AMOUR DE DIEU MANIFESTE AUX HOMMES PAR LA NAISSANCE DE JESUS
Apparaît gratin Dei Solvatoris nostri omnibus hominibus (1).
« La grâce de Dieu notre Sauveur s'est manifestée à tous les hommes. »»
Cette -race dont parle ici l'Apôtre, c'est l'ardent amour de Jésus-Christ pour les hommes, amour que nous n'avons point mérité, <it qui, pour celle raison, est appelé gratuit.
En Dieu, cet amour fut toujours le même, bien qu'il n'ait brillé que par degrés aux yeux «1rs hommes. On le connaissait par un grand nombre de prophéties el de figures; mais pour en voir
(1) lit., 2, 11.
l'éclatante manifestation, il fallait attendre la naissance du Rédempteur. Le Verbe éternel se montre aux hommes sous la forme d'un petit enfant couché sur la paille, pleurant et tremblant de froid. Déjà il porte la peine de nos crimes; ce sont les prémices de cet amour qui lui fera plus tard endurer pour l'humanité le supplice de la croix. Nous avons connu la charité de Dieu, dit saint Jean, en ce qu'il a donné sa vie pour nous (1). Au jour de Noël, l'amour de Dieu s'est manifesté à tous les hommes : apparuit... omnibus hominibus. Mais, d'où vient que tous ne l'ont pas connu, et qu'aujourd'hui encore un si grand nombre ne le connaissent pas? Voici ce que répond saint Jean : La lumière est venue dans ce monde; mais 1rs hommes lui ont préféré les ténèbres (2), aimant mieux la nuit du péché que le grand jour de la grâce.
Pour nous, n'augmentons pas le nombre de ces malheureux. Si, par le passé, nous avons fermé les yeux à la lumière, et trop peu songé à aimer Jésus- Christ, consacrons le reste de nos jours à réparer ce triste passé. Ne perdons jamais de vue Les souffrances et la mort de notre Sauveur; ainsi aimerons-nous comme il convient Celui qui nous a tant aimés. Méritons, par cet amour généreux, le beau ciel que Jésus nous a conquis par son sang, cette béatitude dont parle saint Paul, dans laquelle nous entrerons lors du glorieux avènement de notre grand Dieu et Sauveur Jésus-Christ. Dans
(1) In hoc cognovimus charitatem Dei, quoninm ille animam suam pro nobis posuit. (/, Jo., 3, 16.)
(2) Lux venit in raundum, et dilexcrunt hommes magis tenebras quam lucem. (Jo., 3, 19.)
son premier avènement, Jésus est venu sous la loi nie d'un enfant pauvre et méprise; mais dans le second, il paraîtra comme juge, sur un trône de gloire, dans toute sa Majesté divine, ainsi que luimême l'a prophétisé : Videbunt Filium hominis venientem in nubibus cœli cum virtute multa et majestate (1). Heureux alors ceux qui l'auront aimé! mais malheur à ceux qui ne l'auront pas aimé!
AFFECTIONS ET PRIÈRES
0 saint Enfant, je vous vois aujourd'hui sur la paille, pauvre, affligé, abandonné; mais je sais qu'un jour, environné des anges et dans tout l'éclat de votre Majesté, vous viendrez pour me juger. Ah! pardonnez-moi avant qu'arrive ce jour redoutable! Alors vous devrez me juger avec juste rigueur; mais aujourd'hui vous êtes mon Rédempteur, un Père plein de miséricorde. Ingrat que je suis, je vous ai volontairement méconnu ; et au lieu de penser à vous aimer, en considérant l'amour que vous m'avez porté, j'ai songé à mes indignes sat isfactions ; pour elles, j'ai méprisé votre grâce et votre amour. Je remets maintenant ma pauvre âme entre vos mains ; daignez la sauver : fn nui h us tuas c.ommendo tpiritum mcum.
Sachant que, pour me racheter de l'enfer, vous avez donné votre sang et votre vie, je reprends confiance, et je mets en vous fout mon espoir. G'esi pour «die à môme de me pardonner et de me sanviM, que vous ne m'avez pas l'ait mourir lorsque j'étais en état de péché. \vec patience vous m'avez
(i) Mutai., 2;, 30.
attendu afin que, rentrant en moi-même, pénétré d'un sincère repentir, je me décide à vous aimer, et qu'alors vous puissiez me pardonner et m€ sauver. Oh! oui, mon Jésus, je veux correspondre à cet immense désir que vous avez de mon salut; je me repens souverainement de tous les déplaisirs que je vous ai causés, je vous aime par-dessus toutes choses. Sauvez-moi, par votre miséricorde, et que mon salut consiste à vous aimer toujours, en cette vie et dans l'éternité.
Ma bien-aimée Mère, Marie, recommandez-moi à votre divin Fils. Dites-lui que je suis votre serviteur et que j'ai mis en vous mon espérance.
9e Méditation. — 24 Décembre