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combien Jésus-Christ aime ceux qui pensent souvent à sa Passion, puisqu'il nous a laissé son corps et son sang dans le Sacrement deTautel, comme un souvenir perpétuel de ce qu'il a souffert pour nous.
AFFECTIONS ET PRIÈRES
0 Jésus, mon amour et mon unique trésor, les offenses dont je me suis rendu coupable envers vous me rendent indigne de vous aimer; mais par vos mérites, je vous prie de me rendre digne de votre amour. Je vous aime par-dessus toutes choses, et je me repens du fond de mon cœur de vous avoir autrefois méprisé et chassé de mon âme. Maintenant, je vous aime plus que moimême, je vous aime de tout mon cœur, ô bien infini; je vous aime, je vous aime, je vous aime : mon unique désir est de vous aimer parfaitement; ma seule crainte est de me voir privé de votre amour. De grâce, mon tendre Sauveur, faites-moi connaître quel grand bien vous êtes et quel amour vous m avez porté, pour m'obliger à vous aimer.
Ah! mon Dieu, ne permettez pas que je réponde encore à tant de bonté par mon ingratitude : je vous ai assez offensé, je ne veux plus me séparer de vous : tout ce qui me reste de vie, je veux l'employer à vous aimer et à vous plaire. Acceptez, ô Majesté infinie, le sacrifice que vous fait de luimême le pécheur le plus ingrat qui fut jamais sur la terre, mais qui maintenant s'offre et se consacre à vous sans aucune réserve; faites en moi, faites de moi tout ce qu'il vous plaît. Venez, ô feu dévorant^ ô amour divin, consumez en moi tout ce
qui est de moi et qui pourrait blesser votre regard très pur; faites qu'à l'avenir je sois entièrement à vous. Mon Jésus, mon amour, secourez-moi : aidez un pécheur qui désire vous aimer et être tout à vous.
0 Marie, mon espérance, votre divin Fils est toujours disposé à vous écouter : priez-le pour moi, et obtenez-moi la grâce de l'aimer parfaitement.
l'eucharistie est le don suprême et le
DERNIER EFFORT DE l'aMOUR DE JESUS- CHRIST POUR NOUS.
Sachant que son heure était venue, l'heure où il (/'■Dfiit passer de ce monde à son PèrCy Jésus, qui 'irtiit déjà beaucoup aimé les siens, les aima jusqu'à la fin. In finem dilexit eos (1). Ainsi parle Saint Jean. — Notre très aimant Rédempteur, Noyant donc arriver le temps où il devait quitter ce «nonde pour retourner à son Père, voulut, avant d'aller mourir pour notre salut, nous laisser la l)lus grande marque de son amour : il nous fit don du Très-Saint-Saciement.
Saint Bernardin de Sienne remarque très justement que les témoignages d'affection, donnés par une personne au moment de sa mort, restent plus profondément gravés dans notre mémoire et nous sont plus chers. — Les personnes du monde, avant de mourir, donnent î\ leurs parents et amis
(1) Scions Josns qui.i veiiit hora ojiis, ut trnnscat ox hoc mundo ail Patn'ni, cum dileilssct suos..., in lineni dilexit i'os. {./()., i;{. i.)
un meuble, un tableau, un portrait, quelque objet d'art. Mais vous, ù mon Jésus, au moment de quitter cette vallée de larmes, quel gage d'amour nous avez-vous laissé? Est-ce votre portrait, ou l'un de ces objets dont les partisans du monde font tant de cas? Non. Votre don ne fut rien moins que vous-même : votre corps, votre sang, votre âme, votre divinité, oui, tout vous-même sans aucune réserve. Il s'est donné à vous tout entier, dit saint Jean Chrysostome, il ne s'est rien réservé. « Totum tibi dédit, nihil sibi reliquit. »
Jésus-Christ en instituant l'Eucharistie a voulu, dit le Concile de Trente, épuiser pour ainsi dire tous les trésors de son cœur (i). C'est donc avec raison que l'Eucharistie est appelée par saint Thomas c< Gage d'amour », puisque l'amour seul a déterminé Jésus-Christ à nous y faire don de sa personne divine; « Sacrement d'amour », car si nous pouvions encore douter de son amour, nous en trouverions une preuve manifeste dans ce sacrement. Il semble qu'en l'instituant notre Rédempteur nous ait dit : Ames chéries, si jamais vous doutiez de mon amour, considérez ce Sacrement par lequel je me donne tout entier à vous; avec un tel gage, vous ne pouvez plus douter que je ne vous aime, et que je ne vous aime d'un amour infini.
