AVRIL
LE DIVIJS1 CRUCIFIÉ
Revae de la Sainte-paee
SOMMAIRE
Pensée directrice pour le mois .......
La Passion de N.- S. J.-C. en action (suite et fin ) .
Un châtiment divin . .
La Sainte-Face de Notre-Seigneur Jésus-Christ d’après le Saint-Suaire de Joseph d’Arimathie
vénéré à Turin (suite) .
Une nouvelle brochure sur le Saint-Suaire . .
Marie et le Calvaire . ...
Le Crucifix de Mme Louise de France .
Les Saints crucifiés : le bon larron .
Saint Jean (poème) .
Savoir souffrir .
Fleurs du Calvaire .
Diffusion de la Revue « Le Divin Crucifié ». .
La Croix du pendu ( variété ) . . ... . . .
Arthur Loth.
Emmanuel Faure.
Charles Bihel.
.1. Hoppenot.
Emile Verhaeren.
Jean du Calvaire.
Eugène de Mirecourt.
page 91 ». 98
pensée directrice pour le mois
La Passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ
Au début de ce mois s’ ouvrira la Semaine Sainte que l'Église appelle aussi la grande Semaine, à cause des grands et ineffables Mystères qui s’y sont accomplis. Ces Mystères sont l’institution de l’ Eucharistie, la consommation du grand ouvrage de notre Rédemption par les Souffrances et la Mort de Jésus-Christ, enfin sa descente aux enfers et sa Sépulture.
L'Église s’occupe, en détail , dans les diverses parties de ses Offices , des humiliations et des souffrances de Jésus.
Unissons-nous intimement à elle, et adorons Jésus, dans les différentes circonstances de sa Passion , comme notre Victime , notre Sauveur et notre Modèle. Pleins de confiance dans les Mérites de son Sang , allons puiser à cette source féconde la grâce, la miséricorde et le salut.
Si nous considérons à quel prix nous avons été rachetés, que ne sommesnous point obligés de faire pour profiter d’un si grand bienfait! Que désormais donc notre vie soit plus austère et nos prières plus ferventes ; multiplions nos bonnes œuvres ; rendons-nous dignes en un mot du Bonheur éternel que nous devons à notre divin Rédempteur.
Nous rappelons aux dévots de la Sainte-Face qu’une indulgence plénière est accordée, au jour de leur communion pascale, à tous ceux qui auront médité un instant sur la Passion, devant l’Image de la Sainte- Face, chaque jour, du dimanche de la Passion au Samedi-Saint inclusivement.
En plus : Indulgence de 7 ans et 7 quarantaines, chacun des jours susdits.
La Passion de fl.-S. Jésus-Ghrist en action
l'ensevelissement DE JÉSUS
nN revenant du Prétoire de Pilate, après avoir obtenu du gouverneur la permission d'enlever le corps de Jésus mort sur la croix, Joseph d’Arimathie avait été, en toute hâte, informer Nicodème de l’autorisation qu’il avait obtenue et aussitôt les deux amis s’étaient mis en devoir de rendre les derniers devoirs au Maître, dont ils étaient les disciples secrets. Ils s’étaient partagés entre eux les achats et les frais en vue de la sépulture. Joseph avait couru acheter la layette du tombeau et il s’était rendu tout de suite au calvaire pour procéder à la déposition du corps. Nicodème s’était procuré les aromates nécessaires à l’embaumement, cent livres de mixture de myrrhe et d’aloès. Cette emplette avait dû prendre un peu plus de temps, car Nicodème ne paraît être arrivé au Calvaire que lorsque le corps du divin Maître avait déjà été descendu de la croix par les soins de Joseph, avec l’aide de serviteurs et probablement des soldats, restés de garde auprès des gibets des trois suppliciés.
Il arriva à temps avec ses parfums pour l’ensevelissement. Mais l’heure pressait.
Jésus avait rendu le dernier soupir à trois heures de l’aprèsmidi. Les faits survenus, les démarches accomplies depuis cet instant, avaient pris un assez long temps. Reprenons cette suite des choses : les prodiges qui accompagnèrent et suivirent la mort de l’Homme-Dieu ; la stupeur, la consternation générale dans la foule ; l’effarement des membres du Sanhédrin, grandsprêtres, scribes, anciens du peuple ; la convocation du Conseil, la délibération qui eut lieu pour l’enlèvement des corps des suppliciés, l’envoi d’une députation à Pilate; d’un autre côté, la démarche de Joseph d’Arimathie, qui ne vint qu’après les envoyés du Sanhédrin au palais du Gouverneur, sa requête à Pilate donnant lieu à un interrogatoire du centurion préposé à l’exécution du supplice ; l’avis donné par Joseph à Nicodème, à la sortie du Palais, l’achat du linceul et des aromates, l’apprêt des outils et objets nécessaires pour l’enlèvement du corps, le retour au Calvaire : cela suppose bien près de deux heures, pendant lesquelles Jésus resta exposé sur la croix, pieusement gardé par sa mère et les saintes femmes, par saint Jean et les fidèles disciples groupés autour de lui.
