‹ Le divorceChapitre 29 sur 151 · LT EE · texte numérisé non relu

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exiger de plus.

« Si la loi civile devait repousser le divorce par cette seule considération qu’il est proscrit par le dogme catholique, disait M. Odilon Barrot, en 1834, il est évident tout d’abord que le divorce ne devrait être interdit qu’à ceux-là seuls dont la croyance est incompatible avec lui; car la loi civile n’aurait aucune raison de se montrer plus sévère pour les non-catholiques que leur loi religieuse. Parmi les catholiques euxmêmes, ceux-là seulement seraient atteints par la prohibition de la loi religieuse, dont l’union aurait été consacrée par la religion, car le > sacrement seul rend

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le mariage indissoluble. Et si, avant 1789, le sacre-

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ment était un élément essentiel du mariage, il n’en est pas de même aujourd’hui que le contrat civil est parfait par lui-même, et que la consécration religieuse n’ajoute rien, aux yeux de la loi, ni à sa force, ni à sa sainteté. |

« Et maintenant, cette renonciation au divorce, ré duite à ces termes, serait-ce autre chose qu’une ques-

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tion de conscience, une question de foi religieuse, une loi enfin que chacun peut bien s'imposer à soi-même, mais pour laquelle il ne peut exiger des autres la même obéissance, et que le législateur ne pourrait con-

sacrer sans faire d'un acte de foi un devoir civil, d'une # on

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prescription religieuse une contrainte légale, sans violer le grand principe < de Ja séparation c du temporel et du spirituel, sans rompre cette belle unité de notre loi civile qui est la même pour tous les citoyens, quelle que soit leur croyance, parce qu'elle est faite pour tous les membres de l'Etat et non pour les sectes religieu=

ses? C’est le Français qui contracte devant l'officier de

l’état civil ; cest le croyant catholique. qui demande au prêtre de bénir son union. Si les obligations que es dernier i impose sont plus rigoureuses que les obligations civiles, n'est-ce pas là le -rôle de la religion comme celui de la morale? Leur empire ne se prolonge-t-il pas toujours bien au delà de la limite où s'arrête celui de la loi ?

« Et puis, il faut le remarquer, dans aucune matière le dogme catholique et la loi civile ne partent. d’un principe plus diamétralement opposé. Pour l’un, le célibat est plus sain et plus parfait que le mariage; l’autre encourage le mariage et tolère le célibat. tan exige de l’homme qu’il lutte même contre les besoins de sa nature, et lui tient compte pour le ciel de chacune des privations qu'il s’impose ; l’autre met sa perfection à satisfaire tous les besoins de l’homme et à

Chapitre III | 35 mettre le moins souvent possible la passion individuelle aux prises avec l’ordre social, Aussi, est-ce une objection à peu près abandonnée contre le divorce, que celle de son incompatibilité avec le dogme catholique..»

re dans le domaine spéculatif, pas plus les arguments tirés de l’ordre civil et politique que les arguments tirés de l’ordre religieux ne valent contre le divorce, et après discussion sérieuse, le divorce reste

l’expression de la Justice et de l'intérêt social.

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