‹ Le divin, expériences et hypothèses: études psychologiquesChapitre 13 sur 119 · Juin 1902, p · texte numérisé non relu

Juin 1902, p

Voici de quels termes « se sert perpétuellement » une extatique stigmatisée « Madeleine » étudiée par le D' Pierre Janet :

« J'ai ressenti comme une joie intérieure qui s'est répandue jusque dans tout mon corps.,, l'air que je respire, la vue du ciel, le chant des oiseaux, tout m'a causé des jouissances inexprimables; j'ai vu des beautés inaccoutumées ; en marchant je me suis sentie soutenue et j'ai éprouvé dans l'air une véritable volupté. Vraiment la jouissance de l'homme est bien relative ; en sortant de mon sommeil, il m'est arrivé de trouver au pain et à l'eau une saveur délicieuse que celle des mets les plus recherchés ne peut procurer... J'ai des jouissances que, en dehors de Dieu, il est impossible de connaître. La terre devient pour moi le vestibule du ciel, mon cœur jouit à l'avance de la félicité qui lui est réservée... je voudrais communiquer majoie... mes impressions sont trop violentes et j'ai de la peine à comprimer mes transports de bonheur... J'étais loin de penser que les odeurs fussent aussi délicieuses, je ne trouve pas de mots pour exprimer le bonheur que j'ai ressenti en respirant les odeurs dé la salle... j'ai une jouissance sur la bouche et sur les lèvres qui me rassasie, je ne sens plus la faiblesse ni le besoin ; la douceur et l'enivrement sont continuels... »

(( Ce sentiment de béatitude au cours de certains états anormaux, observe le D' Janet, est loin de nous être tout à fait inconnu. Je me souviens d'une

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