ABONNEMENTS SACERDOTAUX GRATUITS
Nos abonnés ont pu lire quelquefois dans nos extraits decorrespondances : Autour de la Revue « Le Divin Crucifié », les regrets exprimés par quelques prêtres obligés, faute de ressources, de cesser leur abonnement à notre Revue que pourtant ils chérissaient de toute leur âme sacerdotale. Les courriers de ces derniers mois nous ont apporté, à ce sujet, de nouvelles lettres, qu’il nous a paru opportun de mettre sous les yeux de nos lecteurs.
T .. — « Obligé de restreindre mes abonnements par la nécessité de ces temps difficiles, j'ai le regret d’avoir à vous prier de ne pas m’envoyer votre belle Revue « Le Divin Crucifié », au moins pour cette année 1914. J’espère pouvoir reprendre l’année prochaine une lecture qui m’aiderait si bien à répandre le bon grain dans les âmes confiées à mon ministère... »
Troyes. — « Très heureux de recevoir jusqu’ici votre belle Revue « Le Divin Crucifié », je me vois cependant dans la nécessité de cesser mon abonnement pour le moment du moins, espérant des temps meilleurs qui me permettront de reprendre une lecture aussi virilement chrétienne, rédigée avec autant de soin que de bon goût... »
S .. — Mon abonnement finissant avec ce mois, je vous prie de vouloir bien ne pas me le renouveler. Ne voyez là qu'une nécessité et non un manque d’intérêt à votre œuvre à laquelle je reste fidèle. Je sais trop bien les fruits abondants que cette sainte et doctrinale lecture sait multiplier dans la vie des âmes pour ne m’en priver quà regret... »
Constantine. — « Mes faibles ressources ne me permettant plus de continuer mon abonnement à la Revue de la Sainte-Face, j’ai le regret de vous prier de vouloir bien ne plus me compter au nombre de vos abonnés... Croyez que c’est bien à contre-cœur et que votre belle Revue m’édifiait et me consolait dans mes épreuves... »
I R... — ■ Ce n’est pas sans un sentiment de joie pieuse que j’ai lu et médité les quelques numéros du « Divin Crucifié » qu’une bonne âme a daigné me faire parvenir. Ma consolation a été d’autant plus grande qu’elle m’a, rappelé les beaux jours de ma jeunesse, alors que de passage à Turin, j’eus le bonheur de célébrer la sainte messe à l’autel du Saint-Suaire. Avec quelle reconnaissance je recevrais une image de la Sainte-Face que vous répandez dans tout l’univers catholique et qui devrait être exposée dans toutes les églises du monde... Hélas! ma misérable condition ne me permet point de m'abonner à votre excellente Revue et de vous demander cette Image vénérable que je serais très heureux d’exposer dans mon église paroissiale plus pauvre, plus délabrée que l’étable de Bethléem. Quel bien et quel réconfort m’ont fait ces pages consolantes et bénies du « Divin Crucifié » qui m’ont appris à mieux souffrir... Avec quelle reconnaissance je continuerais de les recevoir !... »
L’amertume de ces regrets nous a vivement frappés et tout de suite nous avons fait des sacrifices pour envoyer à. des prêtres nécessiteux des abonnements gratuits au Divin Crucifié. Voici deux nouveaux extraits qui disent quel bonheur nous avons procuré à ces chers prêtres qui voujaienl nous lire et ne pouvaient pas s’abonner.
REVUE DE LA SAINTE-FACE
I. V... — « J’ai pris connaissance des numéros de la Revue « Le Divin Crucifié » que vous m’avez envoyés il y a quelques jours. Je regrette de ne pas l’avoir connue plus tôt pour répandre une doctrine aussi forte et aussi suave. Me trouvant malade et sans ressources,, je ne puis guère m’y abonner, mais c’est à regret que j'ai renoncé à une lecture si réconfortante et que j’aurais encore pu faire connaître aux personnes qui me visitent de temps en temps et aussi à quelques parents. Si un peu plus tard mes ressources me le permettent, je m’abonnerai avec joie à cette pieuse Revue... »
II. V... — « J’ai reçu votre gracieux envoi et vous remercie de tout cœur de
m’offrir de nouveau l’abonnement au « Divin Crucifié ». J'ai toujours beaucoup aimé ce qui favorise la piété. Je l’apprécie bien plus depuis que je suis malade. Je comprends plus que jamais que la maladie, la souffrance peuvent être une source de grâces et de mérites sans cesse croissants à mesure qu’on regarde le « Divin exemplaire » pour s’y conformer, et s’y conformer en l’aimant. C’est ce que m'a doucement rappelé votre belle Revue, qui est la •compagne de mes quotidiennes souffrances... » Abbé G.
