‹ Le divorce et la séparation de corps [microforme]Chapitre 7 sur 63 · LA · texte numérisé non relu

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questions, et la loi du divorce était un des points les plus longuement débattus.

La secte d'Hillel, chef des Pharisiens, s'élevait à côté de celle de Shammaiï, chef des Scribss,

Les premiers prétendaient que le mari avait le droit de répudier sa femme d’une manière tout à fait arbitraire, et qu'il était le juge suprême des motifs qui le portaient au divorce. L'un d'eux, le rabbin Akiba enseigna même que le mari pouvait renvoyer sa femme uniquement parce qu'il en trouvait une plus belle.

Les seconds, au contraire, prétendaient que le mari ne pouvait écrire le libelle de divorce, sans que sa femme se fut attirée cette disgrâce par des actions répréhensibles et honteuses.

La secte d'Hillel citait le texte même du Deutéronome,

“ Si un homme, y lit-on, a pris une femme, a habité avec “elle, et si elle n’a pas trouvé grâce a ses yeux, propler ali- “ quam fœditatem, il écrira un libelle de divorce, le mettra “aux mains de sa femme et la renverra de sa maison.” Rien de plus formel que ce texte, disaient-ils, un homme se marie; sa femme n’a pas trouvé gr'ce à ses yeux, il n’a qu'à écrire un libeile de divorce et la renvoyer. Quant aux mots propler aliquam fœdilatem, ils leur donnaient peu d'importance, L'expression hébraïque, suivant eux, est tout à fait incolore, ne s'applique pas à un crime mais au moindre défaut, à la plus minime infirmité corporelle, et peut même signifier simplement un mécontentement, un dégoût de la part du mari.

Les disciples de Shammaï, au contraire, se basant sur le même texte enseignaient que Moïse exige la nécessité d'une cause de divorce propler aliquam fœditatem. Ils citaient, de plus, un autre passage du Deutéronomeù l'on

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voit un mari cherchant une cause pour le justifier de répudier sa femme.

“ Si un homme ayant épousé une femme, en conçoit

‘ensuite de l'aversion,

“ Et cherchant un prétexte pour la répudier, lui impute “un crime honteux, en disant : J'ai épousé cette femme, “ mais ayant approché d'elle, j'ai reconnu qu'elle n'était

“ pas vierge,

“ Son père et sa mère la prendront et ils représenteront “aux anciens de la ville qui seront dans le siége de la jus- 4 | “ tice, les preuves de la virginité de leur fille. | “ Et le père dira : j'ai donné ma fille à cet homme pour | “ sa femme, mais parce qu’il en a maintenant de l'aversion, fl “ [1 Tui impute un crime honteux en disant: Je n’ai pas ch trouvé que votre fille fut vierge. Et cependant voici les :

preuves de la virginité de ma fille, Ils représenteront en . même temps les vêtements devant les anciens de la ville ; | “ Et ces anciens de la ville, prenant cet homme, lui [l feront souffrir le fouet ; | “ Et le condamneront de plus à payer cent sicles d'’ar- j. | gent, qu’il donnera au père de la fille, parce qu'il a désho- .$ Il noré par une accusation infâme une vierge d'Israël; et elle demeurera sa femme sans qu’il puisse la répudier tant

| | qu’elle vivra ; Il “ Que si ce qu’il objecte est véritable, et s’il se trouve que à la fille, quand il l'épousa, n'était pas vierge, ÿ ‘“ On la chassera hors les portes de la maison de son père, et les habitants de cette ville la lapideront, et elle mourra parce qu'elle a commis un crime détestable dans Israël, étant tombée en fornication dans la maison de son père; et vous ôterez le mal du milieu de vous.” (1) |

on (1) Beutéronome, ch. 22, $$ 3 et suiv.

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Tels étaient les textes su1 lesquels se basaient les disciples d'Hillel et ceux de Shammai.

Les deux écoles admettaient la répudiation provoquée par le libelle du mari. Toutes deux refusaient à la femme le droit de provoquer cette désunion. Ce n'était donc pas à proprement parler le divorce qui était admis chez les Juifs, mais implement la répudiation.

21. Toutefois, celui qui usait de la tolérance de la loi, et répudiait sa femme, était considéré comme un homme odieux devant le Seigneur.

“Je répéterai ce que j'ai déjà dit, dit un rabbin juif, “ Samuel Japhé, que le Seigneur n’unit jamais son nom au “mal. Car sa volonté, béni soit-il, est la conservation des “ choses, et tout ce qui est destruction, soit par la décom- “ position des éléments, soit par le péché, est contraire à “ sa volonté. Et comme le divorce est comme une espèce ‘ de dissolution d'un composé, de destruction d’une chose “ existante, le Seigneur, béni soit-il, n'y unit vas son nom. “ C’est le contraire du mariage qui est la figure de l’atta- “ chement intime, de l'union et de la conservation de ce “qui existe. Voilà pourquoi il est enseigné que Dieu “ forme lui-même les mariages.”

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