COMIUEN IL NOUS A AIMES
Le Roi du ciel et de la terre, le Fils de Dieu fait homme suspendu au gibet de la croix, esl sur le point de mourir pour le salut du monde. Jetonsun regard sur ce divin agonisant et interrogeons-le avec le prophète Zacharie : Quid sunt plagse istœ in medio manuum tuarum (i)? « Que signilient cesplaies au milieu <l<> vus mains? .. dites-le moi. û mon Jésus : Suni monumenta charitaUs, pretia redemptionis. Ce sont Les marques du grand
i ZacJi., 13, G.
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amour que je vous porte; c'est la rançon qui vous a délivrés des mains de vos ennemis et de la mort éternelle. Aussi, du haut de la croix, Jésus demande moins notre compassion que notre amour ; s'il exige quelque compassion, ce n'est qu'autant qu'elle nous porte à l'aimer. Par sa bonté il mérite un amour éternel ; mais dans sa Passion et particulièrement sur la croix, il semble nous presser de l'aimer, ne fût-ce que par compassion.
Aime donc, ô mon âme, aime un Dieu qui t'a tant aimée ; et si jamais tu doutais de son amour, regarde, dit saint Thomas de Villeneuve, regarde cette croix, 'Ces souffrances et cette mort cruelle qu'il a soufferte pour toi : ce sont là des témoins qui te rediront éloquemment combien t'aime ton Rédempteur (1). Oui, ajoute saint Bernard, de la croix, de chaque plaie de Jésus sort une voix qui nous crie : c'est bien de l'amour le plus vrai et le plus généreux qu'il vous a aimés. Clamât crux, clamât vulnus, quod ipse vere dilexit. Aimez donc, et aimez de tout votre cœur un Dieu qui a tout fait pour être aimé de vous, un Dieu qui meurt sur une croix pour se faire aimer de vous.
AFFECTIONS ET PRIÈRES
0 mon Jésus, comme je vous vois souffrant et plongé dans la tristesse! Ah! vous avez bien sujet d'être ainsi désolé, en pensant que vous souffrez jusqu'à mourir de douleur pour nous sur cette croix, et que, malgré toutes ces preuves de votre amour infini, un si petit nombre de chrétiens voudront bien vous rendre amour pour amour. Hélas :
1 Teslis crux, testes dolores, testis amara mors quand pro te sustinuit. [l)om> 17, p. Petit, conc. 3.)
aujourd'hui encore, combien de cœurs, morne parmi ceux qui vous sont spécialement consacrés, ne vous aiment pas ou vous aiment trop peu! Mais comment osé-je gémir sur l'ingratitude des hommes tandis que moi-même, favorisé de grâces toutes spéciales, je vous ai témoigné si peu de reconnaissance et si peu d'amour!
() belles flammes d'amour, qui avez consumé la vie d'un Dieu sur la croix, consumez-moi aussi, consumez toutes les affections déréglées que nourrit mon pauvre cœur afin que désormais tous mes désirs et tout mon amour tendent vers ce Dieu si aimant, qui voulut à force de tourments sacrifier sa vie pour mon amour sur un infâme gibet. Mon Jésus! mon bien-aimé Jésus, je veux vous aimer toujours et n'aimer que vous seul, oui, vous seul, ô mon amour, mon Dieu et mon tout.
0 Mère de Jésus, faites que j'aime beaucoup votre divin Fils qui mérite tant d'être aimé !