XL VII
LA PASSION DE JESUS-CHRIST FAIT NOTRE CON- SOLATION DANS TOUTES NOS PEINES.
Est-il pour nous dans cette vallée de larmes un consolateur comparable à Jésus crucifié? Quand le souvenir de nos péchés réveille les remords dans notre conscience, l'unique moyen d'en émousser la pointe, n'est-ce pas de nous rappeler que Jésus- Christ a daigné se livrer lui-môme à la mort pour expier nos fautes? Dans toutes les peines qui traversent notre vie, telles que persécutions, calomnies, humiliations, pertes de biens et d'honneur, qu'y a-t-il de plus propre â relever notre courage à nous inspirer patience et résignation, que la vue
de Jésus-Christ méprisé, calomnié, pauvre, mourant dépouillé même de ses vêtements et abandonné de tout le monde sur l'arbre ignominieux de la croix?
Dans les maladies, quelle consolation plus puissante que la vue de Jésus crucifié? Lorsque nous sommes malades, nous avons au moins un lit où nous reposer, tandis que Jésus, durant les trois heures de sa cruelle agonie, n'eut d'autre lit que le dur bois de la croix, à laquelle il était attaché par trois clous, ni d'autre oreiller où il pût appuyer sa tête fatiguée, que cette couronne d'épines qui continua de le tourmenter jusqu'à son dernier soupir. En outre, lorsque nous sommes malades, nous voyons autour de nous parents et amis, qui compatissent à nos souffrances et tâchent de nous soulager. Jésus, au contraire, mourut au milieu de ses ennemis, lesquels, même pendant son agonie et jusqu'à son dernier soupir, ne cessèrent de l'insulter et de le traiter comme un criminel et un séducteur. Assurément, rien n'est plus propre à consoler un malade dans ses peines, surtout s'il se trouvait abandonné, que la vue de Jésus crucifié. Oh ! alors, le plus doux soulagement pour ce pauvre malade, c'est bien d'unir ses peines à celles du divin Rédempteur.
Et dans les terribles angoisses de la dernière heure, quand l'homme, aux prises avec la mort, se voit assailli par l'enfer, par le souvenir de ses péchés, par la pensée du compte qu'il doit rendre au tribunal du Souverain Juge, l'unique consolation qu'il puisse goûter, c'est encore d'embrasser le crucifix en disant : Mon Dieu, mon Rédempteur, vous êtes mon amour et mon espérance !
AFFECTIONS ET PRIERES
0 Jésus, mon aimable Sauveur, mon amour, ma vie et mon tout, si je regarde votre corps sacré, je n'y vois que des plaies; si j'entre dans votre cœur désolé, je n'y trouve que des amertumes et des afflictions qui le réduisent à une cruelle agonie. 0 mon bon Maître, quel autre que vous, qui êtes la bonté infinie, pouvait tant souffrir et mourir pour une créature aussi misérable que moi? Mais, parce que vous êtes Dieu, vous aimez en Dieu, avec un amour auquel nul autre amour ne peut être comparé. — Et moi, mon bîen-aimé Rédempteur, à la vue de tant de peines que votre amour pour moi vous fit supporter durant toute votre vie, comment puis-je me plaindre des croix que vous m'envoyez pour mon bien? Soyez béni, de m'avoir racbeté avec tant d'amour et par tant de souffrances.
Pour m'encourager à souffrir les maux de cette vie, vous avez bien voulu prendre sur vous toutes nos misères. Ah! Seigneur, je vous en conjure, dans mes maladies, dans la privation des joies et de tous les biens de ce monde, dans les persécutions, dans les souffrances du corps et de l'âme, mais surtout dans les angoisses de ma dernière heure et de ma dernière lutte contre l'enfer, assistez-moi, rappelez-moi tout ce que vous avez souffert pour moi ; donnez-moi la force de tout souffrir pour votre amour et pour vous plaire.
0 Marie, priez pour moi, maintenant, priez toujours, et assistez-moi surtout au moment de ma mort.