‹ Le divorceChapitre 24 sur 151 · CE PE 4 APS RAP DR RTE · texte numérisé non relu

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qu'on lit dans une pétition que M. Arsène Drouet a adressée récemment au gouvernement, à la Chambre des députés et au Sénat (1).

- « Les faits nous prouvent que le divorce moralise la famille, et la DEeure se tire JE ce fait NUE dans tous

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bins, moin moins oubnts bâtards o ou à adultérins, Re

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débauche, par conséquent, que là où la séparation de

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Corps est la seule ressource des mariages malheureux. Il n’est, du reste, pas besoin d’aller chercher des

(1) De la nécessité du rétablissement du Divorce, par le docteur Arsène Drouet, 1876, imprimerie Chaix, rue Bergère, 20.

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exemples et des preuves chez les nations étrangères; nous pouvons étudier chez nous les effets comparés du divorce et de la séparation, puisque le divorce n’a:

été aboli en France qu’en 1816.

« Le nombre des suicides des filles-mères augmente

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dans de très grandes proportions. Le nombre d des en-

fants naturels a presque doublé depuis 1816. De

41,6: ,635 Q qu il était sous le régime du divorce, il est

| monté, en 1870, à 70,415.

« Il est bien évident que notre moralité ne va pas

en grandissant sous le régime de l’indissolubilité du mariage. |

« Il y a, en France, 3,000,000 d’enfants illégitimes

(Em. de Girardin), et, sur ce chiffre, il y en a un nombre considérable qui est dû aux époux séparés, ainsi. que la statistique va nous le prouver.

k « Sous lerégime du divorce, sur 6 enfants, 4 étaient légitimes et 2 illégitimes ; soit Le tiers.

« Sous le régime de l'indissolubilité, de 1816 à ‘1835, sur 7 enfants, 4 sont légitimes et 3 illégitimes, | soit plus du tiers; et de 1835 à 1855, sur 16 chante 9 / sont légitimes et 7 illégitimes. » < Ÿ Cette statistique ne nous paraît pas suffisante pour

conclure que le relächement observé dans la famille soit dû à l'abolition du divorce, d’autres causes pouvant aussi avoir .indué sur les résultats; mais il est certain qu'elle ne prtmet à qui que ce soit de prétendre que le divorce était une cause de démoralisation et que

Chapitre II he 12e la restauration. du régime de la séparation de corps y a

ne

porté remède. Si quelque chose est prouvé par la statistique, c’est le contraire : c’est la supériorité, au point de vue du respect de la famille, du régime du divorce sur celui de la séparation.

D'ailleurs, la théorie sur ce point confirme les données de la statistique. « Les époux séparés ont, comme tout le monde, dit encore M. Arsène Drouct, besoin d'affection et de société. Or, comme le jugement de séparation ne leur a donné, par le fait de son prononcé, ni le besoin de la solitude, ni la vertu dite de continence, il en résulte que le mari a toujours une maîtresse, la femme un amant, le plus souvent, jusqu’au jour où ils deviennent concubins, et, souvent concubins heureux. » |

Ainsi, le divorce ne présente aucun des inconvénients qu’on se plaît à lui attribuer. Loin de relâcher les liens familiaux, il tend à les resserrer; loin de nuire aux enfants, il est pour eux une sauvegarde ; loin d’être un élément de destruction sociale, il est un élément de conservation pour la société.

Que reste-t-il après cela des objections qu’on oppose à son rétablissement ?

L'argument tiré du domaine de la religion.

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