LUC, 22, M
sanglante de Jésus fut si abondante qu'elle mouilla d'abord tous ses vêtements et tomba ensuite sur le sol si abondamment que la terre en fut détrempée.
AFFECTIONS ET PRIÈRES
Mon Jésus, dans le jardin témoin de votre agonie je n'aperçois ni fouets, ni épines, ni clous qui déchirent votre chair sacrée ; comment donc vous vois-je tout baigné de sang, de la tête aux pieds? Mes péchés furent donc le cruel pressoir qui, à force d'afflictions et de tristesse, fit alors jaillir de votre cœur et de toutes vos veines une si grande abondance de sang! Je fus donc alors, moi aussi, un de vos plus cruels bourreaux! Oui je l'avoue, par mes péchés, par chacun de mes péchés j'ai augmenté vos angoisses et vos douleurs. Il est certain que si j'avais moins péché, mon aimable Sauveur, vous eussiez alors moins souffert; ainsi, autant j'ai pris de plaisir à vous offenser, autant j'ai augmenté dans ce moment l'affliction et les angoisses de votre cœur. Gomment puis-je ne pas mourir de douleur, en pensant qu'au lieu de répondre par l'amour à cet amour infini que vous m'avez témoigné dans votre Passion, j'ai tant contribué à vous faire souffrir? Ah, mon Dieu! combien ne suis-je pas coupable pour avoir ainsi affligé ce cœur si aimable et si tendre, ce cœur qui m'a tant aimé.
Dites-moi, ô mon bon Maître, ce que je dois faire pour réparer le mal que je vous ai causé. Je ne vois plus d'autre moyen de vous consoler qu'un sincère repentir, un immense regret de vous avoir tant offensé. Aussi je me repens de tout mon
cœur; je regrette souverainement de vous avoir causé tant de peine, ô Bonté infinie. Vous même, mon Jésus, accordez-moi une douleur de plus en plus vive, qui me fasse pleurer sans cesse et jusqu'à mon dernier soupir tous les déplaisirs que je vous ai causés, à vous, mon Dieu, mon amour, et mon tout.
O Marie, aidez-moi à consoler Jésus par la grandeur de mon repentir et la ferveur de mon amour.