‹ Le divin Sauveur (volume 2)Chapitre 53 sur 65 · CŒUR LIBÉRAL DE JESUS · texte numérisé non relu

CŒUR LIBÉRAL DE JESUS

C'est le propre des âmes tendres et compatissantes, de vouloir procurer le bonheur à tous, mais principalement aux plus pauvres et aux plus affligés. Or, où trouverons-nous un cœur plus aimant et plus charitable que le cœur de Jésus? Parce qu'il est la bonté infinie, Jésus a le plus extrême désir de nous communiquer ses richesses : Mecum sunt divitiœ..., ut ditem diligentes me (1). « J'ai des trésors, nous dit-il, pour enrichir ceux qui m'aiment. »

C'est à cette fin qu'i/ s'est fait pauvre, dit saint Paul, lui qui était infiniment riche : il a voulu nous enrichir par sa pauvreté {'i). C'est aussi à cette fin qu'il a voulu demeurer avec nous dans le Saint- Sacrement, où il se tient continuellement comme sur un trône, les mains pleines de grâces pour les répandre sur ceux qui viennent le visiter, ainsi qu'il le fit voir un jour au père Balthasar Alvarez. A cette môme fin il se donne tout à nous dans la sainte Communion, nous montrant par là qu'il ne saurait nous refuser aucun don, puisqu'il en vient jusqu'à se donner tout entier à nous.

Nous trouvons donc dans le Cœur de Jésus tous les biens et toutes les grâces que nous pourrions désirer. « En lui, dit saint Paul, vous avez été «*nrichis de tout bien, en sorte qu'aucune grâce ne vous fait défaut. » In omnibus divites facti estis in

n) Prov., 8, 18.

(2) Propter vos egenus factiis est, cum esset dives, ut

lus inopia vos divites esseiis. (//, Cor. y 8, 9.)

illo.,., ita ut nihil vobis desit in ulla gratia (i). Ne l'oublions donc pas, nous sommes redevables au cœur de Jésus de toutes les grâces que nous avons reçues, telles que la rédemption, la vocation à la foi, les lumières propres à éclairer notre route vers le ciel, le pardon de nos fautes, les secours pour résister aux tentations, la patience dans l'adversité. Lui-même nous le fait remarquer : sans son aide nous ne pouvons rien faire de bien. Sine me nihil potestis facere (2)

Si par le passé, nous dit le Seigneur, vous n'avez pas reçu plus de grâces, ne vous en prenez pas à moi, mais à vous-mêmes qui avez négligé de me les demander. Jusqu'à cette heure^ vous n'avez rien demandé^ nous dit-il, comme à ses apôtres : demandez donc, et vous recevrez (3). Petite et accipietis. Oh ! combien le Cœur de Jésus est riche et libéral envers ceux qui recourent à lui ! Oh ! quelles grandes miséricordes Jésus répand sur les âmes assidues à le prier ! Seigneur, disait David, vous êtes plein de bonté et de tendresse, vous êtes riche en miséricordes pour tous ceux qui vous invoquent (4). Recourons donc toujours à ce divin Cœur; demandons avec confiance, et nous obtiendrons sûrement tout ce que nous aurons sollicité.

(1) /, Cor., 1, 5.

(2J Je, 15, 5.

(3) Usque modo, non petistis quidqiiam..., petite et accipietis. [Jo., 16, 24.)

(4) Quoniam tu. Domine, suavis et mitis, et multae misericordiaî omnibus invocantibus te. [Ps., 85, 5.)

AFFECTIONS ET PRIERES

Ah î mon Jésus, vous n'avez pas refusé de me donner votre sang et votre vie, et moi je refuserais de vous donner mon pauvre cœur? Non, mcn cher Rédempteur, je vous l'offre et vous le donne tout entier. Je vous consacre toute ma volonté; daignez l'accepter et en disposer selon votre bon plaisir. Je n'ai rien, je ne puis rien; cependant j'ai un cœur que je tiens de vous et que personne ne peut me ravir; je puis perdre tous mes biens, mon sang et ma vie, mais nul ne peut me ravir mon cœur. Avec ce cœur je puis vous aimer; avec ce cœur je veux vous aimer. 0 mon Dieu, enseignez-moi le parfait oubli de moi-même ; enseignezmoi ce que je dois faire pour m'embraser de ce pur amour dont votre bonté m'inspire le désir. Je me sens déterminé à vous plaire; mais pour accomplir cette résolution, j'ai besoin de votre secours et je vous le demande.

0 Cœur aimant de Jésus, c'est à vous de faire que mon pauvre cœur soit tout à vous, après avoir été si ingrat et par sa faute privé de votre amour, laites que mon cœur brûle pour vous comme le vôtre brûle pour moi; faites que ma volonté soit entièrement unie à la vôtre, en sorte que je veuille uniquement ce que vous voulez, qu'à l'avenir votre volonté soit la règle de toutes mes actions, de toutes mes pensées, de tous mes désirs. J'en ai la confiance. Seigneur, vous ne me refuserez pas la grâce dont j'ai besoin pour exécuter la résolution que je prends aujourd'hui à vos pieds, de recevoir

en paix toutes les dispositions de votre providence à mon égard, pendant ma vie et à ma mort.