AFFECTIONS ET PRIÈRES
0 Dieu d'amour, infiniment aimant et infiniment aimable, dites-moi, que pouvez-vous inventer encore pour gagner notre amour? N'était-ce donc
(1) Divitias di^ini sui erga liomincs amoris velut effiidit {Ses., 13, cap. 2.)
pas assez de vous faire homme et de vous assujettir à toutes les misères de notre nature ? Etait-ce donc trop peu de répandre pour nous tout votre sang au milieu des plus cruels tourments, et de mourir accablé de douleurs sur le bois ignominieux réservé aux plus grands scélérats? Vous avez encore voulu vous mettre sous les espèces du pain, pour devenir notre nourriture et vous unir tout entier à chacun de nous! dites-moi, que pouvezvous encore inventer pour vous faire aimer des hommes? Ah! quel malheur pour nous, si nous ne vous aimions pas en cette vie : ce serait nous priver de votre amour pour l'éternité! Mais alors, quels regrets amers, quels remords déchirants!
Mon Jésus! je ne veux pas continuer de vivre, je ne veux pas mourir sans vous aimer, sans vous aimer beaucoup. J'ai un très grand regret de vous avoir oifensé; je m'en repens, et je voudrais en mourir de douleur. Maintenant, je vous aime pardessus tous les biens, je vous aime plus que moimême et je vous consacre toutes mes affections. C'est de vous que je tiens ces dispositions : donnez-moi encore la force d'y persévérer. Mon Jésus, mon Jésus, je ne vous demande que vousmême. Maintenant que vous m'avez attiré à votre amour, je quitte tout, je renonce à tout et je m'attache à vous : vous seul me suffisez.
0 Mère de Dieu, ù Marie, priez Jésus pour moi ri rendez-moi saint.
l'eucharistie sacrement d'amour.
Notre-Seigneur Jésus Christ, voyant arrivée le moment où il devait remonter au ciel après avoir par sa mort accompli Tœuvre de notre rédempticb, ne voulut pas nous abandonner dans cette vallée de larmes. Il nous laissa dans le Sacrement de l'autel le dernier et le plus précieux gage de son amour. « Il aima ainsi les siens jusqu'à la fm, « nous dit Saint Jean. In finem dilexit eos (1). Plusieurs auteurs voient dans ces paroles de TApôtre bien-aimé Texpression de Famour à son plus haut degré. Dans ce sacrement, dit l'abbé Guerric, Jésus fit le dernier effort d'amour envers les hommes. Omnem vim amoris effudit amicisi^). Saint Bernard exprime la même pensée en appelant cet adorable Sacrement l'amour des amours : Amor amorum.
Par l'immensité de son amour^ dit saint Denis l'Aréopagite, Dieu s'est en quelque sorte mis hors de lui-même, puisqu'il a abaissé sa dignité jusqu'à se faire homme; que dis-je? jusqu'à se faire nourriture de l'homme. — Mais, Seigneur, un tel excès ne convenait pas à votre majesté? — Sans doute, répond saint Pierre Chrysologue; mais Tamour n'a point égard aux convenances, quand il veut se manifester et faire du bien à ceux qu'il aime; il n'écoute point la voix de la raison, il va où l'emporte son ardeur (3).
(1) Ju., 13, 1.
(2 Serm. de Ass. D.
(3) Amor ratione caret, et vadit ({uo ducitur, non qi debeat; {Serm. 147;)
Aussi, Sainte Madeleine de Pazzi disait-elle qu'une âme qui vient de communier peut s'écrier : Consummalum est. « Tout est consommé ! » C'est-à-dire : après qu'il s'est donné lui-même ;i moi dans la sainte communion, mon Dieu n'a plus rien à me donner. Cette même sainte interrogeant un jour une de ses novices lui dit : ma lille, à quoi avez-vous pensé après la communion? — A l'amour de Jésus, répondit la fervente novice. — Oui, reprit aussitôt la sainte, quand on pense à l'amour, il faut s'y arrêter : c'est une nécessité, de s'arrêter à l'amour. — Quand saint Philippe de Néri parlait de Jésus dans l'Eucharistie, il ne pouvait l'appeler que du nom d'amour; et quand on le lui apporta en viatique, il ne l'eut pas plus tôt aperçu qu'il s'écria : « Voici mon amour I donnez-moi mon amour î
AFFECTIONS ET PRIÈRES
0 Sauveur du monde, que prétendez-vous obtenir des hommes, en poussant la bonté jusqu'à leur donner pour aliment votre propre substance? Après le don de ce divin Sacrement, par quel autre don pouvez-vous encore solliciter notre amour? 0 Dieu plein d'amour pour les hommes, éclairez-moi, faites-moi connaître par quel excès (l<^ bonté vous vous êtes réduit à devenir ma nourriture dans la sainte communion. Puisque vous vous êtes donné tout entier à moi, il est juste qu'à mon tour je me donne à vous sans partage. Mon aimable Sauveur, permettez-moi de vous embrasser si élroitemcnl, (jue je ne puisse plus me séparer de vous: car je ne désire plus
d'autre bonheur que celui de vous aimer et de vous plaire. Ne permettez pas qu'aucune créature vienne dans mon cœur prendre place à côté de vous. Vous seul méritez de le posséder tout entier; c'est à vous seul que je le donne, sans aucune réserve.
