LE JUGE, MARTIN
Martin, saluant.
IIntrez, Monsieur, entrez.
Je suis facile d'apprend<:e Que deux honnêtes gens veuillent se séparer.
Martin.
Je crois que c'est vraiment un service à leur rendre;
LE Juge.
Si l'un des deux a tort, ne peut-il réparer?... 'j
Martin. J
Non : ils sont brouillés pour la vie. [
Je gage qu'aujourd'hui je les reconcilie.
Martin. j
Vous n'en viendrez jamais à bout.
L'habitude a chez eux fait naître le dégoût ;
Et le dégoût l'antipathie.
Tant pis. Je l'avouerai , ce n'est qu'en gémissant Que je vais dans ces lieux renplir mon ministère,
Martin.
Pourquoi donc ? tant de gens le trouvent consolant !
LE Juge.
Hélas! ce n'est ici le père ni la mère
Que je plains } mais c'est leur enfant j Et je voudrois que la loi secourable, Qui des époux rompt la société , Put sauver l'inno^t de cette extrémité ,
i6 LEDIVORCE,
Et que le premier fruit de la paternité , Fût un obstacle insurmontable Au divorce.
Martin.
Et la liberté ?