LE JUGE, GUILLAUME, MARTIN
Guillaume, au Juge.
JVloNS I F. un. , je vous suppose instruit Du devoir affligeant qui cliez moi vous amène,
LE Juge.
Autant que le devoir, l'amitié m'y conduit ; Et, je vous Favouerai , je ne vois qu'avec peins Que deux époux....
Guillaume, virement.
Nous ne le sommes plus, le Juge.
Quoi ! vos liens sacrés....
Nos liens sont rompus.
LE Juge.
La loi.,..
C'est moins la loi qui fait le mariage Que l'amour mutuel qui vient nous animer. Ce n'est que par l'amour que l'iiymen nous engage. On cesse d'être époux en cessant de s'aimer.
LE Juge.
Mais la religion
La loi de la nature Gravée au fond de noire cœur.
Nous porte tous à cliercher le bonheur ; Et la religion compatissante et pure ,
Qui , parmi les douceurs de la fraternité ,
Fait naître les vertus et la félicité ,
Et dont la m<':in répand les bienfaits sans mesure Pour consoler l'Jminanilc ,
A ses droils les plus saints ne peut jDorter injure, Ni me faire un devoir nffrtux.
De vivre esclave et malheareux.
Le Bîvorce , il est vrai , peut cire nécessaire
Quand deux époux
G u I L L A u î.i r , vivement.
Nous voilà donc d'accord....
LE Juge, ai'ec fermeté.
Sur un point ; mais vous êtes père :
L'Eponx n'a plus raison dès que le Père a tort. Vous viviez 'dans l'indépendance ; Mais vous dépendez aujourd'hui De l'Elr e qui de vo\is a reçu la naissance.
Quoiqu'il soit en votre puissance , Il est bien moins à vous que vous n'êtes à lui. Voule2-vous qu'il devienne orphelin dès l'erfanre?
G U I J. I. A U Wl E,
Eh! Monsieur , quand lassés du joug de.lcur hymen , Deux époux oubliant l'union paternelle
Se font une guerre éternelle, Auprès d'eux leur enfant n'c?t-il y)as orphelin?
LE J u G ' . , Mais la paix peut lui rendre et son père cl sa m.cre,
Guillaume.
Po ur un jour...
L r. Juge, vh.'cr.icnt.
C'est beaucoTîp.
Guillaume.
Hé!as !
LE Juge, avec feu.
Mon inînistcro , Vous le savez, est celui de la paix.
C'est le plus beau qu\on puisse exercer sur la terre. Que je me trouverois lieureiix , si je pouvois D'un racommodenient vous ménager' les cli'innes , Et , vous vo3''ant tous deux plus unis que jarAais , Me dire , en partageant voire ivresse cl vos l&rracs : « Voilà des heureux que j'ai faits î. I Guillaume, l'n tel bonheur. Monsieur, passe, mon espérance.
LE Juge.
Eh ! pourquoi ?
Guillaume, vi''erneni.
Pourquoi ! l'apparence Qu'aprcs les torts inouïs et nombreux Qi3e je vais vous fconlër!....
LE J ir G E.
Tenez , j'aimcrois mieux Les ignorer.
* Il faut pourtant, ne vous déplaise, Qucvous s'ichiez..'.. /■" h,.--
LE Juge, &veQ àijiîtié.
ï\;rlons des vertus de Depuis dix ans qu'auprès de .votre ei:oi! ; Vous passiez des momens si don:: î Vous éticz^cvenu l'exemple des époux.
Thérèse à tout moinent ne se montroit jalousa
Qae de vous plaire et de vous rendre he';'rc:ix
ûG LEDIVOUCE,
G xr I L I. A U M E.
Héîas ! de ces l)eaux jours par des jours orageux, La méinoire est presque effacée.
Tant pis ! loin de garder dans votre ame offensée L'impression dn mpl , vous devez en bnnnir
Jii = qiic^ ;■ Il moindre pennée , Et ce n'est que du Lien qu'on doit se souvenir. Souvenez-vous que Thérèse vous aime ,
Qu'elle n'aima jamais que vous.
Son ciractère cliange? cl qu'importe, entre nous, One Tcpprit soie changé quand le cœur est le même? 1.:- cœiir de ce qu'on^aime est noire premier bien ;
J-e vôJrc à Thérèse apparlienl.
Four elle , auprès de vous , l'amitié le réclame.
G u I I. L A u M E , attendri. Ali ! JMon sieur....
"T A R T I N , à part.
Il faiblit : allons chercher sa femme.
(/"/ sort. )