‹ Le divorce, comedie, en deux actes, en versChapitre 10 sur 23 · LE JUGE, THÉRÈSE, MARTIN · texte numérisé non relu

LE JUGE, THÉRÈSE, MARTIN

Thérèse.

iM ON SIEUR, ja vous implore!

LE Juge.

Kélas! est-il possible Que vous abandonniez pour jamais ce séjour ,

Et qu'avec une ame sensible , Vous quittiez des objets si chers à votre amour l

Thérèse.

Monsieur , on m'y contraint.

LE Juge.

Vous savez qu'il arrive, Même entre les amis, souvent quelques débats.

Ici , c'est tous les jours. Je ne puis faire un pas

Sans que. . . .

LE Juge, avec amitié.

Je vous cannois : vous êtes un peu vive ;

U.i cœur tendre est souvent trop îacile à s'aigrir.

Thérèse.

Non : je suis lasse à la fin de souffrir. LE Juge.

Que ne souffre-t-on pas de l'être que l'on aime !

Votre époux peut avoir un peu d'humeur. . . .

T H E Pw E s E , viuement.

Un peu? beaucoup ; à tout moment, Monsieur.

LE Juge.

Et n'en ayez-vous pas vous-même ?

Martin, bas à Tli^'-rise qui confondue. C'est l'aini du votre mari ; Vous voyez qu'il prend son parti.

LE Juge.

^'ous ne répondez rien ?

Thérèse, shltement.

Je n'ai rien à répondre.

Je veux me séparer. ,

Il faut que votre époux....

Martin, bas à Thérèse.

L'avois-je dit?

LE Juge, continuant.

Le veuille ainsi que vous.

Thérèse.

Par cette oLjeclion vous croyez me confondre; Mais mon époux le veut très-fort ; Et c'cst-là le seul point peut-être Sur lequel nous a5'ons jamais été d'accord.

LE Juge, tendrement.

Ah 1 Thértsa , si jeune encor !

T lî É R È s E.

Je suis Iass3 d'avoir un rn:.:tre.

Vous ne ga;j,nerez rien sur ir.oi ; Ainsi n'en parlons plus.

L £ Juge.

Ln

Eh quoi !

;n:r si-tôt à vivre en solitude!

Thérèse, f'qnii.

LE J U G r.

.^\\ lieu de' ces Tiens si doux ! . .,

ao LEDIVORCE,

Thérèse, avec d:pit:

Eh! Monsieur, point d'inqu'étude :

Je crois pcnvoir encor trouver nn autre époux,

LE Juge.

Les premières amours sont toujours les plus chères; L'hjnne:? plus d'une fois peut enchaîner nos cœurs ; Mais , croyez-moi , ses secondes faveurs Ne valent jamais les premières.

Thérèse.

C'est ce que nous verrons.

LE Juge.

Thérèse , redoutez Le repentir tardif d'une faute Indiscrète. Nous avons une voix secrète Qui nous dit quelquefois de dures vérités. Thérèse, émue.

Ahî

Martin, bas à ThJrèse.

Il fait l'orateur.

LE Juge ccntlmuint.

Eh , pourquoi , je vous prie , Sacrifier ainsi le bonheur de sa vie ? Four un instant d'humeur , ou bien pour quelques mots;

Dits peut-être mal-à-propos , Mais sans dessein,...

Thérèse.

C'est-là ce que je nie.

Je connois mieux que vous mon époux.

Mais enfin ,' Quand de vous offenser il auroit eu dessein , L'on jouit tant alors que l'on pardonne!

Oui , mais le pardcn ne s'obtient Que quand on le demanda.

L z Juge.

AU ! qUànd \[ àl..:- ^:C1Î j

Notre cœur se fait-il demander ^ qu'il donne 1

Martin, bus à ThâLi.

Il est insinuant.

T H É R r :: ,, ■ J-^(. ' En vain vous prétendez.

Pour me fléchir

LE Juge,, avtc fm.

Au uom de l'amour qui ncus lie j S'il n'a pas eu pour vous les meilleurs procédés , Que l'Arnitié , que là Raison l'oublie ; Ou , si ce n'est qu'entêtement , cédez. Thérèse, irrit.c.

Que je cède !

Pvl A R T I N , b.:s J Thhhc.

Vous l'entendez.

Que de vous deux-le plus aimable Soit encor le plus raisonnable.

Thérèse, avec une ironie izm'jre.

Monsieur , IS détour est flatteur.

Je rends hommage de grand coeur A votre sagesse protende; Et vous plaidez le mieux du monde La cause des maris ; mais moi , bon gré malgré , Je veux faire divorce.

LE Juge.

Il faut qu'il y consente...

T n É R r: s E , s'tbi^rai'.

Peu m'importe,

LE Tu G :.

Sinon ....

Jj r.e s;rai cent::,'?

Qu3 quand

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