‹ Le divin SauveurChapitre 28 sur 103 · LA PASSION DE JESUS DURA TOUTE SA VIE · texte numérisé non relu

LA PASSION DE JESUS DURA TOUTE SA VIE

Dolor meus in conspectu meo semper (1).

« Ma douleur m'est toujours présenté. »

Considérons que dès l'instant où l'âme de Jésus- Christ fut créée et unie à son corps dans le sein de Marie, le Père éternel obligea son fils de sacrifier sa vie pour sauver le monde perdu par le pèche. En même temps lui fut mis devant les yeux le spectacle effrayant de toutes les peines qu'il devait endurer jusqu'à sa mort pour le salut des hommes : humiliations et pauvreté de sa vie cachée à Bethléem, en Egypte, à Nazareth; les douleurs et les ignominies de sa passion : fouets, épines, clous, croix, instruments de ses souffrances; toutes les peines intérieures, dégoûts, agonies et même le cruel abandon dans lequel il «levait Unir sa vie sur

le Calvaire.

(i) Ps.. nt is.

Abraham menant son iîls à la mort, ne voulut point l'affliger en lui révélant son dessein, même dans le court trajet qui les séparait de la montagne. Le Père éternel, au contraire, voulut que son Fils incarné, victime d'expiation destinée à payer nos dettes envers la souveraine justice, souffrît d'avance toutes les peines auxquelles il devait être assujetti durant sa vie et à sa mort. C'est ainsi que Jésus endura, même dès le sein de sa Mère, la tristesse mortelle du jardin des Olives. Dès lors aussi, et à chaque instant, il sentit peser sur ses épaules cette lourde croix qu'il devait porter au Calvaire.

En un mot, toute la vie de notre divin Rédempteur, sans en excepter un seul jour, fut un martyre continuel, selon la prophétie de David : Defec.it in dolore vita meaetanni mei in gemitibus (1). « Ma vie s'est consumée dans la douleur, et mes années dans les gémissements. » Son cœur adorable ne fut pas un instant exempt de souffrance et d'amertume ; le sommeil pas plus que la veille, le travail pas plus que le repos, ne mettaient un terme à ses cruelles souffrances ; qu'il fût en prière ou en conversation avec Marie et Joseph, toujours il eut présente à la pensée sa cruelle Passion, qui le torturait en son âme plus que tous les martyrs n'ont souffert dans leur corps. Sans trêve ni consolation, toute sa vie, pour l'amour de nous, il endura toute sa Passion.

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