Oui, mon Jésus, je me donne tout à vous; je vous aime par-dessus tous les biens et je désire m'unir à vous par la sainte communion, afin de vous aimer davantage. Venez donc, venez souvent dans mon âme, et prenez-en pleine et entière possession. Heureux si je pouvais, dans le transport de mon amour, vous dire en toute vérité avec saint Philippe de Néri vous recevant en viatique : a Voici mon amour! voici mon amour! donnezmoi mon amour! » Faites vous-même qu'il en soit ainsi, ô mon Jésus, pendant ma vie, au moment de ma mort et dans le ciel, pour l'éternité.
0 Marie, obtenez-moi un grand amour pour la sainte Eucharistie.
JÉSUS SE DONNE AUX HOMMES DANS l'eUCHA-
ristie au moment meme ou les hommes s'apprêtent a le faire mourir.
La divine Eucharistie est le don le plus grand, le plus précieux que Dieu ait pu faire aux hommes, il surpasse infiniment tout ce que notre esprit pouvait concevoir, dit saint Clément « Domun Iranscendcns omnem plcniludincm. » Saint Augustin ajoute qu'en nous faisant ce don. Dieu a vraiment épuisé sa toute-puissance aussi bien que
son amour infini, a Curn essel omnipolens, plus dare non poluit. »
D'autre part, Tapôtre saint Paul nou|s fait remarquer que Notre-Seigneur nous gratifia de ce don, institua l'adorable Sacrement de l'autel, la nuit même où il devait être livré à ses ennemis : in qua nocte iradebalur (1). Alors « il prit du pain, et ayant rendu grâces, il le rompit en disant : prenez et mangez, ceci est mon corps qui sera livré pour vous. » Accepit panem, et grattas agens fregit, et dixit : accipite et manducate ; hoc est corpus meum, quod pro vobis tradelur (2). Ce fut donc dans la nuit môme où les hommes étaient tout occupés de préparer à Jésus les plus cruels tourments et la mort, que ce tendre Sauveur pensa de son côté à se donner lui-même aux hommes dans le Saint- Sacrement. Ainsi leur révélait-il toute la grandeur de son amour. Loin de se refroidir en face de si cruelles injures, son amour éclatait en ce moment-là même plus vif et plus généreux que jamais.
Remarquons en outre le désir immense que le Sauveur eut toute sa vie de voir arriver la nuit, dans laquelle il avait résolu de nous laisser ce gage si précieux de son amour. Desiderio desideravi hoc pascha manducare vobiscwn (3) « J'ai ardemment désiré de manger cette pâque avec vous. » Telles furent ses paroles, au moment d'instituer la divine Eucharistie. Voilà bien la preuve de l'ardent désir qu'avait Jésus de se donner à nous dans la sainte communion, et de
(1) /. Cor., 11, 22.
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satisfaire ainsi l'amour qu il nous portait. Aujourd'hui encore, le cœur de ce bon Sauveur est tout embrasé du même désir en faveur de toutes les âmes dont il est aimé ; car il l'a promis, cet aimable Jésus : voici, dit-il, que je suis avec vous tous les jours jusqu'à la consommation des siècles. Ecce ego vobiscwn sum usque ad consummationem sœculi (Ij.
AFFECTIONS ET PRIÈRES
0 ami trop aimable, mon doux Jésus, vous avez donc épuisé votre toute puissance pour me prouver votre amour ! Pouviez- vous m'en fournir une preuve plus manifeste que ce divin Sacrement par, lequel vous vous donnez à nous tout entier, et avec tant d'ardeur? Il semble vraiment que vous ayez besoin de cette union pour consommer votre propre bonheur. C'est ce que vous fîtes entendre à sainte Mechtilde par ces paroles : « Les abeilles mettent moins d'empressement à se jeter sur les fleurs pour en sucer le miel, que je n'en mets à m'unir à ton âme chaque fois qu'elle me désire. » Bénie soit donc à jamais, ô mon Jésus, votre infinie bonté à notre égard! Attirez-moi tout à vous; faites que je vous aime désormais de tout mon cœur.
Qu'il suffise à d'autres de vous aimer d'un amour prédominant : vous vous en contentez ; mais moi, je ne serai satisfait que quand je vous aimerai, vous seul et de toutes mes forces, plus qu'un ami, plus qu'un frère, plus qu'un époux, plus que tout au monde. Où pourrais-je jamais trouver un ami,
(1) ilatlfi., 28. 20.
un frère, un père, un époux qui m'aime comme vous m'avez aimé, vous, mon Créateur, mon Rédempteur et mon Dieu? Non content de m'avoir sacrifié votre sang et votre vie, vous vous donnez encore tout entier à moi dans ce Sacrement d'amour. Je vous aime donc, ô mon Jésus; je vous aime de tout mon cœur; je vous aime plus que moi-même. Aidez-moi à vous aimer : c'est tout ce que je vous demande et c'est ce que j'espère.
Vierge sainte, o Marie, faites que j'éprouve toujours un grand désir de la sainte communion.