0 Marie, Vierge immaculée, que vous êtes heureuse, vous dont le cœur a toujours été parfaitement conforme au Cœur de Jésus! Je vous en prie, ô ma Mère, obtenez-moi la grâce de ne vouloir et de ne désirer désormais que ce que vous voulez, Jésus et vous.

7' Méditation CŒUR RECONNAISSANT DE JESUS.

Le Cœur de Jésus est tellement reconnaissant, qu'il ne laisse jamais la moindre action faite pour son amour, la moindre parole dite pour sa gloire, ni même aucun bon propos de lui plaire sans les récompenser. Lui-même affirme qu'il récompense au centuple : centuplum accipiet (1).

Lorsque les hommes croient devoir témoigner leur reconnaissance pour un bienfait reçu, ils le font une fois, pour se décharger, comme ils disent, de l'obligation qui pèse sur eux, et ils n'y pensent plus. Notre-Seigneur n'agit point ainsi envers nous : toute bonne œuvre que nous accomplissons pour son amour n'est pas seulement récompensée au centuple ici-bas; elle recevra encore une récompense infinie dans le ciel, à chaque instant de l'éternité. Quel sera donc l'indifférent qui ne ferait pas tout ce qui dépend de lui pour contenter ce divin Cœur, un Cœur si magnifique dans ses récompenses?

Mais, hélas! quel souci la plupart des hommes

(1) Malth., 19, 29.

ont-ils de plaire à Jésus-Christ? Que dis-je? comment peuvent-ils se montrer si ingrats envers ce Dieu qui les a rachetés? N'eût-il versé qu'une seule goutte de sang ou une seule larme pour notre salut, nous lui serions infiniment obligés, car cette goutte de sang, cette larme eût été devant Dieu d'un prix infini et capable de nous obtenir toute espèce de grâces. Mais Jésus a voulu nous consacrer tous les moments de sa vie; il nous a donné tous les mérites acquis par ses souflrances et humiliations; il nous a donné tout son sang et sa vie même. Nous lui avons donc des obligations infinies, obligations qui nous font un devoir de l'aimer sans mesure.

Et cependant, quelle est notre conduite à son égard? Nous sommes reconnaissants môme envers les animaux. Comment donc pouvons-nous être ' si ingrats envers Dieu? Ne serable-t-il pas que les bienfaits de Dieu changent de nature et deviennent de mauvais traitements? car, au lieu de les recevoir avec reconnaissance et amour, un si grand nombre n'y répondent que par des outrages et des mépris. — Seigneur, daignez éclairer ces ingrats; faites-leur connaître l'amour que vous leur portez.

AFFECTIONS ET PRIÈRES

0 mon bien-aimé Jésus! voici à vos pieds un ingrat. J'ai été reconnaissant envers les créatures ; n'est qu'envers vous que j'ai été ingrat, envers sdus qui (Hes mort pour moi et qui avez épuisé tous les moyens pour m'obliger à vous aimer. Ce qui me console et m'encourage, o mon Sauveur, r'»^st que j'ai alîaire à un Cœur d'une bonté et

d'une miséricorde infinies, qui a promis d'oublier toutes les offenses du pécheur dès qu'il se repent et qu'il vous aime. Mon cher Jésus, par le passé je vous ai offensé, je vous ai méprisé ; mais à présent je vous aime par-dessus tous les biens, je vous aime plus que moi-même. Dites-moi ce que vous voulez de moi; avec le secours de votre grâce je suis prêt à faire tout ce qui vous plaît.

Je crois fermement que vous m'avez créé, que vous avez donné votre sang et votre vie pour mon amour; je crois aussi que pour moi vous demeurez sur la terre dans le Saint-Sacrement. Je vous en remercie, ô mon Amour, et je vous prie de ne pas permettre qu'à tant de bienfaits et de preuves de votre amour je réponde encore par l'ingratitude. Liez-moi, attachez-moi fortement à votre Cœur, afin qu'il ne m'arrive plus jamais de vous causer la moindre peine, le moindre déplaisir. Ah ! je vous ai assez offensé, mon Jésus; maintenant je veux vous aimer. Que ne puis-je recouvrer les années que j'ai perdues ! Hélas ! non, elles ne reviendront pas et il me reste peu de temps à vivre; mais quel qu'il soit, je veux l'employer tout entier à vous aimer, ô Bien suprême, qui méritez un amour infini. C'est sans mesure et sans fin que je veux vous aimer.

0 Marie, ma Mère, ne permettez pas que je sois encore ingrat envers votre divin Fils ; priez Jésus pour moi.

H^ Méditation

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