‹ Le divin SauveurChapitre 15 sur 103 · DIEU ENVOIE SON FILS A LA MORT, POUR NOUS RENDRE LA VIE · texte numérisé non relu

DIEU ENVOIE SON FILS A LA MORT, POUR NOUS RENDRE LA VIE

Convivi/îcavil nos Dcus in ChrisLo (1).

« Dieu nous a rendu la vie par Jésus-Christ. »

Considérons que la mort de rame, c'est le péché, puisque cet ennemi de Dieu nous enlève la grâce qui est la vie de notre âme. Par suite de nos maudits péchés, nous étions tous morts et condamnés à l'enfer; mais Dieu, mû par son amour immense pour nos âmes, a bien voulu ÛOUS rappeler à la vie. Pour cela, qu'a-t-il l'ait? Il envoya sur terre son Fils unique dont la mort nous rendit la vie.

L'Apôtre a donc raison d'appeler cette oeuvre divine nu excès d'amour : Nimiam charitatem; car

jamais l'homme n'aurait pu espérer d'être rendu à la vie, si, comme le dit encore saint Paul, Dieu n'eût de toute éternité trouvé ce mode de rédemption : sEterna redemptione inventa (1). Quel excès d'amour! Tous les hommes étaient morts parle péché, nul sur terre ne pouvait porter remède à un si grand désastre; mais le Fils de Dieu, mû par les entrailles de sa miséricorde, est venu du ciel pour nous rendre la vie. C'est donc à juste titre que l'Apôtre appelle Jésus-Christ notre Vie.

Le Verbe Rédempteur est en effet descendu clans ce monde; il s'est revêtu de notre chair, il s'est fait homme comme nous; lui-même nous en dit le motif : Ut vitam habeant, et abundantius habeant (2). « Pour que les hommes aient la vie, et qu'ils l'aient même plus abondante qu'avant le péché, » il est venu se soumettre à la mort pour nous communiquer la vie. Après cela, n'est-il pas juste que nous vivions uniquement pour ce Dieu qui a daigné mourir pour nous ? Le Christ est mort, dit saint Paul, afin que ceux qui vivent ne vivent plus pour eux-mêmes, mais pour Celui qui est moti pour eux (3). N'est-il pas juste que Jésus-Christ soit l'unique Maître de nos cœurs, lui qui a donné son sang et sa vie pour les conquérir? Le Christ est mort, et il est ressuscité, dit encore l'Apôtre, afin de régner sur les morts et sur les vivants (t). Ne serait-il pas bien ingrat et bien malheureux, le chrétien qui, sachant qu'un Dieu est mort pour

(l) lleb., 9, 12.

2) .lo., 10, lu.

(3) Mortuus est Christus, ut, et qui vivunt, jam non sibi vivant, sed ei qui pro ipsis mortuus est. (//, Cor., 5, 15.)

(4) In hoc enim Christus mortuus est, et resurrexit, ut et mortuorum et vivorum dominetur. {Ho m., 14., 9.)

obtenir son amour, refuserait de l'aimer, et briserait avec lui, pour se faire l'esclave de l'enfer?

AFFECTIONS ET PRIERES

Ainsi, ô mon Jésus, si vous n'aviez accepté et souffert la mort pour moi, je serais enseveli dans la mort du péché, sans espérance de me sauver ni de pouvoir jamais plus vous aimer. Votre trépas m'a rendu la vie; mais ensuite que de fois je l'ai de nouveau perdue volontairement en retombant dans le péché. Vous êtes mort pour gagner mon cœur; et moi, par mes révoltes, j'en ai fait volontairement l'esclave du démon; je vous ai méconnu, j'ai refusé de vous reconnaître pour mon souverain Seigneur et Maître, Tout cela n'est que trop vrai, ô mon Dieu; mais il est certain aussi que vous ne voulez pas la mort du pécheur : vous voulez qu'il se convertisse et qu'il vive; c'est pour nous communiquer la vie que vous avez bien voulu mourir. Je me repens de vous avoir offensé, mon doux Sauveur; pardonnez-moi par les mérites de votre Passion. Donnez-moi votre grâce, cette précieuse vie que vous m'avez conquise par votre mort, et régnez désormais sur mon cœur.

Je ne veux plus être l'esclave du démon : il n'est pas mon Dieu, il ne m'aime pas, il n'a rien soufferl pour moi. Le démon n'a jamais été le possesseur légitime de mon àme, il n'en a été que h- ravisseur. Vous seul, mon Jésus, vous seul en êtes lé véritable Maître, vous qui m'avez créé et qui m'avez racheté au prix de voire sang; vous seul m'avez aimé, el à quel point! il est donc juste que je vous consacre sans réserve le reste de ma

vie. Dites-moi ce que vous voulez de moi : je veux vous satisfaire en tout. Punissez-moi comme il vous plaît, je me soumets à tout; épargnez-moi seulement le malheur de vivre privé de votre amour. Faites que je vous aime, et puis disposez de moi comme il vous plaît.

0 Marie, mon refuge et ma consolation, daignez me recommander à votre divin Fils; sa mort et votre intercession font toutes mes espérances.

2« Lundi

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