‹ Le divorce et la séparation de corps [microforme]Chapitre 4 sur 63 · RE 2" RS · texte numérisé non relu

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de certain contrat ait lieu pour inexécution de ses clauses. Mais ce n’est pas là un principe général qui s'applique à toutes espèces de contrats ; cela n’est vrai que pour les contrats qui n’intéressent pas les tiers et la société. Or le contrat de mariage, comme nous l'avons vu,se propose le bien des enfants, intéresse la société tout entière, et tombe dans le Gomaine public.

Et qu’on ne dise pas que l'indissolubilité du mariage, donnera lieu à de terribles tentations de le rompre par l'homicide. Cet argument s’il était admis entraînerait avec lui la ruine de tous les principes. 11 faudrait détruire les héritages de peur que les héritiers ne soient tentés de tuer leur auteur. Non, la conscience et les lois pénales font disparaître la force de cet argument.

14. Les raisons invoquées par les partisans du divorce, s'appliquent parfaitement à la séparation de corps, mais elles ne s'étendent pas au delà, et ne peuvent rendre le divorce licite. Et pourquoi permettrait-on à l'époux coupable de contracter de nouveaux liens quand il est prouvé qu'il n’a pu maintenir les premiers qu'il avait formés ? Quelle garantie la société a-t-elle que la femme adultère sera plus fidèle à son second mari ? ‘“ Quant à “ l'époux ou l'épouse outragés, dit Madame Necker, le sort “est tombé sur eux pour donner un grand exemple de “ délicatesse. Ils pleureront dans le désert comme la fille “ de Jephté, mais ils vivront solitaires comme elle, par res- “ pect pour des vœux prononcés en face du ciel.” Pourquoi leur permettre de contracter de nouveaux liens sans pouvoir leur donner la garantie d’une union plus heureuse ?

Les partisans du divorce dépeignent la vie si pleine de déboires du conjoint malheureux, obligé de se séparer de son épouse, vivant dans le célibat, sans foyer et sans fa-

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mille. Il est bien vrai que cette loi a des inconvénients, mais quelle loi n’a pas les siens? Il est bien vrai que quelques-uns souffrent de l’indissolubilité des liens qu'ils ont contractés, mais il le faut pour assurer le bonheur de la généralité des époux, pour éviter un grand malheur: la famille divisée, le foyer domestique ruiné, l'éducation des enfants compromise, et la société tout entière en péril.

“ L'homme d'Etat, dit Terrasson, imite la nature qui “ parait ne pas déranger le cours de ses opérations pour ‘“ prévenir les inconvénients particuliers qui naissent de “ lois généralement avantageuses.”

15. Nous ne pouvons mieux faire en terminant ce chapitre que de citer l’admirable lettre encyclique de Léon XIIT sur le mariage et le divorce, dans laquelle Sa Sainteté résume ainsi l’importante question que nous venons d’étudier.

“ Mais il est à peine nécessaire de dire combien est pernicieux en soi ledivorce. Ilrend les pactes matrimoniaux révocables : il détruit l'affection mutuelle ; il fournit de dangereux stimulants à l’infidélité ; il nuit à la protection et à l'éducation des enfants ; il est une occasion de dissolution des sociétés domestiques ; il répand des germes de discorde entre les familles ; il amoindrit et déprime la dignité de la femme, qui se trouve exposée, après avoir servi aux passions de l’homme, à paraitre délaissée, Et comme il n’y a rien de plus puissant pour détruire les familles, et briser la force des Etats, que la corruption des mœurs, on voit aisément qu’il n’y a rien de plus contraire

à la prospérité des familles et des Etats que le divorce, qui

nait de la perversion des mœurs des peuples, et qui, l’expérience l’atteste, ouvre la porte à des habitudes plus vicieuses encore dans la vie privée et publique. Ces maux paraîtront plus graves si l'on considère qu’il n’y aura

jamais de frein assez puissant pour contenir dans des limites déterminées et prévues d'avance cette licence des divorces dès qu'elle aura été concédée. Grande est la force des exemples, plus grande encore celle des passions ; avec de pareils stimulants, il doit arriver que la débauche

des divorces gagne chaque jour davantage les esprits d’un plus grand nombre, comrne une maladie contagieuse qui se répand ou un fleuve qui déborde après avoir franchi ses digues.”

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