‹ Le divin SauveurChapitre 58 sur 103 · JÉSUS EST CONDUIT DE PILATE A HERODE ; IL EST TRAITÉ COMME UN INSENSÉ · texte numérisé non relu

JÉSUS EST CONDUIT DE PILATE A HERODE ; IL EST TRAITÉ COMME UN INSENSÉ

Le matin étant venu, les princes des prêtres tinrent un nouveau conseil contre Jésus, pour décider comment ils le feraient mourir. Ils se le firent amener chargé de chaînes, et puis ils le conduisirent à Ponce-Pilate, gouverneur de la Judée (1), espérant bien obtenir contre leur prisonnier une sentence de mort. — Après mille questions adressées tant aux Juifs qu'à notre Sauveur, voyant bien l'innocence de Jésus et l'injustice de tous les chefs d'accusation portés contre lui, Pilate sort de son tribunal et dit aux Juifs : dans toutes vos accusations je ne trouve aucune preuve de culpabilité (2), aucun motif de condamner cet homme. Mais, voyant l'obstination des Juifs à demander sa mort, et apprenant que Jésus est de Galilée, domaine du roi Hérode, pour se tirer d'embarras il le renvoie à ce prince, qui se trouvait alors à Jérusalem (3) » .

Hérode fut très satisfait qu'on lui amenât Jésus. Il espérait être témoin de quelqu'un de ces prodiges que Notre-Seigneur opérait en si grand nombre et dont il avait entendu parler. Aussi s'empressa-t-il de lui poser différentes questions

(1) Mane autem facto, consilium inierunt... ad versus Jesum, ut eum morti traderent; et vinctum adduxerunt eum et tradiderunt Pontio Pilato praesidi. (Matth.,21, 1.)

(2) Exivit ad Judaeos, et dicit eis : Ego nullam invenio in eo causam. (/o., 18, 38.)

(3) Remisit eum ad Herodem, qui et ipse Jerosolymis erat illis diebus. (Luc, 23, 7.)

et de lui demander des signes de sa puissance. Mais Jésus garde le silence, il ne lui fait aucune réponse, punissant ainsi sa vaine et téméraire curiosité (1). — Malheur à l'âme à laquelle le Seigneur ne parle plus! — Mon Jésus, tel est le châtiment que j'ai mérité, moi que vous avez appelé à votre amour tant de fois et par tant de moyens pleins de miséricorde, puisque si souvent j'ai fermé l'oreille à votre voix.

Voyant que Jésus ne lui répond point, Hérode en conçoit un vif dépit; et pour se venger, ce prince orgueilleux le traite comme un insensé : il le fait revêtir d'une robe blanche par dérision et se moque de lui avec toute sa cour. Après l'avoir ainsi bafoué et ridiculisé, il le renvoie à Pilate (2). Voilà donc que Jésus ainsi affublé est de nouveau traîné par les rues de Jérusalem.

AFFECTIONS ET PRIÈRES

0 Sagesse éternelle ! ô Verbe divin ! il ne vous manquait que cette ignominie, d'être traité comme un insensé. Le désir de nous sauver vous pressait donc si fort, que vous ayez voulu pour notre amour non seulement vous exposer aux mépris, mais encore vous rassasierd'oppobres, ainsi qu'un prophète l'avait annoncé : Dabit percutienti se maxillam, saturabitur opprobriis (3). Comme ut pouviez-vous tant aimer les hommes, sachant d'avance qu'ils ne paieraient votre amour et \<>< bienfaits que par l'ingratitude et le mépris? Hélas I

i taterrogabal autem cura multia sermonibus; at ipse mini iiii respondebat. [lue, 23., 9.J

(2) Sprevil autem lllum Herodes cum exercltu iuo; et illusit Indutum reste alba,etremisitad Pilatum.(£ttc,23.11.)

(3) Ttoren., 3, 30.

je suis moi-même un de ces ingrats : je vous ai outragé plus qu'Hérode, car Hérode ne vous reconnaissait pas pour le Messie, et moi, en même temps que je vous offensais, je savais que vous êtes mon Dieu.

Cependant, ô mon Jésus, ne me punissez pas comme Hérode en refusant de me parler : Hérode ne vous aimait pas, et moi, maintenant, je vous aime plus que moi-même. Ah ! ne me privez pas du bonheur d'entendre la voix de vos inspirations ; ne me traitez pas comme je le mériterais à cause de mes offenses. Oui, j'ai mérité de ne plus entendre votre voix et d'être abandonné de vous ; mais je l'espère, mon doux Sauveur, vous me l'épargnerez; ayez pitié de moi, et daignez encore m'adresser la parole : Loquere Domine, quia audit servus tuus (1). « Parlez, Seigneur, car votre serviteur écoute ». Dites-moi ce que vous voulez de moi; je veux vous obéir en tout et vous contenter pleinement.

O Vierge sainte, Marie, faites que comme vous je prête toujours une oreille attentive à la voix de mon Dieu et à ses saintes inspirations.

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