‹ Le divin SauveurChapitre 9 sur 103 · AVENT · texte numérisé non relu

AVENT

1er Dimanche

BONTÉ DE DIEU DANS l' ŒUVRE DE LA RÉDEMPTION.

Et incarnalus est de Spiritu Sancto... El homo factus est {{).

« Il s'est incarné, par la vertu du Saint-Esprit, et il s'est fait homme. *

Considérons que Dieu avait créé le premier homme pour en être servi et aimé sur la terre, pour le faire ensuite régner éternellement avec lui dans le ciel. A cette fin il l'avait enrichi de ses lumières et de ses grâces. Mais qu'arriva-t-il? L'homme ingrat se révolta contre Dieu en lui refusant l'obéissance à laquelle cependant l'obligeaient la justice et la reconnaissance. En punition de sa révolte, l'infortuné, entraînant dans son malheur tous ses descendants, fut privé de la grâce de Dieu et à jamais exclu du Paradis. Voilà donc, par suite de ce péché, tous les hommes perdus. Plongés dans les plus épaisses ténèbres, ils étaient comme ensevelis dans l'ombre de la mort. Le démon en avait fait ses esclaves, et il

(l) Sym. de Conslanlinopte.

les entraînait successivement dans les abîmes de l'enfer.

A la vue de cet état lamentable auquel était réduit le genre humain tout entier, Dieu fut touché de compassion,, et il résolut de le sauver. À quel moyen aura-t-il recours? Il pouvait sauver les hommes par le ministère d'un ange, d'un séraphin; mais non : pour manifester l'amour immense qu'il porte à ces vers de terre, à ces ingrats, il enverra son propre Fils se faire homme, se revêtir de la chair des pécheurs. Deus Filium suum mittens in similitudinem car nia peccati (1). Par ses souffrances et par sa mort, le Verbe incarné offrira une digne satisfaction à la divine justice pour les péchés des hommes, il les délivrera ainsi de la mort éternelle, et, les réconciliant avec son Père, il leur obtiendra la divine grâce, les rendra dignes d'entrer dans le ciel.

Considérons ici, d'une part, les maux extrêmes où le péché précipite l'âme : il la prive en effet de l'amitié de Dieu et du Paradis, en même temps qu'il la condamne à une éternité de peines. D'autre part, considérons l'amour infini que Dieu nous a témoigné dans ce grand œuvre de l'Incarnation du Verbe. Il viendra donc, ce Fils unique de Dieu, il viendra sacrifier sa vie divine par la main des bourreaux; il mourra sur une croix dans un abîme de douleurs et d'ignominies, pour nous obtenir le pardon et le salut éternel. A la vue de ce sublime mystère, de cet excès de l'amour de Dieu, chacun de nous devrait-il faire

(1) Rom. 8. 3.

autre chose que de s'écrier : 0 Bonté infinie! ô Miséricorde infinie! ô Amour infini! un Dieu s'est fait homme afin de mourir pour moi !

AFFECTIONS ET PRIÈRES

Comment est-il possible, ô mon Jésus, que cette affreuse ruine, causée par le péché et réparée par votre mort, je l'aie tant de fois et volontairement renouvelée, par les outrages dont je me suis rendu coupable envers vous? Il vous en a tant coûté pour me sauver, et moi j'ai si souvent voulu me perdre en vous perdant, vous le Bien infini! Une chose pourtant ranime ma confiance.

Vous avez promis d'ouvrir toujours vos bras au pécheur qui revient de ses égarements et se jette humblement à vos pieds : Convertimini'ad me... et ego convertar advos (1). Vous avez dit que vous entrerez volontiers dans le cœur de quiconque vous en ouvrira la porte. Si quis aperuerit mihi januam, intrabo ad illum (2). Me voici, Seigneur, je suis un de ces rebelles, un ingrat, un traître, qui vous a bien des fois chassé de son âme et qui s'est éloigné de vous; mais aujourd'hui je me repens de tout mon cœur de vous avoir outragé, d'avoir méprisé votre grâce. Je m'en repens, et je vous aime par-dessus toutes choses. Voyez, mon Jésus, la porte de mon cœur est ouverte; entrez-y donc, mais entrez-y pour uVn plus sortir.

Je le sais, vous ne vous éloignez jamais, si l'on ne vous chasse; mais c'est précisément ce que je crains ; aussi, la grâce que je vous demande et que

î Zach.t i. 3.

(2) Apoc, 3, 2U.

j'espère vous demander toujours, c'est de mourir avant de me rendre encore coupable envers vous d'une telle ingratitude. Mon cher Rédempteur, les offenses que je vous ai faites m'ont rendu indigne de vous aimer; mais je vous en supplie, par vos mérites, accordez-moi le don de votre saint amour. Faites-moi connaître quel grand bien vous êtes, quel amour vous m'avez porté, et tout ce que vous avez fait pour m'obliger à vous aimer. Ah ! mon Dieu et mon Sauveur, ne permettez pas que je me montre encore ingrat envers vous, qui êtes si bon pour moi. Je ne veux plus vous quitter, mon Jésus. Je ne vous ai déjà que trop offensé; il est bien juste que j'emploie le reste de ma vie à vous aimer et à vous plaire. Mon Jésus, mon Jésus, aidez-moi, aidez un pécheur qui veut vous aimer. 0 Marie, ma Mère, vous avez tout pouvoir auprès de Jésus, puisque vous êtes sa Mère; diteslui qu'il me pardonne; dites-lui qu'il m'attache inséparablement à lui par les chaînes du saint amour. Vous êtes mon espérance, je me confie en vous.

1er Lundi

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