THERESE, GUILLAUME
Guillaume.
C'e s t vous qui me forcez à cette extrémité.
Thérèse.
C'est vous-même , monsieur.
Guillaume.
C'est votre caractère.
Insupportable.
Thérèse.
Oui, j'ai de la vivacité ; Et si vous en souffrez , j'en souffre la première; Mais votre caractère est-il moins emporté ? Depuis dix ans , n*ai-je pas supporté Vos inconstances, vos folies, Vos inégalités et vos bizarreries ,
Et votre humeur, et votre autorité?...
Mais, malheureuses que nous sommes,' Le préjugé cruel nous défend de gémir.
COMÉDIE. i;
Victimes de la haine et de l'amour des hommes , Notre sort fut toujours d'aimer et de souffrir.
Guillaume.
Vous ne souffrirez pas long-tems.
Thérèse.
Mais je l'espère.
Guillaume.
Un époux plus heureux...
Une épouse plus chère...
( ici Guillaume se détourne.) Ingrat ! tu me dédaigne ; mais Tu me regretteras.
Guillaume, vivement , avec émotion.
Vous parlez de regrets ?...
Thérèse.
Que vous éprouverez.
Guillaume, Ironiquement:
Vous croyez ?
Thérèse.
J'en suis sûre; Guillaume.
Et vous , Madame ?
Thérèse, avec une indifférence afectcel Oh ! quant à mol. . . ; Guillaume, piqué.
Je n'en éprouve pas plus que vous , je tous jure. Vous croyez donc , en bonne-foi , Que je vais consacrer ma vie A regretter un être qui m'oublie ?
Thérèse, avec émotion.
le ne dis pas cela tout-à-fait.
Guillaume.
A- peu-près.
Thérèse, avtc défit.
Vous interprétez mal exprès Tous mes discours.
Guillaume, avic amcrtumel
Moi, Madame! au contraire. 7 il Thérèse, avec emportement.' Finissons !
Guillaume, impérieusement.
Four finir , Madame , il faut se taire. Thérèse, étoufam de dépit.
Ma présence , Monsieur , commence à vous lasser; Par vos discours amers vous vouL-z me chasser : Epargnez-les ; je sors.
Guillaume, sèchement.
Non , Mad.ime ; de grâce ; Appaisez-vous : c'est n.oi qui vons cède la place.
( // son. )