JKSUS CRUCIFIÉ S'IMPOSE ET A NOTRE ADMI- RATION ET A NOTRE IMITATION
Jésus en croix! ô spectacle qui remplit d'étonnement le ciel et la terre! Un Dieu tout-puissant, souverain maître de l'univers, condamné comme un malfaiteur, et mourant entre deux criminels but un bois igncmineux '. C'est un spectacle de
justice : le Père éternel, exigeant que sa justice soit satisfaite, punit les péchés des hommes dans la personne de son Fils unique, qu'il aime autant que lui-même. C'est aussi un spectacle de commisération : ce Fils innocent subit une mort si cruelle et si ignominieuse pour sauver ses créatures coupables. Mais surtout, c'est un spectacle d'inconcevable- amour : un Dieu offre et donne sa vie pour racheter des esclaves qui sont ses ennemis!
Toujours cette merveille a été, toujours elle sera l'objet préféré de la contemplation des saints. En considérant Jésus en croix, ils comptent pour rien la privation de tous les biens et de tous les plaisirs terrestres ; ils embrassent avec empressement et joie toutes les peines et la mort même, afin de témoigner quelque reconnaissance à Dieu mort pour leur amour.
Fortifiés à la vue de Jésus méprisé sur la croix, les saints aiment les mépris plus que les mondains n'aiment les honneurs du monde. En voyant Jésus mourir nu sur la croix, ils aspirent à se dépouiller de tous les biens de la terre. En voyant tout son corps en plaies et tous ses membres dégouttants de sang, ils n'ont plus que de l'aversion pour les plaisirs sensuels, et ils ne pensent qu'à affliger leur chair afin d'unir leurs souffrances aux souffrances de Jésus crucifié. En voyant comment Jésus obéit et se conforme en tout à la volonté de son Père, ils s'efforcent de vaincre toutes les inclinations contraires au bon plaisir du Seigneur. Sachant que le renoncement à la propre volonté est le sacrifice le plus agréable à Dieu, beaucoup d'entre eux, bien qu'adonnés déjà aux œuvres de
piété, prennent le parti d'entrer en religion pour mener une vie d'obéissance et soumettre leur volonté à celle d'autrui. En voyant la patience avec laquelle Jésus endure mille tourments et opprobres pour l'amour de nous, ils supportent avec résignation voire même avec joie, injures, maladies, persécutions, ettoutesles cruautés des tyrans. En voyant enfin l'amour que Jésus nous témoigne par le sacrifice de sa vie, ils sacrifient volontiers à Jésus tout ce qu'ils ont : biens, plaisirs, honneurs et vie.
AFFECTIONS ET PRIÈRES
0 Jésus, comment se fait-il donc que tant de chrétiens, sachant bien et croyant que vous êtes mort pour eux, au lieu de se consacrer sans réserve à votre service et à votre amour, osent vous offenser et vous mépriser jusqu'à vous préférer des satisfactions viles et passagères? Mon Jésus crucifié, vous n'avez rien épargné pour vous faire aimer des hommes ; vous êtes allé jusqu'à sacrifier votre vie par une mort si cruelle : comment donc ces hommes, qui aiment leurs parents, leurs amis et même les animaux dont ils reçoivent quelque marque d'affection, poussent-ils envers vous l'ingratitude jusqu'à mépriser votre grâce et votre amour, pour s'attacher à des biens si misérables et de si courte durée? D'où provient donc une telle ingratitude, ô mon aimable Sauveur? Ah ! c'est qu'ils perdent le souvenir de votre Passion et de votre mort. Mais, quels seront leurs remords et leur confusion au jour du jugement, quand vous leur reprocherez en face tout ce que vous avez fait et souffert pour eux!
Hélas ! je suis moi-même un de ces malheureux ingrats : pour des créatures de néant j'ai renoncé à votre amitié et me suis détourné de vous. Je mériterais d'être chassé loin de votre présence comme je vous ai chassé loin de mon âme; mais j'entends que vous continuez à me demander mon cœur et à me dire : Tu aimeras le Seigneur ton Dieu. Oui, mon Jésus, puisque vous voulez encore que je vous aime, puisque vous m'offrez mon pardon, je renonce à toutes les créatures et je ne veux plus aimer que vous seul. 0 Dieu, mon Créateur et mon Rédempteur, vous serez désormais Tunique amour de mon âme.
0 Marie, mère de Dieu et refuge des pécheurs, priez pour moi; obtenez-moi d'aimer mon Dieu : c'est la seule grâce que je vous demande.
Circonstances.