REVUE DE LA SAINTE-FACE
La déposition du corps ne put guère commencer que vers cinq heures, et, avec les difficultés qu’elle présentait, les pieuses et délicates précautions qu’elle exigeait, elle ne dura pas moins de vingt à trente minutes.
Les étoiles annonçant le commencement du Sabbat ne brillaient pas encore ; mais, à cette époque de l’année, le jour déclinait déjà ; la nuit n’allait pas tarder à venir, il fallait se hâter. Les Juifs comptaient les jours d’un coucher de soleil à l’autre, du soir au soir. On était à la fin de ce jour de la Parasceve , jour de vigile du Sabbat, où l’on préparait tout ce qui était nécessaire pour n’avoir à faire aucun travail, ni aucun achat le lendemain. Une petite heure restait à peine pour l’ensevelissement et la mise au tombeau de Jésus.
C’eût été une longue opération, si elle eût été accomplie avec tous les rites et tous les détails, que comportait le cérémonial juif.
Le corps du Christ était couvert de blessures par où le sang avait plus ou moins coulé. Il y avait eu des suintements, produits par ces plaies imparfaitement desséchées depuis le moment relativement récent où elles avaient été faites. Les caillots s’étaient formés et expulsaient le sérum, expulsion qui se produit, d’après les constatations des médecins, pendant vingt-quatre ou quarante-huit heures. Le corps était donc couvert de sérosités et devait demeurer en cet état un certain temps encore après sa mise dans le sépulcre. Il est certain, d’ailleurs, que les secousses, les inflexions inévitables imprimées au cadavre pendant la difficile opération de la descente de croix avaient dû déterminer de nouveaux suintements, de nouvelles sérosités, en dilatant certaines plaies, en en comprimant certaines autres. Ces accidents se reproduisirent, lorsque Joseph et Nicodème eurent transporté le cadavre du pied de la croix au caveau dans lequel il devait être déposé. Ce caveau, il est vrai, n’était pas loin. Joseph d’Arimathie possédait précisément, dans un jardin proche du calvaire, un lieu de sépulture aménagé dans le creux d’un rocher. C’est la proximité de ce tombeau qui décida, comme le marque l’évangéliste saint Jean, les deux disciples à y porter le corps de leur maître, car, observe-t-il, le jour de la Parasceve allait s’achever et les minutes étaient comptées. On ne pouvait aller chercher un autre tombeau ailleurs; celui-ci, du reste, n’avait pas encore servi et pouvait convenablement recevoir la dépouille mortelle de Celui à qui les deux fidèles amis voulaient rendre les derniers honneurs.
En raison de l’heure tardive, Joseph et Nicodème durent laisser le corps de Jésus dans l’état où il se trouvait. N’ayant pas le temps de le laver et de l’approprier avec tous les soins et toutes les précautions que la multiplicité des plaies eût exigés, et forcés, à cause
LE DIVIX CRUCIFIE
du Sabbat, de remettre l'opération au surlendemain, ils procédèrent sommairement à un ensevelissement provisoire, se bornant à y employer, selon l’usage juif, les aromates apportés par Nicodème.
Ne pouvant oindre le corps de parfums, avant de l’avoir lavé, ils enduisirent, à la hâte les linges mortuaires de la mixture de myrrhe et d’aloès qu’ils avaient à leur disposition. C’était autant par nécessité que par respect. Eussent-ils été plus pressés encore par le temps, ils devaient en agir ainsi. Ils comprenaient, en effet, qu’un linceul à l’état sec, enveloppant un cadavre dans les conditions où était celui du divin Crucifié, s’attacherait aux plaies en adhérant aux chairs tuméfiées et ferait bientôt corps avec elles en se desséchant. Et alors, quand il aurait fallu, le surlendemain, dépouiller le cadavre de son linceul pour procéder au lavage du corps et l’oindre, selon le rite juif, pour l’ensevelissement définitif, cet enlèvement d’un tissu très fin ne se serait pas fait sans un certain effort et aurait produit ou plutôt renouvelé certaines déchirures, là où il se serait trouvé adhérent avec elles. Le linceul imbibé de mixture d’huile devait empêcher ces accidents pénibles, en facilitant l’enlèvement par la matière grasse dont il avait été pénétré, et s’opposer à une adhérence trop étroite avec la peau par la dessication.
