GUILLAUME, MARTIN
Martin.
1 E voiîà délivré de ta femme , mon cher. Sans le savoir , tu t'es mis à la mode ; Car avant cette loi commode , Le Divorce existoit chez les gens comme il faut *
Monsieur vivoit dans son château ; Madame circuloit ; son cœur faisoit la ronde. Tout cela se passoit vraiment Le plus honnêtement du monde ; On dressoit un arrangement Dicté par la délicatesse :
if Vous me passerez ma maîtresse ?
» Je vous passerai votre amant ?
» Très -volontiers; la partie est égale. » Nous aurons quelque jour l'honneur de nous revoir »..t Voilà des procédés ; oui , mais pour les avoir 11 faut un peu d'usage et beaucoup de morale. Guillaume.
Pour moi , je fais bien peu de Cas D'un semblable libertinage , Et tes gens comme il faut , dont tu fais étalage, Sont des gens comme il ne faut pas.
Pour leurs femmes....
Martin.
Ne t'en déplaise,' Elles ont de l'esprit , des grâces , des appas,
Guillaume, attendri.
Oui, mais elles n'ont pas le cœur de ma Thérèse,^
Martin, gaimcnt.
Allons ! tu fais l'enfant. Pleurer ta femme ? Hélas ! Combien de gens voudroient être a ta place , Et riroient de bon cœur d'une telle disgrâce ! De quel siècle es-tu donc!.... mais si ton cœur enfin
Est possédé du démon de l'hymen , Ta perte à réparer n'est pas fort difficile. Une femme perdue,, on en retréfeve mille. Oui, mais il faut choisir. Qui choisit prend le pis,' Les plus fins connoisseurs eux-mêmes y sorrt pris. Aussi, sans se piquer d'une sotte constance.
Nos amateurs ont la prudence De choisir tous les jours; et tiens, c'cst-là, je croi. Le parti le plus raisonnable :
Sur trois cent soixante et cinq choix , Bien mal vient si- , par an , l'on n'en fait un passable. GuiLLAU ME, avec humeur.
Je n'entends point tous ces calculs.
Vraiment , Vous autres maris de village , Vous ne calculez rien. Mais pesons mûrement Df ton état présent le tort et l'avantage : Si tu n'as plus de femme , il te reste un ami Qui ne te gronde pas ; et ta femme auji^urd'hul T'auroit déjà grondé dix fois.
Guillaume.
Mais .'Itïsitude, . . :
Le beau régime '
GuiLLAUM
Oui, sois persuadé *
Que j'ai besoin d'être grondé :
J'y suis fait. * •
Cj
LE DÏVCRCE
?il A R T I N.
^ Ma-s ^'inquiétude. Le» peines d'c^pTit et de cœur Que donnent l'embarras et îes soins d'un ménage ?'
Crois-moi , ces chacrins-là ne sont pas sans douceur O" i'-"i un? éjipuse les potage.