‹ Le divin SauveurChapitre 32 sur 103 · PEINE CAUSÉE A JESUS PAR L'INGRATITUDE DES HOMMES · texte numérisé non relu

PEINE CAUSÉE A JESUS PAR L'INGRATITUDE DES HOMMES

In propria venit, et sui eum non receperunt (i).

« 11 est venu chez les siens, et ceux-ci ne l'ont point reçu. »

Un jour, pendant les fêtes de Noël, saint François d'Assise, inconsolable, allait pleurant et soupirant par les chemins et les bois. Quelqu'un lui ayant demandé la cause de sa douleur : « Ah ! réponditil, comment ne pleurerais-je pas, quand je vois que l'amour n'est point aimé ! Je vois un Dieu aimer l'homme jusqu'à la folie, et l'homme ne témoigner à ce Dieu que de l'ingratitude. » Si cette conduite des hommes affligeait tant le cœur de saint François, combien plus ne dut-elle pas affliger le cœur de Jésus!

A peine conçu dans le sein de Marie, il vit la cruelle ingratitude dont devaient être payés son amour et ses bienfaits. Il était venu du ciel pour allumer sur la terre le feu de l'amour divin; pouf réaliser ce désir, son cœur s'était librement plongé dans un abîme de douleurs et d'opprobres. Mais voilà qu'au lieu des fruits délicieux de la

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divine charité, il voit la plupart dos hommes produire des œuvres de péché. Cette vue, dit saint Bernardin de Sienne, causa à Jésus Enfant une douleur infinie.

Nous-mêmes, n'éprouvons-nous pas une cruelle peine à voir nos bienfaits payés d'ingratitude? N'est-il pas vrai que le manque de reconnaissance afflige plus notre âme que la souffrance n'afflige notre corps? — Quelle ne dut pas être la douleur de Jésus-Christ, notre Dieu si aimant, de voir que nous répondrions par des offenses et des mépris à son amour et à ses bienfaits. Lui-même s'en plaint par la bouche de David : Posuerunt advcrsiiiu me mula pro bonis, et odium pro dilectione mea (1). « Ils m'ont rendu le mal pour le bien, la haine pour l'amour. » Hélas ! aujourd'hui beaucoup de chrétiens font-ils cas de l'amour de Jésus- Christ? Notre Rédempteur apparut un jour au bienheureux Henri Suson sous la forme d'un pèlerin : il allait de porte en porte mendier un gîte, mais Ions le repoussaient avec force injures. N 'avons-nous pas été jadis du nombre de ces Ingrats, qui répondent aux bienfaits par des mépris et des outrages? Et maintenant persévéiviuiis-iimis dans la révolte contre notre souverain Bienfaiteur? Oh non! qu'il n'en soit plus ainsi; et, pour cela, n'oublions jamais que le tout aimable Sauveur est venu <ln ciel soull'rir el mourir pour nous afin de gagner noire amour.

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AFFECTIONS ET PRIERES

Il est donc vrai, ô mon Jésus, que vous êtes descendu du ciel pour vous faire aimer de moi; il est vrai que vous avez embrassé une vie pleine de souffrances et que vous êtes mort sur la croix pour mon amour, afin de vous ouvrir l'entrée de mon cœur? Et moi, qu'ai-je fait? J'ai osé si souvent vous chasser de mon cœur, pour y laisser entrer le démon! — Ah! si vous n'étiez un Dieu d'une bonté infinie, si vous n'aviez donné votre vie pour me pardonner, je n'oserais jamais implorer mon pardon; mais je vous entends me l'offrir, quand vous me dites par votre prophète : Reviens à mot, et je me tournerai vers toi (1). Vous voulez être aussi mon intercesseur auprès de votre Père ! Mon Jésus, je ne veux pas vous faire une nouvelle injure en me défiant de votre miséricorde. Je me repens de tout mon cœur de vous avoir méprisé, ô Bien suprême. Daignez me recevoir dans votre grâce; je vous en conjure par le sang que vous avez répandu pour moi.

Non, mon Rédempteur et mon Père, je ne suis plus digne d'être appelé votre fils (2), après avoir tant de fois renoncé à votre amour; mais vos mérites m'en font digne. Je vous remercie, o mon Père, je vous remercie et je vous aime. Ah! le seul souvenir de la patience avec laquelle vous m'avez supporté durant tant d'années, et des grâces que

(1) Convertimini ad me... et ego convertar ad vos. {Zach., 1, 3.)

(2) Pater, jam non sum dignus vocari filius Unis. (Luc. 15, 21.)

vous m'avez prodiguées malgré les outrages dont je me suis rendu coupable, devrait me faire brûler d'un continuel amour pour vous. Venez donc, mon Jésus, venez habiter mon pauvre cœur; je ne veux plus vous chasser, je veux vous aimer toujours. Embrasez-moi de plus en plus du feu de la divine charité, et pour cela, rappelez-moi sans cesse l'amour que vous m'avez porté.

0 ma Souveraine et ma Mère, Marie, aidez-moi, priez Jésus pour moi. Faites que désormais et sans retour je me montre reconnaissant envers ce Dieu qui, malgré toutes mes offenses, m'a si tendrement aimé.

a° Méditation. — 12:5 Décembre

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