‹ Le divin SauveurChapitre 59 sur 103 · NOTRE-SEIGNEUR EST MIS EN PARALLELE AVEC HARABBAS · texte numérisé non relu

NOTRE-SEIGNEUR EST MIS EN PARALLELE AVEC HARABBAS

Le peuple juif avait le droit de demander au gouverneur romain la délivrance d'un condamna chaque année, à la fête de Pâques. Pilate crut avoir une excellente occasion de délivrer le Sauveur et

(1) /, Reg., 3, 10.

de soulager ainsi sa conscience. Ce fut d'offrir au choix des Juifs Jésus et Barabbas, car il ne doutait pas qu'ils ne demandassent la délivrance de Jésus : Barabbas était un misérable, connu publiquement comme homicide et voleur, exécré de tout le monde; mais à l'instigation du chef de la synagogue, le peuple aveuglé demande Barabbas. Surpris et indigné de voir préférer un tel scélérat à un homme innocent, Pilate dit aux Juifs : Que ferai-je donc de Jésus ? — Crucifigalur. « Qu'il soit crucifié ! » répondent-ils tous d'une voix. — Mais quel mal a-t-il donc fait, réplique Pilate ; et eux, de crier encore plus fort : Crucifigatur! « Qu'il soit crucifié (1)! »

Comme Jésus et Barabbas furent proposés au choix du peuple, de même le Père éternel eut à choisir entre la vie de son propre Fils et celle du pécheur; et il dit : Que mon Fils meure et que le pécheur soit sauvé ! C'est ce qu'atteste l'Apôtre en ces termes : Proprio Filio suo non pepercit Deus, sed pro nobis omnibus tradidit illum (2). « Dieu n'a pas épargné son propre Fils, mais il l'a livré à la mort pour nous tous. » Oui, dit notre Rédempteur lui-même, « Dieu a tellement aimé le monde, que pour le sauver il a livré aux tourments et à la mort son Fils unique. » Sic deus dilexit mundmn, ut Filium mum unigeniium daret (3). Et la sainte Église chante dans sa liturgie : « 0 admirable effet

(1) Queni vuliis il'miittam vobis, Barabbam an Jesum? — At illi riixerunl : Barabbam. — Quid igitur faciam il»- Jeau? — Dicunt omnea : CruciÛgatur. — Quid enim mail fecitî — At illi magia clamabant. dicentes : CruciQgntur: [Mal th., 21, 170

(2) Rom., 8, 32, (3 Jo., 3, 16.

de votre miséricorde, Seigneur, ô inestimable don de votre amour ! Pour délivrer l'esclave vous avez sacrifié votre Fils (1)! »

AFFECTIONS ET PRIÈRES

Mon Dieu, qu'ai-je fait, chaque fois que j'ai commis le péché? — Hélas î ayant à choisir entre vous et quelque indigne satisfaction, j'ai dit : je choisis ce plaisir, cette satisfaction, et je compte pour rien la perte de mon Dieu. — Oui, Seigneur, voilà ce que j'ai malheureusement dit alors; mais aujourd'hui, sans hésiter je préfère votre grâce à tous les honneurs, à toutes les richesses et à tous les plaisirs de la terre.

0 Bien infini, ô mon Jésus, je vous aime pardessus tous les biens; c'est vous seul que je veux et rien de plus. Combien j'ai honte de ma conduite passée! Je pouvais vous posséder, vous, mon souverain bien, aimable par-dessus tous les biens, vous si plein de tendresse pour mon âme, et je me suis tourné vers des jouissances viles et passagères; je m'y suis attaché, et pour elles je vous ai abandonné. Je vous en conjure, ô mon Dieu, faites qu'à l'avenir je comprenne mieux votre souveraine bonté afin que, m'enflammant toujours davantage de votre amour, je m'efforce de vous plaire en tout. Ah! mon divin Maître, quel objet plus beau, plus saint, plus aimable et meilleur que vous pourrais-je trouver au ciel ou sur la terre? Je vous aime, Bonté infinie, je vous aime plus que moi-

(4) 0 mira circa nos tua1, pietatis dignatio, ô inaestim;ibilis dilectio charitatis! ut servum redimeres, Filium tradidisti. (In Sabb. S.)

menie, et je veux vivre uniquement pour vous aimer, ô vous qui méritez tout mon amour.

0 Marie, faites que j'aime Jésus-Christ et qu'à lui seul je consacre tout mon cœur.

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