ABBÉ USA
tholique, parce qu'elle n'a plus même assez de foi reli-
gieuse pour être protestante. ë FN OC Ce qui serait déplorable, c’est que les mœurs pussent se
façonner à cet état de choses, de telle manière qu'il n’y
aies
‘aurait plus dans les cœurs ni indignation ni réaction contre un tel désordre, tandis que si la loi, moins absolue, eût offert aux époux 1 la possibilité d'échapper aux conséquences d’une union mal assortie par le divorce et par de nouveaux mariages, le mariage eût peut-être recouvré la sainteté et le respect qui lui appartiennent, en recevant un peu de liberté. Le désordre, que le divorce eût fait sortir du mariage, y a été refoulé par son abolition.
On a bien essayé, en France, de faire disparaître un des abus les plus révoltants des séparations, en abrogeant pour ce cas la présomption de paternité. Mais cette présomption de paternité est une conséquence inséparable de l'existence légale du mariage. Elle intéresse d’ailleurs le mari à surveiller la conduite de la femme séparée, et comme il a seul l'initiative de Paction en adultère, si la to: le désintéressait dans cette action, le désordre de la femme séparée serait toujours impuni, ce qui m'existe déjà que trop de fait, sans le consacrer par la loi.
Il nous reste à dire un mot des causes du divorce. Ces
Causes étaient multipliées jusqu’à l'excès dans la loi de 1792. Outre l’incompatibilité d'humeur, sur laquelle nous nous sommes déjà expliqué, elle reconnaissait encore de plus que le Code civil, comme causes du divorce, la démence du conjoint, le déréglement de mœurs notoire, labandon pendant deux ans, l’absencé pendant cinq ans, et l’'émigration. De toutes ces causes, le Code civil n’a retenu que les sévices et injures graves, l’adultère, la
condamnation infamante, et le consentement mutuel,
, qu’il ne faut pas confondre avec la répudiation exercée par
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un seul des deux époux, et qui même, dans la plupart des cas, cachera une cause déterminée que l’époux outragé n'aura pas voulu livrer au scandale de la publicité. Au reste, le Code civil a entouré de précautions, de lenteurs et de sacrifices la prononciation du divorce par consente ment mutuel. Une persévérance de plus d’un an dans leur résolution, le sacrifice de la moitié de leur fortune à leurs enfants, l’ajournement à plus de quatre ans de tout espoir d’un nouveau mariage, sont de sûres garanties, non-seulement que toute affection est détruite, mais encore qu’il y a dans la vie commune tant de souffrances ou de dangers que la réconciliation est impossible et laversion irrémédiable,
C’est entouré de toutes ces restrictions, c’est étayé de l'expérience qui a démenti les prophéties dont on avait cherché à effrayer l’opinion, c’est enfin avec l'appui d'hommes purs et éclairés, que le divorce demande aujourd’hui sa réintégration dans nos lois. Plusieurs fois il a échoué ; maïs la question intéresse trop de souffrances pour n'être pas soulevée de nouveau.
ANNEXE No XXIX