Ibidem ; p
et de nos émotioQS, dit Tétudiant en médecioe de Tobservation E.de M. Arréat, s'il ne vient s'y mêler ridée de Dieu, elles sont loin d'êlre religieuses \ » C'est là, en eiïet^ le sens habituel du terme, mais nous voilà en face de l'affirmalian si répandue : sans Dieu, pas de religion ; il est donc indispensable que isboèàs consultions l'expérience pour nous rendre compte si, oui ou non, Is. personnalité du Divin que l'on exprime habituellement par ce mot : Dieu, est postulée par la conscience religieuse.
§ 2. L'ACTIVITÉ RELIGIEUSE LST-ELLE EXPLIQUEE PAR L'AGTI- TITÉ INCONSCIENTE OU SUPPOSE-TELLE DES RAPPORTS PER- SONNELS AVEC UNE DIVINITÉ PERSONNELLE ?
La conviction qu'il n'est de religion réelle que s'il existe des rapports personnels avec un Dieu personnel ou des dieux personnels est tellement répandue qu'il n'est pas besoin de l'attester ici par des témoignages particuliers.
Tout l'intérêt est de savoir, par contre, s'il peut y avoir sentiment religieux sans croyance à la personnalité divine. Rien n'est plus assuré au point de vue de l'expérience.
Matthiew Arnold reconnaît, certes, un « non-moi », un « élément en dehors de nous et indépendant de nous )) que, très préoccuppé de ne pas brusquer les choses, il continue à nommer Dieu. Mais quelle
EXPÉRIENCES ET HYPOTHÈSES DES « ACTIFS » é87
définition donne-t-il de Dieu ? Ceile-ci : « le grand courant des tendan<res qui poussent toute chose à accomplir la loi de son être \ » la xc puissance éternelle, en dehors de nous, qui tend vers la justioe (cherche ia justice, travaille pour elle : ce makes i&c righteousness) » ^ Tendance n'est nullement synonyme de conscience personnelle; les adversaires de Matthiew Arnold ne s'y sont pas trompés.
Pour lui, Taffirmation que Dieu e§t « une cause première et personnelle, le gouverneur moral et intelligent du monde... dépasse' ce qui est vérifiable. Elle va beaucoup trop loin ; et s'il nous faut ici ce qui est vérifiable et ce que chacun doit reconnaître comme certain, il faut nous contenter d'un minimum^ ». Ce minimum, c'est laffirmation d'unes tendance», d'une (c loi » — non^'unepersonn^e.
Mais c'est, pour Matthiew Arnold, une loi cosmique *. Les observations qui suivent montreront les consciences contemporaines moins ambitieuses encore.
1. La crise religieuse^ p. 33 (F. Alcan). — En note : « On a objecté que, si cette façon de s'exprimer (Dieu) en personnifiant l'objet, est plus convenable, c'est qu'elle est scientifiquement plus exacte. La moindre réflexion nous fait reconnaître que cette objection est sans valeur. W^ordsworth appelle la terre la puissante mère des mortels, et les géographes l'appellent une sphère dont les pôles sont aplatis. Les termes de Wordsworth expriment mieux ce que sentent les hommes au sujet de la terre, mais ils ne sont pas cependent aussi exacts scien tifiquement que la définition des géographes. »
4. De même pour les Bouddhistes ; ils s'abstiennent de toute métaphysique, mais n'en ont pas moins une conception pratique du «mande et de certaines lois (les sankhâras, le karman) qui le gouvernent.