I. Montlliçon. — « J’ai le regret de vous annoncer que , contrairement à mon vif désir, je ne pwis m’abonner à votre Revue du « Divin Crucifié. » Chargé d’une petite division apostolique en vue de former des élèves pour le sanctuaire, je ne puis distraire la moindre obole de notre mince budget. Tous nos élèves sont pauvres ; nous ne devons compter absolument que sur nos ressources personnelles bien restreintes, et surtout sur la grande Providence du bon Dieu. C’est bien à regret, je vous le répète, que j’abandonne une lecture d’une nature si intéressante et si fructueuse pour des âmes qu’il est nécessaire de former vigoureusement à l'esprit de prière et de sacrifice... »
II. Montluçon. — « Je suis bien en retard pour vous dire ma reconnaissance pour le titre de zélateur que vous avez bien voulu m'accorder. J’en suis heureux, et je ferai mon possible pour répandre l’image de la Sainte-Face.
Je vous remercie aussi d'avoir bien voulu tenir compte de la pauvreté de notre petite division apostolique, et de m’avoir abonné gratuitement au « Divin Crucifié ». Je vous promets que vos désirs seront satisfaits et que nos enfants prieront pour vos prêtres et pour vos œuvres. Je les habituerai de plus en plus à cette dévotion de réparation, toujours plus nécessaire puisque les péchés et les profanations se multiplient sans cesse. Combien le « Divin Crucifié » m’aidera à développer en eux l’esprit de sacrifice et un tendre amour pour Jésus dans sa Passion !... »
Nous n’avons pas pu, malheureusement, envoyer des abonnements gratuits à tous les prêtres nécessiteux qui l’auraient désiré : c’eût été pour nous une trop lourde charge. Mais il nous est très pénible de penser qu’il y a des prêtres qui voudraient lire et faire lire autour d’eux notre Revue et ne le peuvent pas faute de ressources.
N’y a-t-il pas un moyen de leur donner satifaction ? Oui, et c’est aux lecteurs du « Divin Crucifié » que nous faisons appel. ISous ouvrons parmi eux une souscription et nous leur demandons une obole, si modeste soit- elle, qui nous permettra de réunir les sommes nécessaires aux envois gratuits du « Divin Crucifié » à des prêtres pauvres.
Nous sommes assurés d’avance que tous voudront coopérer à cette œuvre excellente qui contribuera largement à la diffusion de la Revue et de la Sainte-Face dans les rangs du clergé, et, par lui, dans un plus grand nombre de paroisses pour la plus grande gloire de Dieu et le bien îles âmes.
IETE
lia Croix dü pendu (Suite et fin).
endant la perquisition, le monstre avait eu les yeux continuellement fixés sur moi. Sans doute il m’avait vu changer de couleur, car je me suis souvenu depuis qu’il avait parlé bas à l’oreille des gendarmes. J’aurais dù mettre quelqu’un de nos gens à sa piste pour m’assurer s’il retournait à la ville... Hélas! je n’y songeai pas dans le moment, tant j’avais hâte d’aller tirer mes chers prisonniers de la cachette humide où j’avais bien été forcé de les descendre. Je les fis sortir du puits; ils étaient transis de froid : encore un peu, Mademoiselle Catherine aurait perdu connaissance. Je les plaçai près d’un bon feu, pour ranimer leurs membres engourdis... C’était encore ici, Monsieur-, devant ce foyer. Là où vous êtes, j’avais assis notre vénérable doyen ; pendant que ma femme aidait Mademoiselle Catherine à se déshabiller pour se mettre au lit, car la pauvre enfant tremblait la fièvre... C’est égal : nous pleurions de joie, nous les croyions sauvés... mais Jean Brissac n’était pas retourné à la ville, ni les gendarmes non plus ; il les lit entrer chez sa mère qu’il n'avait pas vue depuis six mois, et la trouva priant Dieu. Aussitôt il la fit lever brutalement pour aller lui tirer à boire. Les gendarmes, tout mauvais chrétiens qu’ils étaient, en furent indignés.
« — Eh bien! ma mère, dit Jean, nous sommes à la chasse des suspects !... Nous venons de manquer le doyen et sa nièce; mais patience ! ils reviendront au poulailler et nous les pincerons tout à l’heure, car ils sont chez Baptiste, c’est sûr! je l’ai vu dans ses yeux...
« Allons, buvez, vous autres ! ça vous donnera du poignet pour mettre la main dessus.
« — Jean, lui disait sa mère en joignant les mains, vous ne ferez pas une pareille chose... Oh ! dites, vous n’irez pas chez Baptiste!
« — Bon! vous entendez, camarades?. Quand je vous le disais! j’ai le nez fin... Ah! nous n’irons pas chez Baptiste, vieille folle?...
