‹ Le divin Sauveur (volume 2)Chapitre 40 sur 65 · SOUFFRIR EN UNION AVEC JESUS-CHRIST ALLÈGE NOS PEINES · texte numérisé non relu

SOUFFRIR EN UNION AVEC JESUS-CHRIST ALLÈGE NOS PEINES

Durant toute notre vie, le lion infernal ne cessera de rôder autour de nous cherchant à nous dévorer. Pour résister à ses attaques, armons-nous, selon le conseil de saint Pierre, du souvenir de la Passion de Jésus-Christ. Christo igitur passo in carne, et vos eadem cogitatione armamini (1). En effet, dit

{\) I Petr., 4, J.

saint Thomas, le souvenir seul de la Passion du Sauveur est une puissante défense contre toutes les tentations de l'enfer (1). Et un autre auteur ajoute cette réflexion : Si Notre-Seigneur avait connu pour nous un autre moyen de salut préférable aux souffrances, il nous l'aurait sûrement indiqué; mais en marchant devant nous avec sa croix sur les épaules, il nous a montré que le meilleur moyen pour parvenir au salut, c'est de souffrir avec patience et résignation; et il a voulu nous en donner lui-même dans sa personne le plus parfait exemple.

« Considérez attentivement les afflictions et les souffrances de Jésus-Christ, dit saint Bernard, vous supporterez alors les vôtres avec moins de peine (2) ». Il ajoute : « Ayez souvent présentes à la mémoire les amertumes de la Passion du Sauveur; alors toutes vos tribulations vous seront légères (3) ». Sainte Delphine demandait un jour à son époux saint Elzéar comment il pouvait supporter si patiemment les persécutions auxquelles il était en butte. — « Quand on m'outrage, répondit ce vrai disciple de Jésus-Christ, je pense à mon Sauveur outragé sur la croix, et je ne perds pas de vue cette pensée jusqu'à ce que j'aie retrouvé le calme. »

Une âme reconnaissante envers Jésus crucifié se plaît dans les ignominies de la croix, bien loin (le les redouter. De fait, qui n'embrasserait joyeu-

(1) « Armamini, » quia memori.i passlonis contra tentationes munit et roborat.

(2) Videntes augustias Domini, leyius vestras portabitis. lin Cant. 5, 43.)

(:0 Quid non suave tibi esse poterit, cum tibi collegeri» omnos amaritudiues Domini? {De Divers., s. 22.)

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sèment les opprobres et les mauvais traitements, s'il considérait seulement ceux que Jésus souffrit au début de sa Passion, durant cette cruelle nuit, où, amené chez Caïphe, il fut accablé de coups de poing, de soufflets, de crachats, tourné en dérision comme un faux prophète par des gens qui vociféraient, après lui avoir bandé ses yeux : Christ! montre que tu esprophète^ devine qui t'a frappé (1).

AFFECTIONS ET PRIÈRES

Vous m'avez créé, ô mon Dieu; vous m'avez racheté; par le baptême vous m'avez fait chrétien; vous m'avez supporté quand j'étais en état de péché ; vous m'avez pardonné tant de fois, et au lieu de me punir vous m'avez comblé de grâces. Après cela, si je ne vous aime pas qui donc vous aimera? J'ai mérité de brûler éternellement dans le feu de l'enfer : faites, ô miséricorde infinie de mon Dieu, que je brûle, en cette vie et en l'autre durant toute l'éternité, du feu de votre amour. — 0 Incarnation, ô Rédemption, ô Passion de Jésus-Christ, ô Calvaire, O fouets, ô épines, ô clous, ô Croix, qui avez servi au supplice de mon Sauveur! 0 doux noms qui me rappelez l'amour dont Dieu m'a aimé, ne vous éloignez jamais de mon esprit ni de mon cœur; renouvelez-y le souvenir des peines que Jésus mon Rédempteur a bien voulu endurer pour moi. 0 plaies sacrées, soyez l'asile perpétuel de mon âme, l'heureux foyer où elle ne cessera de s'embraser du divin amour.

Mon bien-aimé Jésus, j'ai mérité l'enfer, j'ai

(\) Prophetiza nobis, Christe, qui est qui te percussit. {Matlh., 26,61.)

mérité d'être à jamais séparé de vous. Je ne refuse donc pas la peine du feu ni les autres peines de l'enfer, si vous me les infligez comme un juste châtiment de mes fautes; mais il y a une peine que je ne puis accepter : c'est celle de ne pouvoir plus vous aimer. Faites que je vous aime toujours et du reste faites de moi ce qu'il vous plaira. Il est juste que je souffre pour mes péchés, mais il est tout à fait injuste que je haïsse et que je maudisse celui qui m'a créé, qui m'a racheté, celui qui m'a tant aimé. La justice veut au contraire que je vous aime, ô mon Dieu; elle exige que je vous bénisse à jamais. Je vous bénis donc et je vous aime, ô Jésus mon amour; ainsi, j'espère vous aimer et vous bénir éternellement.

0 Marie, Mère de miséricorde, obtenez-moi le pardon de mes péchés et la grâce d'aimer beaucoup Jésus-Christ.

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