‹ Le divin SauveurChapitre 10 sur 103 · GRANDEUR DU MYSTERE DE L'INCARNATION · texte numérisé non relu

GRANDEUR DU MYSTERE DE L'INCARNATION

Et Verbum caro factum est (l).

<« Et le Verbe s'est fait chair. »

Le Seigneur envoya saint Augustin graver sur le cœur de sainte Madeleine de Pazzi ces mots : Verbum caro factum est. Demandons à l'Esprit- Saint qu'il daigne aussi nous éclairer, et nous

\l)Jo., 1, 14.

faire comprendre par quel excès, par quel prodige d'amour le Verbe éternel, le Fils de Dieu, s'est fait homme pour notre salut.

La sainte Église, dans l'office de la Circoncision, exprime ainsi l'étonnement que lui cause un si grand mystère : Consideravi opéra tua et expavi « J'ai considéré vos œuvres, Seigneur, et j'en ai été muet d'étonnement. » Si Dieu avait créé mille autres mondes, tous plus grands et plus beaux que le nôtre, il est certain que toutes ces merveilles seraient infiniment moindres que l'Incarna- ( ion du Verbe. Fecit potentiam in brachio suo (1). « C'est par là, dit saint Luc, que Dieu a montré la puissance de son bras. » Dans l'œuvre de l'Incarnation, en effet, il a fallu la toute-puissance et la sagesse infinie d'un Dieu pour que la nature humaine s'unît aune personne divine, et qu'une personne divine s'abaissât jusqu'à prendre la nature humaine. Ainsi Dieu devint homme et l'homme devint Dieu. Dès lors, la divinité du Verbe étant unie à l'âme et au corps de Jésus- Christ, toutes les actions de cet Homme-Dieu furent divines : divines ses prières, divines ses souffrances, divins ses vagissements; ses larmes divines, ses pas divins; divins tous les membres de son corps, divin aussi le sang dont il voulait faire un bain de salut pour nous purifier de tous nos péchés, un sacrifice d'une valeur infinie pour apaiser la justice de Dieu irritée contre les pécheurs. — Et ces pécheurs, que sonl-ils donc devant Dieu? — De misérables créatures, «les in-

(1) Luc, 1, 51.

— fi —

râbles qu'un Dieu se fait homme, s'assujettit aux misères humaines, qu'il souffre et qu'il meurt : Humiliavit semetipsum, factus obediens usque ad mortem (1).

0 sainte foi! si tu ne nous l'assurais, qui pourrait jamais croire qu'un Dieu, la Majesté infinie, se soit abaissé jusqu'à devenir ver de terre, comme nous, pour nous sauver au prix de tant de souffrances et d'humiliations, au prix d'une mort si cruelle et si ignominieuse?

AFFECTIONS ET PRIÈRES

Ame bénie de mon Jésus, ô corps, ô sang de mon Sauveur, je vous adore et je vous remercie. Vous êtes mon espérance, puisque vous êtes le prix offert à la divine justice, pour me racheter de l'enfer que j'ai tant de fois mérité. Ah! quel sort affreux, quel désespoir seraient mon partage dans l'éternité, si vous n'aviez pensé, ô mon Dieu, à me sauver par vos souffrances et votre mort! Mais comment des âmes, qui se savent rachetées par vous avec tant d'amour, peuvent-elles vivre sans vous aimer, méprisant même cette grâce que vous leur avez procurée au prix de tant de peines? Ingrat, je savais ce que mon âme vous a coûté, cependant j'ai osé si souvent vous offenser I Je reconnais, ô mon Sauveur, la grandeur de mes torts envers vous. Oh! que ne suis-je mort mille fois plutôt que de m'en rendre coupable! que ne vous ai-je toujours aimé!

Je vous remercie du temps que vous me donnez encore pour vous aimer. Votre sang est mon

(1) Phil.} 2, 8.

espérance; j'espère, par le mérite de ce sang divin, employer le reste de ma vie et toute l'éternité à vous remercier de vos miséricordes. Par votre grâce, j'éprouve une grande douleur de mes péchés, je sens en moi un vif désir de vous aimer; je me sens fermement résolu à tout perdre plutôt que de perdre votre amitié; je me sens pour vous un amour qui me fait détester tout ce qui vous déplaît. Cette douleur, ce désir, cette résolution, cet amour, d'où me viennent-ils? C'est vous, Seigneur, qui me les donnez, dans votre miséricorde; et ce m'est un signe que vous m'avez pardonné, un signe que vous m'aimez, que vous voulez mon salut à tout prix. Vous voulez me voir sauvé, et moi, je veux me sauver; je le veux surtout pour vous plaire. Vous m'aimez et je vous aime; mais je vous aime trop peu : donnez-moi plus d'amour.

Très sainte Vierge Marie, faites par votre intercession que l'amour de Jésus consume et détruise en moi toute affection qui ne serait pas pour Dieu.

1" Mardi

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