‹ Le divin Sauveur (volume 2)Chapitre 24 sur 65 · JÉSUS EST MORT POUR NOUS ; NOUS NE DEVONS VIVRE QUE POUR LUI · texte numérisé non relu

JÉSUS EST MORT POUR NOUS ; NOUS NE DEVONS VIVRE QUE POUR LUI

En donnant le premier sa vie pour nous, dit saint Augustin, Jésus-Christ nous a constitués ses débiteurs, obligés de lui consacrer aussi noire vie. Puis le saint Docteur ajoute : Savez-vous ce qui vous est servi sur la Table du Seigneur? C'est le corps et le sang de Jésus-Christ. Que celui qui s'en approche soit donc disposé à le payer do retour (1). » Le saint veut dire que lorsque nous

(1) Debitores nos fi'cit, ([ui prinms oxhibuit. Mensa quîp sit, nostis; ibi est corpus et sanguis Cbristi ; qui accedit ad talcm mensaiu, pra^paret talia. iln Jo., tr. 47.)

nous approchons de la sainte Table pour communier, comme nous allons nous nourrir du corps et du sang- de Notre-Seigneur, nous devons par reconnaissance être prêts à donner, s'il le fallait, notre sang et notre vie pour sa gloire.

« La charité de Jésus-Christ nous presse, » dit l'Apôtre : Charitas Chrisii urget nos (1). Mais, que nous demande-t-elle si instamment? Qu'exige-telle de nous? Que nous l'aimions. « Le Calvaire est le mont des amants, » dit saint François de Sales. Il ajoute : « Voyons-le, ce divin Rédempteur, étendu sur la croix comme sur un bûcher d'amour, où il meurt tout consumé d'amour pour nous. Eh ! que ne nous jetons-nous en esprit sur lui, pour mourir sur la croix avec ce Dieu, qui pour l'amour de nous a bien voulu mourir! Je le tiendrai, devrions-nous dire et ne le quitterai jamais ; je mourrai avec lui, et je brûlerai dans les flammes de son amour ; un même feu consumera ce divin Créateur et sa chétive créature!... Mon Jésus est tout à moi et je suis tout à lui. Je vivrai et mourrai sur sa poitrine ; ni la vie ni la mort ne me sépareront jamais de lui (2). »

Pour nous porter à la reconnaissance envers notre Sauveur, saint Pierre nous rappelle que nous avons été rachetés de l'esclavage de l'enfer, non à prix d'or ou d'argent, mais au prix du précieux sang de Jésus-Christ, immolé pour nous comme un innocent agneau, sur l'autel de la croix (3). Grand sera donc le châtiment de ceux

(1) //, Cor., 5, 14.

(2) Am. da D., 1. VII, ch. viii.

(3) Scientes quod non corruptibilibus auro vel argento redempti estis..., sed pretioso sanguine, quasi Agni imniaculati Chrisii. (/, Pelr., 1, 18.)

qui auront répondu par l'ingratitude à un si grand bienfait.

AFFECTIONS ET PRIÈRES

Vous avez dit, ô mon Sauveur, que du haut de la croix vous attireriez à vous tous les cœurs : comment donc mon cœur a-t-il pu durant tant d'années errer loin de vous? Ah! la faute n'en est pas à vous! Combien de fois vous m'avez appelé à vous aimer, et j'ai fermé l'oreille à votre voix. Combien de fois, après m'avoir pardonné, vous m'avez charitablement averti, par les remords de ma conscience, de ne plus vous offenser et de revenir à vous; et moi je suis retourné au péché! 0 mon Jésus, ne m'envoyez pas en enfer; car en en-

Ièr, toutes ces grâces que vous m'avez octroyées, B devrais les maudire à jamais. Oui, toutes ces pâces, les lumières dont vous m'avez favorisé, 'OS touchantes inspirations, votre patience à me supporter, votre sang répandu pour mon salut, seraient pour moi en enfer le plus cruel de tous les tourments. Mais, en ce moment même, je vous entends m'appeler de nouveau et me dire avec bonté, comme si je ne vous avais jan>ais olï'ensé : Diliges Dominuin Dêum iuum ex ioto l'orde tuo (1). « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur. » Ainsi, vous m'ordonnez de vous aimer et de vous consacrer toutes les affections (le mon cœur. Quand môme vous ne me le comiiiunderiez pas, ô mon Jésus, après tant de preuves (le votre amour, pourrais-je vivre sans vous aimer? Je vous aime, mon souverain bien, je vous aime

(1) Matth., 22, :n.

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de tout mon cœur. Je vous aime parce que vous me l'ordonnez; je vous aime parce que vous méritez un amour infini; je vous aime, et mon seul désir est de vous aimer toujours ; ma seule crainte, c'est d'être séparé de vous et de vivre sans vous aimer. Ah! mon amour crucifié, ne soutirez pas que je cesse jamais de vous aimer. Rappelez-moi sans cesse la mort que vous avez endurée pour moi. Rappelez-moi l'extrême bonté que vous m'avez témoignée, et faites que ce souvenir m'enflamme d'un désir toujours plus ardent de vous aimer et de me sacrifier pour vous, victime d'amour immolée pour moi sur la croix.

0 Mère de Dieu et ma Mère, Marie, priez pour moi.

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