‹ Le divin Sauveur (volume 2)Chapitre 50 sur 65 · JESUS-CHRIST A INSTITUE LA SAINTE EUCHARISTIE · texte numérisé non relu

JESUS-CHRIST A INSTITUE LA SAINTE EUCHARISTIE

POUR s'unir a chacun de nous.

Qui manducat meam carnem et bibii meiim s(in- (jii'niem in me luanei, el ego in illo (1). « Celui qui mange ma chair et boit mon sang, dit Jésus, demeure en moi, et moi en lui. » — Saint Denis l'Aréopagite enseigne que l'amour tend toujours à l'union avec l'objet aimé; et comme la nourriture devient une môme chose avec celui qui la prend, Notre-Seigneur se fait notre nourriture, afin que, le recevant dans la sainte communion, nous devenions une môme chose avec lui. — u Prenez et mangez, a dit Jésus, ceci est mon corps. » Accipite et rnmedite; hoc est corpus meum (2). C'est comme s'il eût dit, remarque saint Jean Chrysostome : « 0 homme, viens me recevoir en nourriture, afin (]ue do loi et de moi il se fasse mne seule et môme

I) Jo., 6, 57.

^ MalUt., 20. 20.

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chose (1) ». Comme deux cires fondues ensembli' ne font plus qu'une seule cire, ainsi, remarque saint Cyrille d'Alexandrie, une âme qui communie s'unit si intimement à Jésus que Jésus vit en elle et qu'elle vit en Jésus. Vigo ego, jam non ego; vivit vero in me Christus. « Je vis ; ce n'est plus moi qui vis; c'est Jésus-Christ qui vit en moi. »

Saint François de Sales avait donc raison de s'écrier, en parlant de la sainte communion • « Non, le Sauveur ne peut être considéré en aucune action ni plus amoureuse ni plus tendre que celle-ci, en laquelle il s'anéantit, par manié i de dire, et se réduit en viande afin de pénétrer nos âmes et de s'unir intimement au cœur et au corps de ses fidèles (2). » Ce souverain Seigneur, sur qui les anges n'osent pas môme porter leurs regards, dit saint Jean Chrysostome, permet et même désire que nous nous unissions à lui, jusqu'à n'être plus avec lui qu'un seul corps et une même chair. Quel pasteur nourrit ses brebis de son propre sang? Les mères elles-mêmes confient leurs enfants à des nourrices étrangères; mais Jésus dans ce sacrement nous nourrit de son propre sang et nous unit à lui de la manière la plus intime qui se puisse imaginer (3). En un mot dit ailleurs le même saint Docteur, a Jésus se fait notre nourriture, afin que nous soyons une même chose avec lui : Voilà à quoi tend l'amour porté au suprême degré (4). »

(1) Me comede, ut siimma unio liai. {In l. Tim. hom. 15.)

(2) Inlrod.^ p. 2, chap. xxi.

(3) Ad pop. AnL, hom. 60.

(4) Semetipsum nobis inimiscuit, ut uiium quid sinius: ardenler eniiii aniantium hoc est. (Ad pop. Ant.. r-l.'

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AFFECTIONS ET PRIERES

0 Amour infini, digne d'un amour infini ! Quand vous aimcrai-je, mon Jésus, comme vous m'avez aimé? 0 aliment divin, ô Sacrement d'amour, quand m'attirerez-vous entièrement à vous? Sans doute, vous ne pouvez plus rien ajouter à vos bienfaits pour m'engager à vous aimer. Et moi, ô mon bon Maître, qu'ai-je fait jusqu'ici pour correspondre à votre désir? Je veux toujours commencer à vous aimer; toujours je vous le promets, et jamais je ne commence. Mais je ne veux plus qu'il en soit de môme à l'avenir. C'en est fait, je suis résolu de commencer dès aujourd'hui à vous aimer véritablement; prétez-moi votre assistance, fts'il le faut, contraignez mon âme rebelle. Éclairez-moi, enflammez-moi, détachez-moi de la terre et ne permettez-pas que je résiste plus longtemps à tous les efforts de votre amour.

Combien j'ai honte de moi-même au souvenir de ma conduite passée! Je pouvais vous posséder, vous le bien infini, aimable par-dessus tous les biens, vous, si plein de tendresse pour mon âme, et je me suis tourné vers des choses viles et passagères ; je m'y suis attaché et pour elles je vous ai abandonné ! Je m'en repens, o Jésus, et maintenant je vous aime de tout mon cœur. Je renonce à tout pour vous plaire, ù ma vie, mon amour et mon tout. Je veux m'unir souvent à vous dans votre sacrement d'amour, afin de me détacher de toutes choses créées et de n'aimer que vous seul. J'espère de votre bonté le secours nécessaire pour accoml)lir ma résolution.

0 Marie, obtenez-moi une grande ferveur pour la sainte communion.

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