LE JUGE, THÉRÈSE, MARTIN
Thérèse.
iM ON SIEUR, ja vous implore!
LE Juge.
Kélas! est-il possible Que vous abandonniez pour jamais ce séjour ,
Et qu'avec une ame sensible , Vous quittiez des objets si chers à votre amour l
Thérèse.
Monsieur , on m'y contraint.
LE Juge.
Vous savez qu'il arrive, Même entre les amis, souvent quelques débats.
Ici , c'est tous les jours. Je ne puis faire un pas
Sans que. . . .
LE Juge, avec amitié.
Je vous cannois : vous êtes un peu vive ;
U.i cœur tendre est souvent trop îacile à s'aigrir.
Thérèse.
Non : je suis lasse à la fin de souffrir. LE Juge.
Que ne souffre-t-on pas de l'être que l'on aime !
Votre époux peut avoir un peu d'humeur. . . .
T H E Pw E s E , viuement.
Un peu? beaucoup ; à tout moment, Monsieur.
LE Juge.
Et n'en ayez-vous pas vous-même ?
Martin, bas à Tli^'-rise qui confondue. C'est l'aini du votre mari ; Vous voyez qu'il prend son parti.
LE Juge.
^'ous ne répondez rien ?
Thérèse, shltement.
Je n'ai rien à répondre.
Je veux me séparer. ,
Il faut que votre époux....
Martin, bas à Thérèse.
L'avois-je dit?
LE Juge, continuant.
Le veuille ainsi que vous.
Thérèse.
Par cette oLjeclion vous croyez me confondre; Mais mon époux le veut très-fort ; Et c'cst-là le seul point peut-être Sur lequel nous a5'ons jamais été d'accord.
LE Juge, tendrement.
Ah 1 Thértsa , si jeune encor !
T lî É R È s E.
Je suis Iass3 d'avoir un rn:.:tre.
Vous ne ga;j,nerez rien sur ir.oi ; Ainsi n'en parlons plus.
L £ Juge.
Ln
Eh quoi !
;n:r si-tôt à vivre en solitude!
Thérèse, f'qnii.
LE J U G r.
.^\\ lieu de' ces Tiens si doux ! . .,
ao LEDIVORCE,
Thérèse, avec d:pit:
Eh! Monsieur, point d'inqu'étude :
Je crois pcnvoir encor trouver nn autre époux,
LE Juge.
Les premières amours sont toujours les plus chères; L'hjnne:? plus d'une fois peut enchaîner nos cœurs ; Mais , croyez-moi , ses secondes faveurs Ne valent jamais les premières.
Thérèse.
C'est ce que nous verrons.
LE Juge.
Thérèse , redoutez Le repentir tardif d'une faute Indiscrète. Nous avons une voix secrète Qui nous dit quelquefois de dures vérités. Thérèse, émue.
Ahî
Martin, bas à ThJrèse.
Il fait l'orateur.
LE Juge ccntlmuint.
Eh , pourquoi , je vous prie , Sacrifier ainsi le bonheur de sa vie ? Four un instant d'humeur , ou bien pour quelques mots;
Dits peut-être mal-à-propos , Mais sans dessein,...
Thérèse.
C'est-là ce que je nie.
Je connois mieux que vous mon époux.
Mais enfin ,' Quand de vous offenser il auroit eu dessein , L'on jouit tant alors que l'on pardonne!
Oui , mais le pardcn ne s'obtient Que quand on le demanda.
L z Juge.
AU ! qUànd \[ àl..:- ^:C1Î j
Notre cœur se fait-il demander ^ qu'il donne 1
Martin, bus à ThâLi.
Il est insinuant.
T H É R r :: ,, ■ J-^(. ' En vain vous prétendez.
Pour me fléchir
LE Juge,, avtc fm.
Au uom de l'amour qui ncus lie j S'il n'a pas eu pour vous les meilleurs procédés , Que l'Arnitié , que là Raison l'oublie ; Ou , si ce n'est qu'entêtement , cédez. Thérèse, irrit.c.
Que je cède !
Pvl A R T I N , b.:s J Thhhc.
Vous l'entendez.
Que de vous deux-le plus aimable Soit encor le plus raisonnable.
Thérèse, avec une ironie izm'jre.
Monsieur , IS détour est flatteur.
Je rends hommage de grand coeur A votre sagesse protende; Et vous plaidez le mieux du monde La cause des maris ; mais moi , bon gré malgré , Je veux faire divorce.
LE Juge.
Il faut qu'il y consente...
T n É R r: s E , s'tbi^rai'.
Peu m'importe,
LE Tu G :.
Sinon ....
Jj r.e s;rai cent::,'?
Qu3 quand