« — Non !... vous n’irez pas, Jean, parce que votre mère vous en prie... à genoux, tenez, je suis à vos genoux! C’est M.le doyen qui vous a fait faire vo-tre première Communion, Jean ; c’est lui qui a veillé près du lit de mort de votre père, et qui lui a fermé les yeux... Oh! non, vous n’irez pas, c’est pour me faire peur !... Pourquoi es-tu comme cela pour ta vieille mère, méchant garçon? Tu sais pourtant que je t’ai toujours bien aimé ! Voyons, je ne veux pas te faire des reproches, puisque tu viens me rendre visite aujourd’hui... Jean, mon fils, il y avait bien longtemps que je t’avais vu : je craignais de mourir sans pouvoir te donner ma bénédiction.
« Les gendarmes détournaient la tête pour pleurer; mais Jean Brissac ne pleurait pas, lui !... Même il repoussa sa mère qui voulait Tembras-
■REVUE DE LA SAINTE-FACE
« — Encore un coup, mes braves! dit-il aux gendarmes, et sus à la besogne! ou les oiseaux pourraient bien être dénichés.
u — Mais c’est donc vrai, malheureux? tu vas pour les arrêter? demanda sa pauvre mère avec désespoir.
« - Et pas plus tard que demain, répondit Jean, le bourreau leur dira deux mots de ma part pour leur apprendre, l’une à faire la bégueule, et l’autre à me mettre à la porte de chez lui.
« — Monstre ! s’écria la vieille femme avec une énergie qu’elle n’avait jamais eue en parlant à son fils, tu ne sortiras d’ici qu’en passant sur mon corps !
<< — Nous y passerons, dit froidement le bandit.
Il se dirigeait vers la porte, mais sa mère se cramponnait à ses habits, et il fit de vains efforts pour lui faire lâcher prise. Ils sortirent, lui jurant comme un damné, elle le tenant toujours avec force, jusqu’à ce qu’ils fussent au pied de la Croix.
— Me lâcherez-vous! dit le furieux en grinçant les dents.
« — Non ! lui cria sa mère : tue-moi ! tue-moi... Mais ce crime, tu ne le commettras que lorsque je serai morte !
« — Vous l’avez voulu ! dit Jean Brissac d’une voix terrible.
« En même temps, il lui asséna un coup si violent, que la tête de la malheureuse alla rebondir contre l’angle de l’énorme pierre qui supporte la Croix.
« Le contre-coup renvoya la victime rouler aux pieds de l’assassin... Jean ne se donna pas la peine de relever ce qu’il ne croyait plus qu’un cadavre. »
— Oh! m’écriai-je, saisi d’horreur, un pareil monstre a-t-il réellement existé!
cc — Mon Dieu, oui Monsieur !
« Il vint frapper à la porte de cette chaumière, continua Jacques; et, comme on n’ouvrait pas assez vite, il la fit enfoncer par les gendarmes, Jugez du désespoir et de la douleur de mes parents ! Mademoiselle Catherine fut arrachée de son lit et garrottée par l’infâme, qui ne lui permit pas même de s’habiller. Mon père avait profité du premier moment de trouble pour se sauver, en emportant le vieux prêtre dans ses bras. Jean Brissac, avec deux gendarmes, se mit à leur poursuite... Hélas! le doyen ne pouvait pas marcher, et mon père, égaré par la frayeur, ne savait où diriger ses pas!... Ils furent atteints près de la Croix.
« Le jacobin terrassa mon père ; puis il saisit le prêtre par ses cheveux blancs et l’attacha avec sa nièce que les autres gendarmes venaient d’amener
« Mais la mesure était à son comble... Au moment où il insultait à ses victimes, sa mère, qu’il croyait morte, se releva toute sanglante et marcha droit à lui. Le mauvais fils, effrayé par cette apparition, voulut fuir : ce fut en vain... Dieu permit qu’il restât cloué pour ainsi dire à sa place.
« Il sentit deux mains chaudes de sang s’appuyer sur son front, et la dernière parole de la mourante fut pour lui dire : Je te maudis!
« Cette malédiction produisit son effet, Monsieur. Au bout de deux jours, le vieux doyen et Mademoiselle Catherine montaient sur l’échafaud; mais le ciel vengeait déjà leur mort... Le jacobin ne pouvait plus
effacer le sang qui couvrait son visage : tout le monde voyait les dix doigts de sa mère imprimés sur son front... et plus il s’efforçait de les faire disparaître, plus ils devenaient rouges et brûlants, car cette marque sanglante le brûlait au vif, comme le fer du bourreau.
