‹ Le divin, expériences et hypothèses: études psychologiquesChapitre 16 sur 119 · Xll Béguines, ch. xiv · texte numérisé non relu

Xll Béguines, ch. xiv

L'important, c'est qu'elles nous fassent comprendre que le phénomène considéré peut rentrer dans la sphère des phénomènes qu'elles expliquent.

Mais en quoi le rêve mystique, le roman mystique nous semble-t-il d'ordre supérieur au roman d'amour terrestre ?

C'est que la soif de volupté spirituelle ne représente que l'un des aspects de la conscience mystique. « Cette tendance — remarquons que c'est Leuba qui parle — ne ferait pas à elle seule un mystique chrétien . Elle donnerait de simples jouisseurs, de ces amateurs de sensualité diffuse qui ont pris l'habitude de se servir d'images religieuses, de Dieu, de Jésus-Christ, de la Vierge, pour la satisfaction de leur passion. Pour composer cette étrange, extravagante, mais héroïque figure qui s'appelle un mystique chrétien, il faut ajouter l'hyperesthésie de la conscience morale. C'est ce second trait toujours présent qui lui donne droit à une place à part dans l'histoire de la formation de la conscience morale'. »

Et plus loin :

Les mystiques « ne sont pas des hédonistes. On nous accusera sans doute de faire du paradoxe. Comment, nous dira-t-on, ces gens si avides de jouissance, si sensuels dans leur amour platonique, ne seraient pas guidés par le plaisir, ne le recherche-

1. p. 14 de la Rev. Phil. de juillet 1902. — L' « ornement » des « noces spirituelles », c'est précisément la perfection morale que doit revêtir le mystique.

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