JÉSUS CHARITABLE MEDECIN DE NOS AMES
Orietur vobis... sol justitiœ, et sanitas in permis ejus (1).
« Le soleil de justice se lèvera pour tous; et sous sa douce influence vous trouverez le remède à vos maux. »
Un Médecin viendra, dit le Psalmiste, qui guérira tous les malades ; il viendra avec la vitesse de l'oiseau qui fend l'air de ses ailes rapides. Semblable au soleil qui, paraissant à l'horizon, s'avance aussitôt d'un pôle à l'autre, il viendra éclairer le monde. — Mais le voici : il est déjà venu. Consolons-nous et rendons-lui nos actions de grâces.
Ce médecin céleste est descendu jusqu'au lit du malade (2), dit saint Augustin. C'est-à-dire qu'il en est venu jusqu'à prendre notre chair; car notre corps est comme le lit de notre âme malade. Les autres médecins, lorsqu'ils s'affectionnent à un malade, multiplient bien leurs efforts pour le guérir; mais en trouverait-on un seul qui consentit, pour délivrer son malade, à assumer la maladie? Seul entre tous les médecins, Jésus-Christ s'est chargé de toutes nos maladies, afin de nous en
(1) Mal., 4, 2.
(2) Descendit usque ad lectum aegrotantis {Serm., 87, E. B.)
guérir : Vere languores nostros ipse tulit, et dolores nostros ipse portavit (1). « Il a vraiment porté nos langueurs, dit Isaïe, et il s'est chargé de nos douleurs. » Il n'a voulu envoyer nul autre pour remplir ce miséricordieux office; il a daigné venir, afin de gagner tout notre amour. Il a daigné guérir nos plaies par la vertu de son propre sang, et nous délivrer, par sa mort, de la mort éternelle qui nous était due. En un mot, il a bien voulu prendre le remède amer d'une vie de souffrances et d'une mort douloureuse, pour nous délivrer de tous nos maux et nous rendre la vie.
Ne faut-il pas, dit le Sauveur à saint Pierre, que je boive le calice que mon Père m'a donné (2)? Il a donc été nécessaire que Jésus se soumît à tant d'outrages pour guérir notre orgueil, qu'il embrassât une vie si pauvre pour guérir notre cupidité, enfin qu'il fût submergé dans un océan d'amertumes et mourût de pure douleur, afin de guérir notre avidité pour les plaisirs des sens.
AFFECTIONS ET PRIÈRES
Louée soit et bénie à jamais votre charité, ô mon Rédempteur. Ah ! qu'en serait-il de mon âme faible, malade et rouverte de tant de blessures que lui oui faites mes péchés, si vous n'étiez descendu vers moi, ô divin Médecin, qui seul pouvez e1 voulez me guérir? O Sang de mon Sauveur, en vous j'ai mis toutes mes espérances; lavez-moi, purifiez ma pauvre âme de toutes ses taches, gué-
ri] /.9.. 53, I.
(2) Calicem quem dédit nuW Pater, non blbani lllam?
rissez-moi de toutes les maladies contractées en vous offensant. Je me repens, ô mon Amour, de tous mes péchés. Pour me témoigner votre amour, vous avez embrassé une vie si affligée et une mort si cruelle! Je voudrais, moi aussi, vous témoigner mon amour; mais, que puis-je, étant si misérable, si malade et si faible?
O Dieu de mon âme, vous êtes tout-puissant; vous pouvez me guérir et me rendre saint; allumez en moi un vif désir de vous être agréable. Je renonce à toute autre satisfaction qu'à celle de vous complaire en tout, ô mon divin Rédempteur, qui méritez d'être contenté à tout prix! O souverain bien, je vous estime et je vous aime plus que tous les biens; faites que je vous aime de tout mon cœur; faites-moi la grâce de vous demander sans cesse votre saint amour. Par le passé, je vous ai offensé parce que je ne vous aimais pas, et je ne vous ai pas aimé parce que je ne vous ai pas demandé votre amour. Aujourd'hui, je vous le demande et je vous supplie de me faire la grâce de vous le demander sans cesse. Exaucez-moi par les mérites de votre Passion.
O Marie, ma Mère, vous êtes toujours disposée à exaucer qui vous prie et vous aimez qui vous aime. Je vous aime, ô ma Reine; obtenez-moi la grâce d'aimer mon Dieu : c'est toute ma demande.
3" Mercredi