii.

Pensées des saints.

De même qu’en allumant un flambeau dans un édifice où règne l’obscurité et en le tenant élevé, on dissipe les ténèbres, de même, la croix dressée par le Christ a été un flambeau, dont la lumière a dissipé les profondes ténèbres dans lesquelles la terre entière était plongée.

Comme un flambeau matériel est consommé par la lumière, ainsi la Croix était consommée à son sommet par la Face resplendissante du Soleil de Justice, (Saint Jean Chrysostome : Homélie sur la Croix, t. IV.)

Ita Sainte-face de Notre-Seigneur Jésus-Christ

d’après le Saint-Suaire de Joseph d’ftrimathie vénéré à Turin

PSEMIÈHB PARTIE Le Suaire de Joseph d’Arimathie vénéré à Turin

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