Le visage de Jésus fut, naturellement, l’objet des soins particuliers de Joseph et de Nicodème. Ils cherchèrent à atténuer, autant que possible, le contact enveloppant du linceul sur la face du Christ ; ils l’appuyèrent de chaque côté de la tête, sur des tampons de linge en forme de coussinets, de manière à ce qu’il ne touchât, et aussi délicatement que possible, que les parties saillantes du visage.
C’est bien intentionnellement que l'ample linceul dans lequel on coucha sur le dos le corp& sacré du Sauveur et que l’on rabattit ensuite par devant, au-dessus de la tête, fut étendu avec tant de précautions, afin surtout de préserver le visage. D’autres linges accessoires, garnis aussi d’aromates liquides, furent employés pour l’ensevelisssement. Le corps tout entier fut enveloppé, mais non ligoté de bandelettes, comme si tout eût été terminé. Et ainsi enfermé dans son linceul, les deux disciples le déposèrent respectueusement dans le tombeau et roulèrent une grosse pierre à l’entrée de la grotte sépulcrale pour la fermer.
Les pieuses suivantes de Jésus qui l’avaient accompagné au Calvaire, assistaient de près à l’ensevelissement. Elles virent comment les choses s’étaient passées et de quelle manière le corps du divin Maître avait été placé dans le tombeau, \ussi résolurent-elles de revenir, le surlendemain, pour terminer la sépulture en lavant et en oignant d’huile parfumée, selon le rite juif, le corps sacré.
REVUE DE LA SAINTE-FACE
Rentrées le soir, dans leur demeure, elles préparèrent leurs aromates ; puis elles passèrent le jour du sabbat dans le repos légal. Le lendemain, dès l’aube, elles étaient accourues à la grotte sépulcrale, avec les aromates qu'elles avaient préparées. Mais le tombeau était vide : le Christ était ressuscité. Sur le sol de la grotte, les linges accessoires de l’ensevelissement gisaient épars ; mais le linceul avait été soigneusement enrôulé a part, dans un coin.
C’est sur ce linge précieux que, dans la nuit du tombeau, s’était merveilleusement empreinte la divine effigie du Christ, par le concours des circonstances providentielles de l’ensevelissement qui ont permis aux savants de nos jours, en rendant compte scientifiquement de la manière dont avait pu s’opérer le phénomène de l’impression, d’affirmer l’authenticité du linceul du Christ et la vérité de la Sainte-Face de l'Homme-Dieu, si admirablement imprimée sur le tissu sacré.
Arthur Loin.
Un ehâtiment divin
Si le Crucifix est la consolation des justes, il est aussi la terreur des impies. De là, cette haine farouche de nos hideux francs-maçons. Hélas! depuis 20 ans surtout, que de calvaires, que de croix n’ont-ils pas abattus dans notre pauvre France! Que d’écoles même ont vu le Crucifix banni de leur enceinte ! Mais depuis 20 ans que de châtiments nous redisent : Ce n’est pas impunément que, souvent même ici bas, l’impie s’attaque au Signe auguste de notre rédemption.
Au début de cette guerre ignoble faite à la croix, un sectaire, échauffé par le vin, les mauvais journaux et les propos impies, dit un jour à l’un de ses compagnons d’impiété :
« — Donnez-moi le Crucifix que voilà; je vais le jeter dans le poêle. »
Et, s’emparant de cette croix, il tenta d’accomplir son sacrilège. Mais le poêle se trouva trop petit pour recevoir ce Crucifix; alors, en poussant des blasphèmes et en ricanant, ce forcené casse les jambes du Christ et fait entrer la croix dans le foyer.
Le lendemain matin, le misérable profanateur part pour son commerce. Or, le soir, comme il rentrait, il rencontre son ami de la veille et fait route avec lui. Mais soudain, en passant devant le calvaire de sa paroisse, l’insulteur se trouve mal et tombe à terre. L’ami le relève :
« — On me coupe les jambes! » crie-t-il.
Vainement cherche-t-on à le calmer, le malheureux souffrait horriblement. L’ami le traîne au village le plus proche pour le soigner. Mais c’est en vain. Le sacrilège moribond passa la nuit entière sans proférer d’autre parole que ce cri :
« On me coupe les jambes ! »
Et le lendemain soir, à l’heure même où il avait commis son crime, le misérable expira.
La Saints-faee de Noire-Seigneur Jésus-Ghrist
d’après le Saint-Suaire de Joseph d’flrimathie vénéré à Turin
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