THERESE
J'en suis bien lasse aussi !
[bas à Thérèse.) [bas à Guillaume.)
( haut. ) Fern^-e l Ne cédez pas.
Tenez , mes bon voisins, je ne vois qu'avec peine Le triste enchaînement dés éternels débats Qui sur vous de l'hymen appesantit la chaîne. Ma foi , depuis long-tems , pour plus d'une raison ; Je ne vous crois pas faits l'un pour l'antre.
Thérèse, sèchement.
Hélas ! non.
Guillaume, tns-vlvancnt.
Eh bien! madame, eh bien! !e remède est facile. Thérèse, avec dépit.
Et vous ne demandez pas mieux Que de l'employer ?
.Guillaume.
Moi?. .. vous le savez, grands dieux!
Thérèse, à part.
J'en mourrai de douleur.
M A R T I N , /êi' p-enant tout deux par la main. La plainte est inutile Dès que l'on peut .Tgir ; voisins , examinons Votre cœur , votre état, vos droits , et raisonnons : iVous vous êtes unis pour vivre heureux ensemble;
Vous aviez trouvé le bonheur.
,Vous ne le trouvez p'ub? dénouez sans humeur.
Et de concert , le nœud qui vous rassemble. Nous nous aimons.^ formons le lien le plus douX.' La nature, l'amour, la loi nous y convie;
Pdssons ensemble notre vie...
Nous ne nous aimons plus? adieu, séparons-nous.
( à GuiHaiime. ) {à Thé'hse. )
Voilà les droits de l'homme , ainsi que de la femme. Guillaume, vivement.
Vous pouvez en user, madame.
Thérèse.
C'est mon projet, monseur.
Guillaume.
C'est mon projet aussi ; Je veux l'exécuter demain dès aujourd'hui.
Il L E D I V O R C E ,
Thérèse, très-vivement.
( à Martin . ) Et mol, dès ce moment! Rendez-moi le service D'aller chercher le juge.
( Martin feint d'hésiter. ) Guillaume, /e pressant.
Allez !
Martin, d'un ton hypocrite.
Hélas! j'y vais.
C'est un rôle pénible ; mais Je crois sincèrement vous rendre un bon office.