‹ Le divin SauveurChapitre 87 sur 103 · SUR CETTE PAROLE : « CONSUMMATUM EST · texte numérisé non relu

SUR CETTE PAROLE : « CONSUMMATUM EST

Au moment de rendre le dernier soupir, notre doux Jésus dit d'une voix mourante : Consummatum est (1). « Tout est consommé. » En prononçant cette parole, il repassa dans sa pensée tout le cours de sa vie, toutes les fatigues qu'il avait endurées, la pauvreté, les douleurs, les ignominies qu'il avait souffertes, et il les offrit toutes de nouveau à son Père pour le salut du monde. Ensuite, s'adressant à nous il semble répéter : Consùmmatum estt Tout est consommé; comme s'il eût dit : O hommes tout est consommé, tout est accompli, l'œuvre de votre rédemption est achevée, la justice divine est satisfaite, le ciel est ouvert; voici maintenant pour vous le temps de l'amour. Eece i etn pu s (un m tempus aman lin m (2).

Oui, ù enfants d'Adam, il est i<'inps que vous commenciez à m'aimer. — Aimez-moi doue, oui, aimez-moi, car je ne >ai> plus que faire poui

(1) Jo., 19. 30.

(2) Ezeeh., 16, 8.

gner votre amour. Voyez vous-même si je puis davantage. Pour vous, j'ai passé ma vie de trente trois années dans l'humiliation et la souffrance. Vous n'ignorez rien de ce que j'ai enduré surtout dans ma douloureuse Passion : j'ai consenti à me laisser flageller, couvrir de crachats, déchirer par les fouets, couronner d'épines ; j'ai consenti enlin à souffrir les tourments de la plus cruelle agonie sur ce bois où vous me voyez attaché par trois gros clous de fer. A tout cela que puis-je ajouter? je ne puis plus que mourir pour vous; eh bien! pour vous je veux mourir. — Viens donc, ô mort, je te le permets : ôte-moi la vie et sauve mes brebis. — Et vous, brebis si chères, aimez-moi donc maintenant, aimez-moi, puisque je ne saurais rien faire de plus pour gagner votre amour. Tout est consommé. Consummatum est. — Oui, dit le P. Tauler, « tout ce que la justice exigeait, tout ce que la charité demandait, tout ce que Dieu pouvait faire pour nous démontrer son amour et gagner le nôtre, tout est consommé (1). »

AFFECTIONS ET PRIÈRES

Mon bien-aimé Jésus, puissé-je dire aussi en mourant : Consummatum est; Seigneur, tout est consommé : j'ai l'ait tout ce que vous m'avez commandé, j'ai porté ma croix avec patience, je vous ai aimé sans réserve, je me suis efforcé de vous plaire en tout. — Ah! mon Dieu, s'il me fallait mourir maintenant je mourrais bien mécontent

(1) ConsunimatuiTi est quidquid justitia exigcbat, quidquid chantas poscebat, quidquid esse poterat ad aemonstranaum amorem. [De VUa et Pass, Salv., c. 4tJ.)

de moi-même, puisque de tout cela je ne pourrais rien dire avec vérité. Passerai-je donc toute ma vie dans cette noire ingratitude envers vous, ô mon bon Maître? Je vous en conjure, accordez-mo i la grâce de vous plaire en tout durant les années qu'il me reste à vivre, afin qu'à l'heure suprême je puisse vous dire qu'au moins depuis ce jour j'ai accompli votre sainte volonté.

Par le passé je me suis rendu bien coupable envers vous; mais votre mort est mon espérance, cette mort que vous avez assumée pour être à même de me pardonner. Je suis résolu de ne plus vous trahir ; mais c'est de vous que j'attends la force de persévérer dans ma résolution de vous aimer et de vous plaire jusqu'à la lin. C'est par vos mérites, ô mon Jésus, que je vous demande cette grâce et que je l'espère.

C'est aussi sur votre secours, ô Marie, que je compte i><>ur ma persévérance.

Page 1