CHAPITRE III
OBJECTIONS QUE L’ON OPPOSE AU DIVORCE (Suite)
Argument tiré du domaine de la religion
La France, dit-on, est catholique; le droit canon repousse le divorce; notre législation civile ne saurait donc l’admettre sans blesser la conscience de l’immense majorité de la population française,
Cette objection me touche peu.
. Je pourrais établir, sij je le voulais, que le catholi-
cisme n’a pas été de tout temps aussi exclusif qu’ ’au-
jourd’hi hui à l'égard c du divorce, C'est ce qu'ont fait M. Richer, dans le livre que je citais tout à l’heure(r),
(1) Pages 5 et suivantes,
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et M. Arsène Drouet, dans la pétition au gouvernement, à la Chambre et au Sénat dont j'ai déjà parlé.
Je pourrais établir que le droit canon tel qu’on le professe. de nos jours est beaucoup. plus large que notre loi civile, et compense la rigueur absolue de son principe par les nombreux cas de nullité du mariage qu'il admet.
Je pourrais rappeler que le divorce > existait en France lorsque l'Église accepta. le Concordat; que pendant toute la durée du premier Empire, les prêtres ont pu, grâce à à l’élasticité de leurs textes,. déclarer nuls une foule de mariages que la loi civile avait déclarés dis-
sous par le divorce et. bénir les.nouvelles.unions
des époux divorcés; que le même fait se produit
encore dans les pays qui, ayant été séparés de la. France en 1815, c’est-à-dire, avant la loi abrogative du divorce, ont conservé, — comme la Belgique — quoique catholiques, notre loi de 1803, et dans tous les pays où les catholiques sont en minorité et où le : divorce est admis. |
Je ne m'engagerai pas dans cette discussion, qui me ferait sortir du cadre que je me suis tracé. J'examine la question du divorce au point de vue civil et non
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au point de vue religieux dont ; je n'ai pas à m "occuper.
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En entrant sur le terrain religieux, il faudrait d’ailleurs aller beaucoup plus loin que ne vont les partisans de
. lindissolubilité du mariage. Est-ce qu'aux yeux du
Pape, le mariage civil n’est pas une profanation, une
Chapitre III net impiété? Les prêtres, cependant, se soumettent à la nécessité du mariage civil et bénissent les époux qui sortent de la mairie. Si l’on veut rester dans l’ordre
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d’idées que je combats, il faut être logique, il il faut aller
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On ne l’en fera pas ne parce que les peuples modernes — même lorsqu'ils sont.très.religieux — ont
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