RELIGIEUSES ETRANGERES ET PENSIONNAIRES
MMEDEsEssARTs,de Caen, soixante-dix ans, professe au couvent de Touci, détruit, avec elle, la sœur Saint- Maur, âgée de quarante-deux ans^ converse dudit couvent de Touci.
Mme DE Savari, cinquante ans, sœur du grand maître des eaux et forests de Rouen, ursuline de la ville de Rouen. Mme la comtesse d'Imbeck, la vient voir souvent.
Mme de Paluo, soixante ans, des Petites Cordelières de la rue de Grenelle, demeure avec sa nièce, Mme la Comtesse d'Erigny, âgée de cinquante ans, et est affiliée depuis cinq ans à Longchamp.
Mme Letellier, soixaiite-doiize ans, cordelière de la rue de Grenelle, demeure à Longchamp depuis vingt-six années.
Soeur Charlotte, bernardine, veuve de Panthemont depuis trois ans, vieille et infirme
Mme de Montbel, trente-trois ans, bernardine, nièce de M. l'évêquede Soissons; depuis trois mois seulement à Longchamp.
Mme Ghaumont, trente-deux ans, bernardine de l'abbaïe de Saint-Antoine, est fort jolie et fort mignonne. Elle est à Longchamp depuis douze jours. Ses parents sont des marchands de toile fort riches.
.eligieuses de longchamp qui ont des intrigues
Mmes de Bedelles, deux sœurs, quarante et vingtcinq ans, fille du sieur Bsdelles, jadis teinturier des Gobeîins. Elles ont continuellement, dit-on, à leurs trousses des jeunes gens. On raconte de l'aînée un fait assez plaisant. Elle a pour amant le nommé Julient maçon, demeurant à Suresnes. Son prédécesseur immédiat étoit le sieur Signi, commis de M. de Boulogne, receveur général des fmancûs. Ce Signi étoit ami de Julien; il désiroit ardemment de pouvoir pénétrer dans le couvent; pour y parvenir ils imaginèrent le stratagème qui suit : Signi se travestit sous la forme d'un
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ours et se fit museler. Julien, déguisé en bateleur, tenant son ours avec une chaîne de fer, se présenta à la porte de Tabbaïe, et proposa de faire voir à ces dames un animal reconimandable par sa douceur et ses tours d'adresse. La curiosité se trouva excitée ; on fait entrer dans le couvent Tours et son maître. On les conduit au réfectoire. C'est dans ce lieu que l'ours déploïa son sçavoir et tous ses tours. La communauté en fut acharmés. Julien vanta alors la douceur de l'animal; Mlle Bedelles, l'aînée, aussitôt le caresse, se saisit de la chaîne et se hasarda de le promener par la maison et dans les dortoirs, si bien qu'enfin elle le fit entrer dans son appartement pour lui donner des bonbons
Mlle Bedelles, cadette, a, dit-on, pour amant un des commis des bureaux de INI. le duc de Choiseul, dont elle a fait la connoissance lorsqu'elle demeuroit chez M. de Chennevière, à Versailles.
Mmes Bertault, deux sœurs, religieuses, passent aussi pour être galantes.
Tout ce couvent est divisé en sept ou huit cotteries qui ne sont occupées qu'à se régaler et à se resjouïr.
La maison est fort endettée, et l'on commence à ne [)lus vouloir faire de crédit.
LA MKHK Di:S AMOLllS (■D'après Fragonard.)