‹ Le divin SauveurChapitre 63 sur 103 · COMBIEN JFUT DOULOUREUX LE SUPPLICE DE LA FLAGELLATION · texte numérisé non relu

COMBIEN JFUT DOULOUREUX LE SUPPLICE DE LA FLAGELLATION

Qu'elle fut cruelle, la flagellation de Notre-Seigneur! D'abord, les bourreaux étaient nombreux : suivant une révélation faite à sainte Madeleine de Pazzi, il n'y en avait pas moins de soixante. Ils étaient excités par les démons et plus encore par les chefs de la synagogue qui craignaient que Pilate ne mît ensuite Jésus en liberté « Je le châtierai, avait-il dit, et puis je le renverrai absous. » Corripiam eum et dimittam. (1) Ces cruels bourreaux se mirent en mesure de le faire expirer sous leurs coups. De plus, ils choisirent les instruments les plus meurtriers, en sorte que chaque coup faisait une plaie. Les blessures s'élevèrent ainsi à plusieurs milliers; car, remarque le P. Crasset, ils flagellèrent Jésus non pas suivant l'usage des Hébreux, auxquels le Seigneur avait défendu d'infliger plus de quarante coups, mais suivant l'usage des Romains qui n'avaient pas de limite.

L'historien juif Josèphe, qui vivait peu de temps après Notre-Seigneur, rapporte que Jésus fut tellement déchiré que ses côtes furent mises à découvert. La même révélation fut faite à sainte Brigitte par la sainte Vierge : « J'étais présente, lui dit-elle, et j'ai vu ses côtes mises à nu par les fouets; j'ai vu, spectacle cruel ! les fouets lui enlever des lambeaux de chair. » Jésus flagellé apparut à sainte Thérèse, et la sainte désira qu'il fût peint exactement comme elle l'avait vu. Elle dit donc au peintre

(1) Luc, 23, 22.

du représenter sur le côté gauche du Sauveur un grand lambeau de chair pendante; mais lorsque l'artiste, après lui avoir demandé quel devait en être l'aspect, se retourna vers le tableau, le lambeau se trouva miraculeusement représenté.

AFFECTIONS ET PRIÈRES

Ainsi, ô mon adorable Sauveur, pour expier nos péchés et surtout les péchés d'impureté, qui sont hélas ! les plus fréquents, vous avez voulu qu'on déchirât votre chair virginale! Qui donc ne s'écrierait avec saint Bernard : « O amour ineffable de Dieu pour les pécheurs (1). » — O Seigneur plein d'amour! déjà digne d'un amour infini vous avez tant souffert pour gagner mon cœur! Ah! ne permettez pas qu'au lieu de vous aimer j'aie encore le malheur de vous offenser et de contrister votre cœur si aimant.

Il faudrait certes un enfer à part pour moi, si, après avoir connu votre charité à mon égard, j'allais me damner misérablement, au mépris d'un Dieu qui s'est laissé tourner en dérision, souffleter, flageller pour moi ; et qui en outre, dans son infinie miséricorde, m'a tant de fois pardonné mes offenses et mes ingratitudes. Ah ! mon Jésus ne le permettez pas, non, car votre amour et votre patience a mon égard me seraient dans l'enfer un second enfer plus affreux. O mon bien-aimé, mon adorable Jésus, combien n'avez-vous pas souffert pour mon amour. Ah! que ces flots de sang, que cet océan de douleurs ne soient pas perdus pour moi ! Tantus

luhor non Ht COSSUS !

i) 0 ineA&ilem l'ii.i Dei erga peccatores ohaiitataml

0 Marie, ne permettez pas que je tombe en enfer après qu'il en a tant coûté à Jésus pour m'en délivrer.

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