‹ Le divin Sauveur (volume 2)Chapitre 12 sur 65 · LE PÈRE ÉTERNEL CHARGE SON FILS DE LA DEÏTE UNIVERSELLE DES PECHEURS · texte numérisé non relu

LE PÈRE ÉTERNEL CHARGE SON FILS DE LA DEÏTE UNIVERSELLE DES PECHEURS

Jamais la justice de Dieu n'eût pu être apaisée par tous les sacrifices offerts par les hommes, y compris celui de leur vie. Le Père éternel, se proposant de les sauver malgré cette insuffisance, envoya son propre Fils sur la terre, afin qu'il y prît un corps humain et que, par le sacrifice de sa vie divine, il payât entièrement la dette des pécheurs et leur obtînt le salut. D'accord avec son divin Père, le Fils de Dieu consentit à se faire homme et à s'immoler pour nous. « Pour racheter l'esclave, écrit saint Bernard, le Père n'a pas épargné son Fils, et le Fils ne s'est point épargné lui-même (1). »

0 charité infinie de notre Dieu! D'une part, le Père éternel commande à Jésus-Christ d'expier tous nos péchés, selon cette parole du prophète Isaïe : Posuil Dominus in eo iniquitalem omnium riostrum (2). « Le Seigneur l'a chargé des iniquités de nous tous. » D'autre part, Jésus-Christ pour sauver les hommes en leur témoignant son amour extrême, s'oblige à payer en toute rigueur à la justice divine la dette de leurs péchés. Il assume donc, comme le dit saint Thomas, les plus grandes souflrances et les plus profondes humiliations qui se puissent concevoir (3). Aussi le prophète l'a-

(1) Ut servuni redimercï, nec Pater Filio, nec sibi Filins ipse pepercit. 'S. de Pass. D.)

j2j ïs,. 53, 6.

(3) Assumpsit dolorem in summo, Yltuperutionem in siimmo.

t-il appelé « l'Homme des douleurs et le plus méprisé d'entre les hommes. )> Despecium et novissimum virorum, virum dolorum (1). Quelle juste expression! en même temps que Jésus était martyrisé dans tous ses membres et dans tous ses sens, chacune des puissances de son âme était en proie aux plus cuisantes douleurs, car ses peines intérieures l'emportaient immensément sur ses souffrances extérieures. Le voilà donc tout sanglant, déchiré de la tête aux pieds, traité de séducteur, de magicien, d'insensé, abandonné même de ses amis, enfin persécuté et mourant sur un gibet comme le plus insigne des scélérats. — Et maintenant, nous demande ce bon Sauveur : comprendrez-vous ce quêtai fait pour vous (2)?

AFFECTIONS ET PRIÈRES

0 Dieu brûlant d'amour pour les hommes, que pouviez-vous dire et faire de plus pour me contraindre de vous aimer? Quel bien devait donc vous apporter mon amour? Je sais, à n'en pouvoir douter, tout ce que vous avez fait et souffert pour moi; et vous savez, hélas! que jusqu'ici je n'ai rien fait pour vous. Mon Jésus, aidez-moi à souffrir pour l'amour de vous avant que je meure. J'ai honte de paraître en votre présence, et je ne veux plus être, comme je l'ai été bien longtemps, ingrat envers vous. Pour moi, vous avez renoncé à toute satisfaction; pour vous, ô Jésus, pour votre amour, je renonce à tous les plaisirs des sens. Vous avez souffert pour moi tant de tour-

1) Is., 53, 3.

2) Scitis quid fecerim, vobis? {/o., 13, 12.)

ments; j'accppte de souffrir pour vous tout ce qu'il vous plaira de m'imposer, durant ma vie et à ma mort. Vous avez été abandonné; je consens à (Hre abandonné de tout le monde, pourvu que je ne sois pas abandonné de vous, ô mon unique et souverain bien. Vous avez été persécuté; je me soumets à toutes sortes de persécutions. Enfin, vous êtes mort pour moi; je veux mourir pour vous, ô mon Jésus, mon trésor, mon amour, mon tout. Je vous aime; mais donnez-moi plus d'amour.

Marie, ô ma Mère, vous qui êtes l'espérance et le refuge des pécheurs, aidez un pauvre pécheur qui désire se rendre agréable à Dieu; faites que j'aime mon Sauveur, que je l'aime sans mesure et sans fin.

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