« La rage le prit alors. îl mordait et voulait mettre en pièces tous
ceux qui l’approchaient. On essaya de l’enfermer, et il ne s’échappa que pour être conduit par la vengeance divine sur le lieu même de son crime.
« En reconnaissant l’endroit où il se trouvait, Jean Brissac fut saisi d’un redoublement de fureur. Il prit une torche et mit le feu aux bâtiments de la ferme. Voulant ensuite anéantir tout ce qui lui rappelait ses infamies, il attacha une corde aux bras de la Croix que son père avait élevée... Mais au moment où il tentait de l’abattre, la corde, par un miracle du bon Dieu, l’attira lui-même et s’entortilla comme un serpent autour de son cou. Le parricide poussait des cris affreux...; mais plus il se débattait, plus il sentait se serrer le nœud fatal, et, la corde se rétrécissant toujours, il fut enlevé de terre et se trouva pendu !
« Personne ne détacha son corps, et les corbeaux du ciel l’eurent bientôt dévoré. » Eugène de Mirecourt.
Le Gérant : E. Derenne.
“ ÜE DlVlfl CRUCIFIÉ ”
Organe de l’Œuvre de la diffusion de la Sainte-face
paraissant le 1er de chaque mois Abonnement : France, 3 francs; étranger,, 3 fr. 50.
SUJETS TRAITÉS : La Passion de Notre-Seigneur. — La Sainte-Face — La Sainte Vierge au Calvaire. — Les Saints de la Passion. — Doctrine — Piété'. — Le Saint-Suaire et la Sainte-Face Histoire — Archéologie Science — Art. — La diffusion de la Sainte-Face. — Mouvement de l'Œuvre — Les Zélateurs.
La dévotion à la Sainte-Face de Jésus, si spécialement encouragée par S. S. Pie X, et si universellement répandue à l’heure actuelle, se rattache directement à la douloureuse Passion du Sauveur et puise en elle un esprit de réparation et d’amour compatissant.
« Le Divin Crucifié », revue mensuelle publiée par les soins de la Maison du Bon- Pasteur, entretient ses lecteurs de la sainte Passion de Jésus-Christ sous le quadruple aspect théologique, historique, archéologique et ascétique. Il groupe autour du royal mystère de la Croix tous les enseignements qu’il s’efforce de vulgariser à travers le monde.
Organe de l’OEuvre de la diffusion de la Sainte-Face, ce périodique fait une large part à l’étude de la divine Image de l’auguste Victime du Calvaire, en l’éclairant des données de la Sainte Ecriture, de la doctrine des Pères et des Docteurs, des écrits des Saints et des méditations des maîtres de la vie spirituelle.
Il étudie aussi le Saint-Suaire de Turin et la Sainte-Face qui en a été détachée, au point de vue de l’histoire, de l’archéologie et de l’art. Des plumes autorisées fournissent ces intéressantes études, illustrées par des reproductions artistiques, qui les rendent plus saisissantes.
Mais parce que le Sacrifice du Calvaire a son prolongement nécessaire dans le Sacrifice de l’autel, et que la Croix se rattache inséparablement à l'Eucharistie, « Le Divin Crucifié », pour remplir intégralement son programme, fait ressortir dans le mystère eucharistique tout ce qui a trait à la Passion du Sauveur : doctrine, histoire, miracles, piété, etc.
De plus, comme Marie est, elle aussi, inséparablement unie aux mystères de Jésus, et qu’elle occupe une place considérable dans le mystère de sa Passion, « Le Divin Crucifié x>, en s’efforçant de promouvoir la dévotion envers Y Adclolorata, propose à ses lecteurs les exemples de vertus et les grandes leçons que Marie, du haut du Calvaire, a données aux chrétiens de tous les temps. Et, à la suite de la « Mère des Douleurs », il fait défiler cette armée magnifique des amants de la Passion, saints martyrs et confesseurs dont la vie constitue la plus belle page de l’humanité.
11 n’y a pas jusqu’aux événements contemporains et aux faits journaliers, dont l’importance et l’actualité sont d’un intérêt particulier pour l'Eglise, qui ne trouve place dans ces pages et dont on ne tire des considérations pratiques, en rapport avec l'esprit et le but de la Revue.
Cette Revue, en outre, tient ses lecteurs au courant de la vie de l’OEuvre de la Sainte -Face. Elle est le lien nalurel des Zélateurs avec le centre de l’OEuvre et des Zélateurs entre eux, tout autant que l’organe nécessaire de leur propagande.
Enfin, par son grand format, son beau papier et l’illustration en couleur de sa couverture, par tout son caractère artistique et sa bonne et sérieuse facture, cette Revue se place au rang des meilleures et achève de faire connaître dignement le Divin Martyr que nous révèle la Sainte- Face de Turin.